Pyongyang n'utilisera l'arme nucléaire qu'en cas d'agression

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Sur cette image extraite d'une vidéo de la télévision, on voit le dictateur nord-coréen Kim Jong Un, en train d'applaudir pendant la deuxième journée du congrès du parti, samedi.

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Simon MARTIN
Agence France-Presse
PYONGYANG

Pyongyang ne fera usage de ses armes nucléaires qu'en cas d'attaque par une puissance nucléaire, a indiqué Kim Jong-Un lors du congrès exceptionnel de son parti, tout en souhaitant améliorer les relations avec les nations qui ont pu être «hostiles».

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Le premier congrès depuis 1980 du parti unique en Corée du Nord entamait sa deuxième journée à huis clos samedi, à Pyongyang.

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Devant les milliers de délégués réunis pour le premier congrès en 36 ans du Parti des travailleurs de Corée (PTC), le dirigeant nord-coréen a également annoncé samedi un nouveau plan quinquennal pour dynamiser l'économie, a promis que son pays «remplira fidèlement» ses engagements de non-prolifération et fera pression pour une dénucléarisation mondiale.

Ces déclarations, publiées dimanche par la presse officielle, surviennent au moment où l'inquiétude plane sur les risques que Pyongyang se prépare à un cinquième essai nucléaire.

Kim avait ouvert vendredi le congrès en célébrant l'essai «historique» de janvier, signe de «la puissance illimitée» de son pays. La Corée du Nord affirme qu'il s'agissait du premier test d'une bombe H, ce dont les experts doutent du fait de l'énergie libérée par cette explosion.

Face aux inquiétudes de la communauté internationale, le jeune dirigeant a visiblement cherché samedi à se poser en leader «responsable».

«Comme puissance nucléaire responsable, notre république n'utilisera pas une arme nucléaire sans que sa souveraineté ne soit violée par des forces hostiles et agressives avec des bombes atomiques», a-t-il dit selon l'agence officielle KCNA.

La version en coréen de ses propos précise clairement que la condition du recours à l'arme atomique est un scénario impliquant une attaque nucléaire contre le Nord.

Doctrine fluctuante

La Corée du Nord s'est retirée en 2003 du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qui oblige les États à «poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures relatives au désarmement nucléaire».

La doctrine nord-coréenne en matière de recours à l'arsenal nucléaire a toujours été fluctuante.

Au moment de son premier essai en 2006, le Nord avait affirmé qu'il n'utiliserait jamais ses armes nucléaires en premier. Pourtant, il est coutumier des menaces d'attaques atomiques préventives contre Séoul ou Washington.

Ces dernières années, Pyongyang a mis l'accent sur le développement d'armes tactiques, multipliant les tests, de plus en plus concluants, de systèmes de lancements depuis des sous-marins.

La télévision d'État n'a diffusé que dimanche le discours prononcé par Kim devant un gigantesque emblème du parti. Les délégués, certains en costume sombre, d'autres en uniforme militaire, saluaient ses propos dans un tonnerre d'applaudissements.

Le dirigeant nord-coréen a également indiqué -ce qui pourrait apparaître comme un geste d'apaisement- que son pays chercherait à améliorer et normaliser les relations avec les pays amis, même ceux qui «ont été hostiles par le passé».

Certains experts avaient indiqué que Pyongyang pourrait à l'occasion de ce congrès historique tendre la main à Washington.

Responsables américains et nord-coréens ont participé ces dernières années à des rencontres informelles. Mais celles-ci ont vraisemblablement achoppé sur la question même des conditions d'une reprise d'un dialogue sur le fond.

La Guerre de Corée (1950-1953) s'est achevée sur un armistice jamais suivi d'un traité de paix, ce qui signifie que Séoul et Pyongyang sont, techniquement, toujours en guerre.

À ce stade, Kim n'a à l'occasion de ce congrès, le premier organisé depuis 1980, rien dit qui peut laisser penser que son pays serait prêt, en échange de négociations, à renoncer à ses programmes nucléaires interdits. Le dirigeant a au contraire mis en avant l'importance d'une dissuasion nucléaire pour son régime, le plus fermé et isolé au monde.

Sur le plan économique, Kim a annoncé un plan quinquennal pour améliorer l'efficacité et la production de certains secteurs clés, parmi lesquels l'énergie. Mais il n'a donné que peu de précisions sur la façon d'y parvenir.

Le congrès du PTC est largement interprété comme le «sacre» officiel de Kim à la tête d'une dynastie familiale née il y a près de 70 ans.

Certains experts considèrent qu'il doit y confirmer, comme doctrine du parti, la stratégie du «byungjin» initiée par Kim Jong-Un, à savoir le fait de mener en tandem développement économique et programmes nucléaire et balistique.

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