Trump promet la fin des «années de trahison»

Le républicain Donald Trump s'adresse à ses partisans... (photo Carlo Allegri, REUTERS)

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Le républicain Donald Trump s'adresse à ses partisans lors d'un rassemblement organisé à Leesburg, en Virginie, le 7 novembre.

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Qui succédera à Barack Obama ? Consultez notre dossier sur l'élection présidentielle américaine de 2016. »

Michael MATHES, Brigitte DUSSEAU
Agence France-Presse
Raleigh et Washington

Donald Trump a promis lundi « la fin des années de trahison », alors qu'Hillary Clinton appelait au rassemblement, au dernier jour d'une campagne présidentielle américaine qui a dégoûté le pays et stupéfié le monde par ses excès et sa violence.

Les sondages sont serrés, même s'ils donnent l'avantage à la candidate démocrate qui espère devenir la première femme présidente des États-Unis. Une victoire du républicain populiste, qui serait un séisme politique dans la première puissance mondiale, ne pouvait pas complètement être exclue lundi. Mais la carte électorale est nettement plus favorable aux démocrates.

Donald Trump, 70 ans, avait cinq rassemblements prévus dans autant d'États. Il a commencé en Floride, s'est ensuite rendu en Caroline du Nord, et devait continuer ensuite vers la Pennsylvanie, le New Hampshire et le Michigan, pour un dernier vers 23 h « Mon contrat avec l'électeur américain commence par un plan pour mettre fin à la corruption du gouvernement et reprendre notre pays aux groupes de pression », a-t-il déclaré à Raleigh, en Caroline du Nord. « Je ne suis pas un politicien, je peux le dire fièrement », a-t-il ajouté. « Mon seul intérêt spécial, c'est vous. »

« Les années de trahison vont se terminer », a-t-il promis, anticipant mardi une journée « historique. Ce sera un Brexit plus, plus, plus ».

Mme Clinton, 69 ans, avait prévu lundi deux étapes en Pennsylvanie, une dans le Michigan, et un tout dernier rassemblement en Caroline du Nord juste avant minuit.

« Je veux être la présidente de tous, ceux qui votent pour moi et ceux qui votent contre moi », a-t-elle déclaré en début de journée.

« La mission devant moi est de rassembler le pays », a ajouté l'ancienne secrétaire d'État, accusant Donald Trump d'avoir « exacerbé » par sa rhétorique les « fractures et les divisions ».

Peur et colère

Dans son premier discours à Pittsburgh, en Pennsylvanie, Mme Clinton a encore insisté sur la nécessité de la réconciliation.

« Je sais que les gens sont frustrés. Beaucoup de gens se sentent laissés-pour-compte. Il y a de la peur, et même de la colère dans notre pays. Mais la colère n'est pas un plan », a-t-elle ajouté.

« Nous devons commencer à nous parler si nous voulons dépasser nos problèmes », a-t-elle ajouté, après des semaines d'attaques féroces des deux côtés.

Dans leur marathon final, les deux candidats multiplient les appels à aller voter, soucieux de grappiller la moindre voix qui pourrait faire basculer à leur profit les États-clés où se jouera mardi l'élection.

Ils sont au coude-à-coude dans plusieurs de ces États-clés, dont le New Hampshire, la Caroline du Nord et la Floride. Ce dernier Etat peut à lui seul décider de la présidentielle si Donald Trump le perd.

Bonne nouvelle pour Mme Clinton, la participation des Hispaniques, qui n'ont jamais pardonné à M. Trump ses propos sur les Mexicains violeurs, est apparemment en forte hausse tant en Caroline du Nord qu'en Floride, où les électeurs pouvaient voter de manière anticipée.

Cela pourrait compenser une certaine apathie des électeurs noirs, qui semblent moins motivés que pour Barack Obama en 2012.

Plus de 40 millions d'Américains ont déjà voté.

Pour son rassemblement du soir en Pennsylvanie, Hillary Clinton sera rejointe par le président Barack Obama - qui lundi matin a fait campagne pour elle dans le Michigan -, par Michelle Obama, son mari Bill Clinton et leur fille Chelsea. Également attendus, Bruce Springsteen et Jon Bon Jovi.

Soulagement

À son grand soulagement, Mme Clinton a vu dimanche disparaître la menace de poursuites dans l'affaire de ses courriels. Le directeur du FBI James Comey a écrit qu'après l'examen de courriels récemment découverts, il maintenait sa position de juillet selon laquelle il n'y avait pas matière à poursuivre Mme Clinton pour son utilisation d'un serveur privé quand elle était secrétaire d'État.

Rassurée, la bourse de New York a fortement monté lundi, après neuf jours consécutifs de déprime, du jamais vu depuis décembre 1980. Hillary Clinton est la candidate préférée du monde de la finance.

Au niveau national, les chaînes de télévision ABC, NBC et CBS donnent toutes Mme Clinton avec plusieurs points d'avance : 45 % des intentions de vote contre 41 % pour M. Trump, selon CBS. 47-41 selon NBC, et 48-43 selon ABC.

Hillary Clinton, ancienne secrétaire d'État, ancienne sénatrice de New York, ancienne première dame, a pour elle une longue expérience. Elle avait les relations, l'argent, le soutien de son parti.

Mais beaucoup d'Américains ne l'aiment pas, doutant de son honnêteté.

Et la bataille a été plus difficile que prévu face au magnat de l'immobilier, populiste sans expérience politique, grand pourfendeur de l'establishment et d'un système selon lui truqué.

Le milliardaire, ancien animateur vedette de l'émission de télé-réalité à succès The Apprentice, a capitalisé sur la colère et les frustrations de certains Américains blancs, dans un monde qui change.

Imprévisible, volontiers brutal, il a fait voler en éclat toute décence politique. Il a menti, insulté les femmes, les Mexicains, les Noirs, les musulmans, a promis de faire revenir les emplois. Il a attaqué son adversaire sans relâche, surnommée « Hillary la crapule ». Ses partisans lui ont tout pardonné.

Après 18 mois d'insultes, de révélations de caniveau et de matraquage politique publicitaire, les Américains n'attendent plus qu'une chose. La fin.

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