Le pape auprès des réfugiés sur l'île grecque de Lesbos

Le pape François a à plusieurs reprises pris... (PHOTO ARCHIVES OSSERVATORE ROMANO/REUTERS)

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Le pape François a à plusieurs reprises pris fait et cause en faveur des migrants et réfugiés ayant afflué en Europe depuis 2015. Ci-dessus, il pose pour un égoportrait en compagnie d'un réfugié au Castelnuovo di Porto, un centre d'accueil près de Rome, le 24 mars.

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Crise migratoire

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Catherine BOITARD
Agence France-Presse
ATHÈNES

Le pape François devrait se rendre à Lesbos la semaine prochaine pour exprimer sa solidarité aux réfugiés bloqués sur les îles grecques, où les demandes d'asile à instruire se multiplient, au point qu'il pourrait s'écouler plusieurs jours avant les prochains retours en Turquie.

L'Église orthodoxe de Grèce a annoncé mardi que le pape avait exprimé ce souhait, et avoir accepté une telle visite à Lesbos, principale porte d'entrée des réfugiés et des migrants en Europe depuis janvier 2015. La date du 15 avril a été retenue, selon le site internet spécialisé grec Dogma.gr.

Une source gouvernementale grecque a confirmé mardi soir cette «visite d'importance extraordinaire», à laquelle participera aussi le patriarche oecuménique Bartholomée Ier, chef spirituel des orthodoxes, qui réside en Turquie. Cette source a cité deux dates possibles : le 14 avril et le 15 avril.

Trois mille migrants se trouvent actuellement à Lesbos, la plupart retenus dans le camp de Moria avant d'être renvoyés vers la Turquie, conformément à l'accord UE-Ankara du 18 mars, qui vise à faire retourner en Turquie toutes les personnes arrivées depuis le 20, qui n'ont pas demandé l'asile en Grèce ou y ont été déboutées.

Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, n'a «pas démenti qu'il y ait des contacts» en cours pour une telle visite du pape, qui avait fustigé le 27 mars «le refus» de recevoir les migrants et les réfugiés opposé par «ceux qui pourraient leur offrir un accueil et de l'aide».

La nouvelle de ce possible déplacement intervient au lendemain du premier renvoi en Turquie, fortement médiatisé, de 202 migrants arrivés ces derniers jours à Chios et à Lesbos.

Afin de parer à la perspective d'un renvoi, ou de gagner un peu de temps en attendant l'examen de leur demande, de nombreux migrants se sont précipités ces derniers jours pour solliciter l'asile en Grèce : plus de 2300 demandes avaient été enregistrées mardi, sur quelque 6000 migrants visés par l'accord, et actuellement retenus sur les îles de leur arrivée (Lesbos, Chios, Kos, Samos, Leros, principalement), a dit à l'AFP Philippe Leclerc, représentant en Grèce du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR).

Mardi, tandis que les autorités turques se tiennent informées pour préparer l'arrivée des migrants renvoyés, un premier responsable turc a avancé la date de mercredi pour la prochaine échéance, avant qu'un autre n'annonce que «c'était reporté à vendredi parce que la Grèce n'est pas en mesure d'envoyer ces gens».

«Nous voulons aller en Allemagne»

«Nous ne fixons pas à l'avance la date ou le nombre des renvois», a rétorqué une source gouvernementale grecque, ajoutant évasivement que «si d'ici à la fin de la semaine, il y a un nombre satisfaisant de gens qui n'ont pas demandé l'asile et qui justifient un renvoi, on verra si on procède à de nouveaux renvois».

Sur quelque 2300 agents attendus par Athènes - surtout des policiers et des experts du droit d'asile - seul un dixième était déjà déployé sur les îles, selon la Commission européenne.

Le responsable du HCR en Grèce a déclaré à l'AFP craindre que 13 personnes, des Afghans pour la plupart, qui avaient exprimé le souhait de pouvoir demander l'asile, n'aient pas pu être enregistrées à temps», et aient été incluses à leur corps défendant parmi les 202 personnes renvoyées lundi.

Elles auraient pu être victimes de la confusion régnant à Chios depuis les rixes qui ont provoqué la fuite de 600 migrants, d'après les médias, hors du camp de rétention de Vial d'où sont censés être coordonnés les départs.

À Samos, où sont placés en rétention 750 migrants, la police a également évoqué des tensions.

Ali, un Pakistanais, a téléphoné à l'AFP de l'intérieur du camp pour évoquer la grève de la faim d'une centaine de personnes. «On a risqué nos vies et nous ne voulons pas retourner en Turquie parce qu'ils vont nous renvoyer au Pakistan. Et nous ne voulons pas demander l'asile en Grèce, nous voulons aller en Allemagne», se lamentait-il.

Outre les difficultés à organiser les renvois prévus par l'accord UE-Turquie, 46 000 autres migrants arrivés avant le 20 mars stagnent toujours en Grèce, et 225 autres ont encore débarqué sur les îles depuis lundi, ont annoncé les autorités grecques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 172 089 migrants sont arrivés dans l'UE par la mer depuis le 1er janvier, dont 152 137 en Grèce et 19 287 en Italie.

Au terme cependant du second volet de l'accord UE-Turquie, qui prévoit en échange des renvois en Turquie la réinstallation dans l'UE de jusqu'à 72 000 Syriens actuellement réfugiés en Turquie, 31 d'entre eux sont arrivés aux Pays-Bas mardi, après 32 en Allemagne et 11 en Finlande lundi.

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