Des débris du vol MH370 transportés par le courant jusqu'à La Réunion?

Des gendarmes français et des policiers municipaux discutent... (PHOTO PRISCA BIGOT, REUTERS/ZINFOS94)

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Des gendarmes français et des policiers municipaux discutent sur la plage de La Réunion où le mystérieux débris d'avion a été retrouvé, le 29 juillet.

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Vol MH370

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Vol MH370

Disparu des radars en mars 2014 avec 239 personnes à bord, le vol MH370 de Malaysia Airlines parti de Kuala Lumpur pour Pékin ne s'est jamais rendu dans la capitale chinoise. Ayant changé son plan de vol et mis le cap vers l'ouest, le Boeing 777, dont on n'a toujours aucune trace, se serait abîmé dans l'océan Indien, selon les autorités malaisiennes. »

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Laurence COUSTAL
Agence France-Presse
PARIS

Des débris du vol M370 de Malaysia Airlines ont pu dériver de l'Australie jusqu'à La Réunion au gré du Courant équatorial sud (SEC) et des images satellites de ce courant devraient permettre de localiser rapidement la zone de l'écrasement, selon Joël Sudre, ingénieur océanographe au Centre national français pour la recherche scientifique (CNRS).

L'appareil avait disparu le 8 mars 2014 une heure après son décollage de Kuala Lumpur pour Pékin avec 239 personnes à bord, sans jamais laisser de trace.

Q: Les courants océaniques ont-ils pu transporter un débris du vol de la Malaysia jusqu'à La Réunion?

R: Il y a de grandes chances que le débris retrouvé à La Réunion soit bien un morceau du Boeing 777 de Malaysia Airlines. À priori, c'est un débris qui a flotté en surface pendant plusieurs mois entre l'Australie et La Réunion. Il a été transporté par le Courant équatorial sud (SEC), un courant chaud qui s'écoule d'est en ouest. Le SEC part entre l'Australie et l'Indonésie, une zone qui a été évoquée comme possible pour l'écrasement, et va vers Madagascar. Le débris arrive là près d'un an et demi après l'accident. C'est à peu près le temps qu'il faut pour voyager de l'Australie à La Réunion par la force des courants.



Q: La découverte de ce débris pourra-t-elle permettre de localiser le lieu de l'accident?

R: Nous pourrons définir la zone de l'écrasement en utilisant les données satellitaires des courants recueillies entre le moment de l'écrasement et aujourd'hui. En faisant des simulations à partir des images satellites, en les reprenant en sens chronologique inverse, on saura d'où viennent les débris. La zone peut être assez grande, assez vaste, car les courants sont turbulents, mais plus les estimations seront précises, meilleure sera l'estimation de la zone.

Le débris n'a pas voyagé en profondeur, mais en surface, puisqu'on l'a retrouvé sur une plage et que des mollusques semblent y être attachés. Si le débris avait voyagé grâce aux courants profonds, il ne serait sûrement pas remonté et sa trajectoire aurait été plus compliquée à déterminer. Les courants profonds ne sont pas visibles sur les images satellites. Dans notre cas, les images satellites seront donc suffisantes pour estimer la zone de l'écrasement, ça ne prendra que quelques jours.

Q: Peut-on s'attendre à voir arriver d'autres débris de ce type à La Réunion?

R: D'autres débris vont certainement arriver sur l'île de la Réunion ou sur les îles environnantes, comme les débris de Fukushima qui sont arrivés quelque temps après sur les îles de l'archipel d'Hawaï (NDLR, fin 2011, des millions de tonnes de débris générés par la catastrophe de Fukushima, au Japon, avaient atteint Hawaï). C'est le même phénomène: des courants qui transportent des débris. Ça prend un certain temps, mais les débris arrivent un jour quelque part.

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