Pakistan: plus de 200 arrestations après l'attentat de Pâques

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Des proches des victimes pleurent leurs morts, à Lahore, le 28 mars.

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Agence France-Presse
LAHORE, Pakistan

Les autorités pakistanaises ont annoncé mardi avoir arrêté plus de 200 personnes et en avoir interrogé des milliers dans le cadre de l'enquête sur l'attentat qui a coûté la vie à 73 personnes, dont nombre d'enfants, à Lahore dimanche.

«Plus de 5000 personnes ont été fouillées et interrogées, et la plupart ont été libérées, mais environ 216 ont été placées en détention le temps de recherches plus approfondies», a indiqué le ministre de la Justice pour la province du Pendjab, Rana Sanaullah.

S'exprimant devant la presse à Lahore, capitale de la province, il a ajouté que des opérations étaient en cours dans tous les districts du Pendjab.

Dimanche, un kamikaze a déclenché sa charge explosive dans un parc de Lahore particulièrement bondé à l'occasion de Pâques, près des attractions où patientaient des dizaines de famille, faisant 73 morts et des centaines de blessés.

Une faction des talibans pakistanais, le Jamaat-ul-Ahrar, a revendiqué l'attaque, affirmant avoir visé les chrétiens.

Selon M. Sanaullah, 56 opérations ont été menées ces dernières 24 heures dans le Pendjab par la police, l'armée et des agents des services du renseignement.

D'autres étaient en cours dans cette province, la plus peuplée du Pakistan, «contre des activistes religieux et des extrémistes», a-t-il ajouté.

Les mesures de sécurité ont été renforcées autour des 550 églises de la province, a-t-il assuré, et une équipe de cinq membres a été chargée de coordonner l'enquête sur l'attentat.

Le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif et le puissant chef d'État major Raheel Sharif se sont engagés à traîner en justice les responsables de l'attaque.



Les talibans pakistanais se moquent du premier ministre

Les talibans ayant revendiqué l'attentat ont raillé mardi le premier ministre Nawaz Sharif, par un tweet affirmant que la guerre était désormais «devant chez lui».

Ces commentaires interviennent au moment où les parcs rouvraient sous haute surveillance, après l'attentat dans un parc de Lahore particulièrement bondé à l'occasion de Pâques - mais le parc frappé par l'attentat, Gulshan-i-Iqbal, est resté fermé.

M. Sharif s'est engagé dans un discours télévisé lundi à venger l'attaque ayant frappé la capitale du Pendjab, fief électoral de son parti, le PML-N au pouvoir.

«Les terroristes ne peuvent émousser notre détermination. Notre lutte continuera jusqu'à l'élimination complète de la menace terroriste», a déclaré M. Sharif.

Mais mardi, Ehansullah Ehsan, porte-parole de la faction Jamaat-ul-Ahrar des talibans pakistanais qui a revendiqué l'attaque, a tourné en dérision les propos du premier ministre sur Twitter.

«Après l'attaque de Lahore, Nawaz Sharif a ressorti les vieilles rengaines, pour se donner de fausses assurances», a-t-il écrit.

«Nawaz Sharif doit savoir que la guerre était arrivée devant chez lui, et avec la volonté de Dieu, les moudjahidin seront vainqueurs».

L'armée a annoncé une série d'«opérations» à Lahore, ville d'origine de Nawaz Sharif, et dans plusieurs autres localités du Pendjab, province gouvernée par son frère Shehbaz Sharif, accusé de laxisme envers les islamistes.

D'autres opérations sont prévues, ont assuré les autorités.

Les chrétiens, qui représentent environ 2 % de la population de ce pays majoritairement musulman, sont discriminés et pris pour cibles.

Un double attentat-suicide perpétré par les talibans contre des églises à Lahore avait fait 17 morts en mars 2015. Et un attentat à la sortie de la messe du dimanche avait fauché plus de 80 vies en septembre 2013 à Peshawar.

Une offensive militaire lancée contre les islamistes armés a été intensifiée l'an dernier, faisant de 2015 l'année la moins meurtrière en terme d'attentats depuis l'émergence du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) en 2007.

Mais les observateurs soulignent que le mouvement taliban est toujours capable de mener des attaques de grande ampleur.

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