Au procès de l'ex-parrain de Boston, l'accusation dépeint un «pervers»

Bulger, arrêté en juin 2011 après une cavale... (ILLUSTRATION JANE FLAVELL COLLINS, ARCHIVES AP)

Agrandir

Bulger, arrêté en juin 2011 après une cavale de 16 ans, est accusé de 19 meurtres, mais aussi d'extorsion, blanchiment d'argent et trafic d'armes. Son rôle présumé d'informateur du FBI pendant des années met la police fédérale dans une position très inconfortable.

ILLUSTRATION JANE FLAVELL COLLINS, ARCHIVES AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse

L'ex-parrain de la mafia de Boston James «Whitey» Bulger, accusé notamment de 19 meurtres, est un «pervers» et un «meurtrier» qui s'est rendu coupable de crimes «horribles», a dénoncé le procureur lundi, à la veille des délibérations du jury.

Bulger, 83 ans, et son gang de Winter Hill «faisaient office de juge, de jury et parfois de bourreau pour régler les conflits. Ils faisaient la loi dans le monde criminel», a lancé le procureur adjoint Fred Wyshak Jr devant le tribunal de Boston qui juge «Whitey» depuis le 12 juin.

«Les preuves dans cette affaire sont accablantes. Comme chef (du gang), il est légalement responsable de leurs agissements», a-t-il poursuivi, évoquant un «pervers»: «De la même manière qu'un charpentier possède des marteaux et des clous, M. Bulger a des couteaux et des pistolets».

Bulger, qui outre des accusations de meurtres doit répondre d'extorsion, de blanchiment et de trafic d'armes, avait refusé vendredi de témoigner, qualifiant son procès de «farce». Un total de 32 chefs d'inculpation ont été retenus contre «Whitey», qui a plaidé non coupable.

Même s'il a assuré avoir obtenu la garantie d'une immunité, il a fermement nié au cours de son procès avoir jamais été un informateur du FBI - ce qu'assure l'accusation, selon laquelle «Whitey» aurait ainsi agi entre 1975 et 1990 pour protéger ses affaires et faire tomber des gangs rivaux.

«Peu importe qu'il soit ou pas un informateur. C'est un meurtrier», a estimé Fred Wyshak Jr lundi, évoquant des crimes «horribles».

Au cours de sa plaidoirie, l'avocat de «Whitey» s'est quant à lui attaché à attaquer les principaux témoins de l'accusation - qui en a fait comparaître au total 63 au cours du procès -, rappelant aux jurés que certains avaient accepté de témoigner contre des remises de peine.

«Le gouvernement achète ces témoignages. La monnaie qu'il utilise, c'est le temps de liberté qu'il leur offre», a lancé J. W. Carney, demandant l'acquittement pour son client. «Il y a des meurtriers en série qui se promènent librement autour de nous à cause du gouvernement. C'est comme ça que le système fonctionne».

Le jury doit débuter ses délibérations mardi.

En fuite depuis fin 1994, Bulger avait été arrêté en Californie en juin 2011, où il vivait depuis des années sous un faux nom avec sa compagne Catherine Greig. L'ex-parrain de la pègre bostonienne, qui avait commencé sa «carrière» à 14 ans, a inspiré le personnage incarné par Jack Nicholson dans le film The Departed de Martin Scorsese, et de nombreux livres lui sont consacrés.

Son procès a notamment été marqué par la mort - toujours inexpliquée - de Stephen Rakes, 59 ans, dont le corps a été découvert le 18 juillet à Lincoln, près de Boston. Rakes comptait raconter à la barre comment Bulger l'aurait racketté dans les années 1980, lorsqu'il tenait un magasin d'alcool, à Boston. Mais l'accusation avait finalement décidé récemment de ne pas le faire témoigner parce que sa version des faits ne collait pas avec celle d'un autre témoin.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer