L'ONU promet des sanctions après le tir de missile nord-coréen

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Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un aurait personnellement supervisé dimanche le tir d'un nouveau type de missile baptisé Hwasong-12.

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Agence France-Presse
New York

Le Conseil de sécurité des nations unies a fermement condamné le dernier tir de missile de Pyongyang, promettant une réponse forte, y compris des sanctions, contre le programme nucléaire nord-coréen.

La Corée du Nord, qui cherche à développer un missile intercontinental susceptible de porter le feu nucléaire sur le sol américain, a testé dimanche ce qui semble avoir été son missile balistique à la portée la plus grande, affirmant que ce projectile pouvait transporter une «puissante tête nucléaire».

Dans une déclaration unanime soutenue également par la Chine, alliée de la Corée du Nord, le Conseil de sécurité a dénoncé le «comportement hautement déstabilisateur» de Pyongyang et demandé au régime nord-coréen de faire preuve «immédiatement d'un engagement sincère pour la dénucléarisation à travers des actions concrètes».

La Corée du Nord a nettement accéléré ces derniers temps le développement de ses programmes nucléaire et balistique, en dépit de sanctions théoriquement destinées à la priver de sources cruciales de financement.

Pyongyang a notamment réalisé deux essais nucléaires et des dizaines de tirs de missiles depuis le début 2016.

Dans sa déclaration, le Conseil a «promis de mettre en oeuvre pleinement les mesures imposées» à la Corée du Nord ainsi que d'appeler «fermement» d'autres pays à en faire de même.

Réunion d'urgence 

«Il y a beaucoup de sanctions que nous pouvons mettre en place, qu'il s'agisse du pétrole, de l'énergie, de leurs liaisons maritimes, de leurs exportations», a expliqué l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley, dans une interview à la chaîne ABC.

Les États-Unis négocient actuellement avec Pékin une possible nouvelle résolution. Une réunion d'urgence, à huis clos, du Conseil de sécurité est prévue mardi 16h00.

Selon la presse officielle nord-coréenne, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a personnellement supervisé dimanche le tir de ce nouveau type de missile, baptisé le Hwasong-12.

Des photos l'ont montré dans un hangar à côté du missile. Sur d'autres clichés, on peut le voir en train d'applaudir avec des officiers après le tir au petit matin.

Ce tir était le deuxième en 15 jours et le premier depuis la prestation de serment mercredi du nouveau président sud-coréen Moon Jae-In.

L'agence KCNA a affirmé que l'engin avait suivi une trajectoire très élevée, atteignant une altitude de 2111,5 km, avant de retomber en mer du Japon à 787 km, «précisément à l'endroit prévu».

Cela laisse penser que ce missile pourrait avoir une portée de 4500 kilomètres, selon des experts.

Pour Jeffrey Lewis, chercheur à l'Institut Middlebury des études internationales, dont le siège est en Californie, si on met de côté les tirs de fusées, l'engin tiré dimanche a été «le missile à la portée la plus longue jamais testé par la Corée du Nord».

«Provocation» 

John Schilling, expert en armement de l'organisation 38 North, estime quant à lui que Pyongyang vient apparemment de tester un missile de portée intermédiaire qui pourrait «sûrement atteindre la base américaine de Guam», dans le Pacifique.

«Ce qui est plus important», a-t-il ajouté, c'est qu'il «pourrait constituer un progrès important sur la voie de la mise au point d'un missile balistique intercontinental (ICBM)».

L'accélération des programmes nucléaire et balistique nord-coréens et la surenchère verbale avec Donald Trump, qui a menacé de régler par la force le dossier nord-coréen, ont contribué à tendre la situation sur la péninsule.

Le milliardaire a toutefois récemment semblé modérer son discours, déclarant même qu'il serait «honoré» de rencontrer Kim Jong-Un.

Ce tir est intervenu quatre jours après l'investiture à Séoul de Moon Jae-In qui, contrairement à son prédécesseur, défend l'idée d'un dialogue. Mais celui qui avait été la cheville ouvrière du dernier sommet intercoréen en 2007 n'en a pas moins condamné une «provocation irresponsable».

Certains experts doutent de la capacité du Nord à miniaturiser ses armes nucléaires pour les monter sur un missile et rien ne prouve encore que Pyongyang maîtrise la technologie de la rentrée dans l'atmosphère.

La Corée du Nord pourrait se retrouver encore plus isolée, après que des chercheurs en sécurité informatique eurent affirmé avoir découvert un lien potentiel entre Pyongyang et la cyberattaque mondiale qui frappe depuis vendredi des dizaines de milliers d'entreprises et d'administrations à travers le monde.




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