Le premier ministre japonais prêt à faire «confiance» à Donald Trump

Shinzo Abe et Donald Trump... (PHOTO REUTERS)

Agrandir

Shinzo Abe et Donald Trump

PHOTO REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Catherine TRIOMPHE, Ivan Couronne
Agence France-Presse
NEW YORK

Le premier ministre japonais Shinzo Abe a assuré que Donald Trump était un leader en lequel il pourrait avoir «confiance», après avoir été le premier dirigeant étranger à rencontrer en tête-à-tête le futur président américain.

Le magnat de l'immobilier a reçu jeudi M. Abe en même temps qu'il menait d'intenses consultations pour attribuer les principaux portefeuilles de son administration.

«J'ai la conviction que Donald Trump est un dirigeant de grande confiance», a-t-il déclaré à l'issue de sa rencontre de plus d'une heure avec M. Trump dans son QG de «Trump Tower» à New York.

Même s'il n'a pas dévoilé la teneur de leurs discussions, le premier ministre japonais a qualifié de «chaleureuses» et «franches» ses premières discussions avec le successeur de Barack Obama.

Les déclarations du milliardaire pendant la campagne avaient eu de quoi inquiéter Tokyo, grand allié des États-Unis en Asie: M. Trump avait notamment dit envisager le retrait des soldats américains du sud de la péninsule coréenne et de l'archipel nippon à défaut d'une hausse significative de la contribution financière des deux pays.

Il avait aussi suggéré que le Japon et la Corée du Sud se dotent de l'arme atomique face à la menace de la Corée du Nord. Et vilipendé les traités de libre-échange comme le Partenariat transpacifique (TPP), cher à Tokyo pour contenir la puissance chinoise.

Pas sûr que ces sujets aient été abordés jeudi: la porte-parole du président désigné avait prévenu qu'aucune «discussion approfondie» ne pourrait avoir lieu tant que M. Trump ne serait pas investi président.

Un modéré au département d'État?

Mais ce baptême du feu diplomatique intervient alors que Donald Trump multiplie les consultations - y compris parmi des Républicains qui l'avaient vivement critiqué pendant la campagne - pour choisir le successeur de John Kerry au département d'État.

Il a notamment consulté jeudi, pour la deuxième fois en quelques jours, l'une des figures de la diplomatie internationale du 20e siècle, Henry Kissinger, âgé de 93 ans.

Le nom de Mitt Romney, candidat malheureux à la présidence américaine face à Barack Obama en 2012, a fait surface pour la première fois jeudi.

L'ex-gouverneur du Massachusetts, 69 ans, qui avait traité Trump de «charlatan» en mars, devrait être reçu samedi par M. Trump dans son club de golf de Bedminster, dans le New Jersey, selon CNN.

Le sénateur Jeff Sessions, dont le nom revient beaucoup pour les portefeuilles de la Justice ou de la Défense, a confirmé en partie ces informations en sortant du QG de Trump à New York jeudi.

Mitt Romney vient s'ajouter à plusieurs noms évoqués ces derniers jours pour ce poste-clé pour le rayonnement des États-Unis dans le monde: parmi eux, Rudy Giuliani, ex-maire de New York et soutien de la première heure de Donald Trump; l'ex-ambassadeur à l'ONU John Bolton; ou plus récemment Nikki Haley, gouverneure de Caroline du Sud qui fut elle aussi très critique de Trump pendant la campagne.

La nomination d'une figure modérée comme M. Romney rassurerait les démocrates comme les alliés des États-Unis, parfois sidérés par les prises de position du candidat Trump, tour à tour protectionnistes, pro-russes ou remettant en cause le rôle leader des États-Unis dans l'OTAN.

L'ambassadeur d'Israël aux États-Unis a lui aussi rendu visite jeudi à Donald Trump en le qualifiant de «véritable ami» de l'État hébreu.

Les relations entre le Canada et les États-Unis se situent bien au-delà de la personnalité des présidents, a pour sa part déclaré jeudi le premier ministre canadien Justin Trudeau. «Je sais que les Canadiens veulent que je défende leurs intérêts et leurs valeurs, et c'est ce que je vais faire», a-t-il ajouté en référence aux accords de libre-échange et à la politique migratoire que M. Trump entend revoir.

«Tournée de la victoire»

Depuis Berlin, Barack Obama a ainsi émis l'espoir que M. Trump montre par ses nominations qu'il a compris «la différence» entre «ce qui marche» pendant la campagne électorale, et «ce qui permet d'unifier le pays et de gagner la confiance, y compris de ceux qui n'ont pas voté pour lui».

Aucun portefeuille n'a encore été officiellement octroyé. Le président désigné continue de consulter à haute dose depuis ses luxueux appartements de la tour Trump.

Selon certains médias, le général à la retraite Michael Flynn, qui avait dirigé le service de renseignements militaires (Defense Intelligence Agency) entre 2012 et 2014, a été choisi comme prochain conseiller à la sécurité nationale.

Le sénateur Ted Cruz, présent jeudi à la Trump Tower et rival malheureux de Donald Trump pendant les primaires, est aussi évoqué pour la Justice.

Les nominations devraient intervenir «avant ou après» la fête de Thanksgiving, le 24 novembre, selon une porte-parole.

Après huit jours quasi-cloîtré dans son QG, le magnat de l'immobilier devait poursuivre à partir de vendredi après-midi les consultations à Bedminster, d'où il ne rentrera que dimanche soir.

Un responsable de sa campagne a indiqué qu'il entreprendrait ensuite, d'ici «deux, trois semaines», une «tournée de la victoire» à destination des États qui lui ont permis de remporter sa victoire-surprise face à Hillary Clinton.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer