Birmanie: le président gracie 83 prisonniers politiques

Htin Kyaw... (Photo Aung Shine Oo, archives Associated Press)

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Htin Kyaw

Photo Aung Shine Oo, archives Associated Press

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Agence France-Presse
Rangoun

Le président birman Htin Kyaw a gracié dimanche 83 prisonniers politiques à l'occasion du Nouvel An, confirmant la volonté du nouveau pouvoir de tourner la page après des décennies de domination militaire, selon un porte-parole.

Htin Kyaw, un proche d'Aung San Suu Kyi, est devenu fin mars le premier chef d'État civil de la Birmanie après près d'un demi-siècle de domination militaire. Le président est considéré comme la doublure de la prix Nobel de la paix, empêchée de devenir présidente en raison d'une Constitution héritée de la junte.

«Les 83 prisonniers amnistiés aujourd'hui par le président sont des prisonniers politiques et des prisonniers concernés par des affaires politiques», a déclaré à l'AFP Zaw Htay, directeur adjoint du cabinet présidentiel.

Dans un communiqué publié sur Facebook, la présidence avait annoncé auparavant que cette amnistie avait pour objectif de promouvoir «la réconciliation nationale».

De nombreux militants de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), le parti d'Aung San Suu Kyi, ont passé du temps en prison pour des raisons politiques.

Mme Suu Kyi, qui a elle-même passé près de 15 ans en résidence surveillée sous le règne de la junte, a promis de faire de la libération des détenus politiques une priorité pour son gouvernement, qui depuis quelques semaines, a libéré des dizaines de militants.

L'habitude des militaires d'emprisonner les dissidents est l'une des raisons pour laquelle le combat de la NLD avait obtenu le soutien croissant des Birmans. Le gouvernement semi-civil qui a succédé à la junte en 2011 a mené des réformes économiques et politiques, mais emprisonné des dizaines de militants, tout en en libérant des centaines d'autres.

En début de mois, les autorités ont abandonné les poursuites engagées contre près de 200 activistes politiques, dont des dizaines d'étudiants qui ont passé plus d'un an en détention en raison d'une manifestation contre une réforme de l'éducation.

Parmi les personnes graciées dimanche figurent cinq journalistes condamnés à dix ans de prison en 2014 pour un article accusant l'armée de produire des armes chimiques, ce qu'avaient démenti les autorités.

Les peines, dénoncées par les défenseurs des droits de l'Homme, avaient ensuite été réduites à sept ans.

D'après l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP), des dizaines de prisonniers politiques sont toujours derrière les barreaux tandis que des centaines d'autres militants sont en attente d'un procès.

Dans un discours de Nouvel An diffusé par la télévision, Htin Kyaw a souligné que son gouvernement était déterminé à libérer les prisonniers politiques.

Htin Kyaw n'était guère connu en dehors de la Birmanie avant de prendre la présidence, mais est un ami et proche collaborateur de longue date de Mme Suu Kyi.

La Dame de Rangoun est à la tête d'un super ministère (comprenant notamment les Affaires étrangères et l'Éducation) au sein du gouvernement et occupe également la fonction de conseillère d'État spéciale.

Lors des célébrations bouddhistes du Nouvel An qui durent près de quinze jours, la plupart des bureaux sont fermés tandis que les gens s'aspergent d'eau dans les rues pour se laver des péchés de l'année écoulée.

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