Un froncement de sourcils déclenche une tempête politico-médiatique en Chine

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Le regard méprisant de la journaliste, retransmis en direct par la télévision nationale, semble en dire long sur ce que pensent une partie des médias du pays envers certains confrères au ton parfois obséquieux envers le pouvoir.

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Agence France-Presse
Pékin

Un froncement de sourcils d'une journaliste chinoise, visiblement accablée par la question un rien courtisane d'une de ses consoeurs, déclenche depuis mardi une tempête politico-médiatique en Chine, où la vidéo de l'incident est censurée après avoir fait fureur sur internet.

Le regard méprisant de la journaliste, retransmis en direct par la télévision nationale, semble en dire long sur ce que pensent une partie des médias du pays envers certains confrères au ton parfois obséquieux envers le pouvoir.

La scène se passe au Palais du peuple à Pékin, lors d'une séance de questions à des ministres en marge de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP), le parlement qui a offert dimanche un mandat sans limite de temps au président Xi Jinping.

La session est étroitement chorégraphiée par le régime communiste, qui s'assure que les questions des journalistes chinois comme étrangers sont préparées à l'avance, faisant de cette grand-messe annuelle un événement généralement ennuyeux et compassé. D'où la surprise provoquée par un simple regard pas prévu au programme.

À droite, dans une élégante veste rouge, la correspondante d'American Multimedia Television, un média inféodé au régime chinois, tient le micro pour une interminable question concernant les investissements des entreprises publiques à l'étranger.

À gauche, tout aussi élégante en veste bleue, sa consoeur Liang Xiangyi, du groupe d'information financière Yicai, dévisage l'interrogatrice, avant de se retourner avec un froncement de sourcils qui semble se demander comment il est possible de poser une question aussi peu polémique.

La séquence n'a pas échappé aux internautes, qui ont fait de Mme Liang une star absolue, en retransmettant ces quelques secondes d'images sur les réseaux sociaux, saluant au passage un défi au régime communiste.

«Avec cette tenue et ce regard qui en dit long, tu as laissé une impression profonde dans les coeurs de tout un peuple», assure un utilisateur du réseau Weibo. Le nom de Mme Liang était mercredi le plus censuré de l'internet chinois, selon le site spécialisé freeweibo.com

Les autorités ont adressé un «avis urgent» aux médias du pays: «Tout ce qui a déjà été mis en ligne doit être retiré. Aucun site internet, sans exception, ne doit monter cet incident en épingle», ont ordonné les censeurs, selon le site China Digital Times, basé aux États-Unis.

Le groupe Yicai n'était pas joignable pour commenter des rumeurs selon lesquelles Mme Liang aurait perdu son accréditation.




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