Un an de «califat» pour l'EI

Le groupe, dirigé par Abou Bakr al-Baghdadi, avait... (PHOTO ARCHIVES AP)

Agrandir

Le groupe, dirigé par Abou Bakr al-Baghdadi, avait annoncé le 29 juin 2014 qu'il redonnait naissance à une forme de gouvernement islamique dénommé le «califat» et assuré qu'il allait «durer et s'étendre».

PHOTO ARCHIVES AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Le groupe État islamique

International

Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Rita DAOU
Agence France-Presse
BEYROUTH, Liban

Le «califat» du groupe armé État islamique (EI) à cheval sur la Syrie et l'Irak entre dans sa deuxième année, alors que la communauté internationale s'avère incapable de stopper les atrocités des djihadistes qui ont récemment frappé en Tunisie ou au Koweït.

Le groupe, dirigé par Abou Bakr al-Baghdadi, avait annoncé le 29 juin 2014 qu'il redonnait naissance à une forme de gouvernement islamique dénommé le «califat» et assuré qu'il allait «durer et s'étendre».

En un an, le groupe a élargi son territoire en Syrie et en Irak en dépit de la formation d'une coalition conduite par les États-Unis qui veut l'éradiquer.

L'EI a également réussi à constituer un réseau de groupes qui lui sont affiliés à travers le monde et cherché à distiller la peur bien au-delà des pays où il est présent.

Cette semaine, il a revendiqué une attaque meurtrière en Tunisie qui a couté la vie à 38 personnes, majoritairement des touristes étrangers, pour beaucoup britanniques.

Il est également soupçonné d'être derrière l'attentat-suicide contre une mosquée chiite au Koweït qui a fait 26 morts.

Il pourrait aussi avoir servi d'inspiration à l'auteur d'une attaque en France qui a égorgé son patron et tenté de faire exploser son véhicule dans une usine de gaz.

«Ce n'est pas clair si ces actions sont centralisées ou coordonnées par l'EI. Mais nous risquons de voir des membres ou des sympathisants de l'EI, rentrés chez eux après avoir reçu une formation militaire, mener à leur initiative des attaques dont l'ampleur dépend de leur capacité, de leurs moyens et des opportunités», note Yezid Sayegh, chercheur au Centre Carnegie pour le Moyen-Orient.

Des milliers de victimes

La manière dont l'EI gouverne son territoire en Syrie et en Irak suscite la peur et l'horreur. Ses tueries massives et ses exécutions brutales sont devenues sa marque de fabrique.

Le groupe contrôle environ la moitié du territoire syrien, dont une large partie est inhabitée, et près d'un tiers de l'Irak.

En Syrie seulement, il a exécuté en un an plus de 3000 personnes, dont 1800 civils parmi lesquels 74 enfants, a indiqué dimanche l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Ce bilan inclut les 200 personnes tuées dans la ville kurde de Kobané (nord) lors d'une attaque la semaine dernière et les 900 membres de la tribu sunnite des Chaïtat qui ont péri en 2014 pour s'être opposés aux djihadistes.

Aucun chiffre précis sur ses crimes commis en Irak n'est disponible, mais le groupe est soupçonné d'avoir exécuté des milliers de personnes, dont 1700 recrues, en majorité chiites, assassinées au nord de Bagdad.

Il faut ajouter les milliers de morts dans les combats en Syrie et en Irak, dont des rebelles syriens, des combattants kurdes et des militaires dans les deux pays, ainsi que des miliciens chiites en Irak.

Ses adversaires ne peuvent se targuer de réels succès, et certainement pas les militaires irakiens, qui sont particulièrement critiqués pour avoir abandonné leurs positions à la mi-2014.

Échecs militaires et politiques

«Bagdad possède en principe des forces suffisantes pour contrôler le territoire, mais le problème c'est que toutes les forces combattant l'EI ne reçoivent pas leurs instructions de Bagdad. Certaines agissent à leur guise et d'autres reçoivent leurs instructions d'ailleurs», remarque Zaid al-Ali, auteur du livre «Le combat pour l'avenir de l'Irak».

En Syrie, seules les forces kurdes, soutenues par la coalition internationale, ont infligé de réels revers à ce groupe, car selon les analystes, les rebelles manquent d'armes de qualité et les forces du régime manquent de motivation pour faire plier les djihadistes.

Même la coalition ne peut se prévaloir que de succès limités alors qu'elle mène des raids quotidiens en Syrie et en Irak et qu'elle entraîne l'armée irakienne.

Elle a épaulé les troupes au sol qui ont réussi à chasser l'EI de Kobané et de Tall Abyad en Syrie, ainsi que de Tikrit et de la province de Diyala en Irak.

Mais les djihadistes continuent d'engranger des victoires, comme la capture récente de la cité antique de Palmyre en Syrie ou la capitale provinciale de Ramadi en Irak.

Pour Yezid Sayegh, «la mobilisation internationale contre DAESH (acronyme arabe de l'EI) a été minimale. Peut-être que la coalition ne peut pas faire mieux, car il est hors de question d'envisager le retour de 150 000 soldats américains sur le terrain».

Cependant, pour les analystes, le succès de l'EI résulte plus de problèmes politiques que de questions militaires. Le succès de l'EI résulte des «divisions confessionnelles, de la corruption et des décennies d'autoritarisme», affirme ce chercheur.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer