Le chef du Pentagone en mer de Chine

Le navire américain et ses 75 avions et... (PHOTO JO JUNG-HO, ARCHIVES YONHAP/AP)

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Le navire américain et ses 75 avions et hélicoptères se trouvaient à un peu plus d'une soixantaine de milles nautiques à l'ouest de Luzon, l'île principale des Philippines.

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Laurent BARTHELEMY
Agence France-Presse
À BORD DU PORTE-AVIONS USS STENNIS

Le secrétaire américain à la Défense s'est rendu vendredi sur un porte-avions américain en mer de Chine méridionale, en dépit de mises en garde chinoises contre le renforcement de la présence américaine dans cette zone disputée.

Le «message» est que les «États-Unis continueront à jouer un rôle pour conserver la paix et la stabilité» dans la région, malgré les ambitions de Pékin sur cette zone stratégique pour le commerce mondial, a indiqué M. Carter sur le USS Stennis.

Le navire américain et ses 75 avions et hélicoptères se trouvaient à un peu plus d'une soixantaine de milles nautiques à l'ouest de Luzon, l'île principale des Philippines.

«Un porte-avions américain dans la région, ce n'est pas nouveau, ce qui est nouveau ce sont les tensions» liées au comportement de la Chine depuis un an, a souligné par ailleurs M. Carter, qui était accompagné par le ministre philippin de la Défense, Voltaire Gazmin.

Pékin considère la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale comme son territoire national, au grand dam de plusieurs pays voisins qui revendiquent aussi des parties de cette zone.

Depuis plus d'un an, Pékin mène dans l'archipel des Spratleys (sud), d'énormes travaux de remblaiement pour assoir sa présence dans la région, transformant des récifs coralliens en ports, pistes d'atterrissage et infrastructures diverses.

Elle a déployé dans l'archipel des Paracels, au nord de la zone, des missiles et des radars, semblant montrer ainsi des signes de vouloir passer en force.

Les États-Unis considèrent pour leur part que les différends territoriaux doivent être réglés par la diplomatie et non par la force.

Ils renforcent leurs alliances de défense avec les pays de la région, lançant par exemple des patrouilles navales communes avec les Philippines en mer de Chine méridionale.

Mais Washington reste malgré tout soucieux de ménager Pékin. M. Carter répète qu'aucun pays ne doit se sentir «exclu» par rapport aux réseaux d'alliances de défense que les États-Unis ont tissés en Asie.

Et sur le Stennis, il a ainsi souligné que les États-Unis continuaient d'inviter la Chine à participer à Rimpac, l'exercice naval géant qu'ils organisent tous les deux ans, et auquel participe une vingtaine de pays.

«Même si nous consolidons nos alliances et développons de nouveaux partenariats avec de nouveaux pays comme le Vietnam et l'Inde, nous continuons de penser que tout le monde «doit travailler ensemble», a-t-il estimé.

«Venez et cessez de vous mettre à part en vous isolant et en vous excluant vous-même», a-t-il déclaré à l'intention des Chinois.

Jeudi à Manille, Ashton Carter a annoncé un renforcement de la présence américaine aux Philippines, indiquant notamment que les États-Unis laisseraient jusqu'à fin avril dans l'archipel 275 militaires, dont des forces spéciales, et des avions d'attaque au sol A-10.

«Militarisation régionale»

Le Pentagone s'attend à ce que d'autres déploiements «prennent la suite». Les États-Unis viennent en effet de signer un accord avec les Philippines leur laissant l'accès à cinq bases militaires locales, pour des déploiements «rotationnels» et non permanents de forces américaines.

Pékin a vivement réagi à ces annonces en affirmant que sa marine protégerait son territoire.

«Les patrouilles communes américano-philippines contribuent à la militarisation régionale et sapent la paix et la stabilité régionales», a indiqué jeudi soir dans un communiqué le ministère chinois de la Défense.

«L'armée chinoise suivra de très près les prochains développements, et protégera résolument la souveraineté territoriale, les droits et intérêts maritimes de la Chine.»

Les États-Unis n'avaient plus de bases aux Philippines depuis le début des années 1990 et leur départ de leurs grands sites historiques comme Subic Bay.

Le Vietnam, Brunei, la Malaisie, les Philippines et Taïwan ont également des revendications - qui se chevauchent parfois - sur une partie de la mer de Chine méridionale.

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