Ebola: des Chinois en renfort au Liberia, le Mali sur la brèche

La Guinée - d'où est partie la flambée... (Photo FRANCISCO LEONG, AFP)

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La Guinée - d'où est partie la flambée fin décembre 2013 -, le Liberia et la Sierra Leone comptent l'essentiel des 5177 morts sur 14 413 cas enregistrés dans huit pays en onze mois, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé.

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L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

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Agence France-Presse
MONROVIA

Cent soixante travailleurs chinois en santé sont arrivés au Liberia, un renfort important dans la mobilisation internationale contre l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest où le Mali, dernier pays touché, lutte pour endiguer toute propagation du virus.

Hors d'Afrique, un médecin sierra-léonais malade d'Ebola évacué samedi de Freetown était soigné dimanche dans un hôpital du centre des États-Unis selon lequel l'homme, marié à une Américaine, est «très gravement malade».

En Europe, une chanson destinée à lever des fonds contre Ebola et enregistrée samedi sous la bannière du Band Aid par une trentaine de vedettes internationales, dont Bono et Angélique Kidjo, a été diffusée dimanche soir pour la première fois par une télévision britannique.

Pays le plus touché avec plus de la moitié des décès recensés depuis le début de l'épidémie, le Liberia a ainsi enregistré un renfort notable dans sa bataille contre le virus avec l'arrivée de 160 travailleurs en santé chinois samedi à Monrovia, selon l'ambassade de Chine sur place.

Il s'agit d'infirmiers, médecins, épidémiologistes, ingénieurs, techniciens, qui seront déployés dans un centre anti-Ebola financé par le gouvernement chinois, d'un coût de 41 millions de dollars.

Il est prévu «480 agents médicaux» chinois pour ce centre, d'une capacité de 100 lits, qui sera entièrement géré par eux, d'après l'agence chinoise de presse officielle Xinhua, selon laquelle «à l'heure actuelle, plus de 200 experts et travailleurs médicaux chinois luttent contre Ebola en première ligne dans les pays touchés».

Face aux critiques pour son manque de réactivité contre Ebola en Afrique, alors qu'elle y est économiquement de plus en plus présente, la Chine avait annoncé en octobre l'octroi de 82 millions de dollars pour l'aide d'urgence, et promis de dépêcher des «dizaines de spécialistes» pour former des équipes soignantes sur le continent.

Des agents de santé chinois sont déjà actifs dans les pays touchés par Ebola. En Sierra Leone, sept médecins et un infirmier chinois qui avaient soigné des patients d'Ebola avaient été placés en quarantaine à Freetown.

La Guinée - d'où est partie la flambée fin décembre 2013 -, le Liberia et la Sierra Leone comptent l'essentiel des 5177 morts sur 14 413 cas enregistrés dans huit pays en onze mois, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) diffusé vendredi.

Un bateau néerlandais, le «Karel Doorman», a fait escale dimanche à Dakar sur son chemin vers Freetown, Conakry et Monrovia. Il a à son bord des véhicules et équipements d'aide d'urgence de neuf pays européens contre Ebola, a indiqué l'ambassade des Pays-Bas dans la capitale sénégalaise.

«Filtre» dissuasif et efficace

Le Mali est le dernier pays touché, avec quatre morts (dont un infirmier) sur cinq cas enregistrés en moins d'un mois, à Kayes (ouest) et à Bamako. Tous les cas sont liés à deux personnes infectées venues à des moments distincts de la Guinée voisine.

En raison des risques, Bamako a décidé de filtrer toutes les entrées de Guinée en un seul point de passage à partir duquel les contrôles sanitaires seront renforcés, selon le gouvernement malien, qui a aussi annoncé l'installation prochaine d'un site d'isolement dans la localité frontalière de Kourémalé (sud).

Selon l'OMS, 268 personnes ayant été en contact direct ou indirect avec les différents cas d'Ebola ont été placées sous surveillance à travers le Mali: 251 à Bamako, 5 à Kourémalé et 12 à Kayes.

Samedi, le premier ministre malien Moussa Mara a visité le dispositif anti-Ebola installé à l'aéroport de Bamako et s'est rendu dans la famille de l'infirmier décédé, a rapporté dimanche la télévision publique malienne (ORTM).

À l'aéroport, l'objectif était de s'assurer «que le filtre» est «suffisamment dissuasif, efficace pour qu'il n'y ait aucun risque», a expliqué M. Mara à l'ORTM, indiquant avoir noté «quelques petites faiblesses qui seront immédiatement corrigées».

Il a exprimé la solidarité du gouvernement aux proches de victimes d'Ebola et a invité à ne pas les stigmatiser.

Samedi, la France a demandé à ses ressortissants d'éviter de se rendre à Bamako et Kayes. Elle a étendu les contrôles sanitaires dans ses principaux aéroports aux passagers des vols directs en provenance du Mali, dispositif déjà en vigueur pour ceux venant de Guinée.

En visite samedi à Bamako, la secrétaire d'État française Annick Girardin a exprimé la solidarité de la France et annoncé l'envoi sur place par Paris d'«un certain nombre d'experts». Un appui salué par le président malien Ibrahim Boubacar Keïta dans la bataille actuelle.

En Afrique centrale, la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé samedi la fin d'une épidémie distincte d'Ebola déclarée fin août sur son sol et ayant fait officiellement 49 morts.

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