Vietnam: sécheresse et salinisation record dans le delta du Mékong

La culture intensive du riz, dans ce pays... (PHOTO TUAN DC, ARCHIVES REUTERS)

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La culture intensive du riz, dans ce pays qui est un des premiers producteurs mondiaux de riz, joue aussi un rôle important dans la dégradation du sol.

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Agence France-Presse
Hanoï

La sécheresse et la salinisation dans le delta du Mékong ont atteint un niveau record depuis 90 ans au Vietnam, suscitant des inquiétudes pour les millions de riziculteurs de cette région fertile, de plus en plus fragilisée.

Nguyen Van Tinh, responsable du ministère de l'Agriculture et du Développement rural, a confirmé mardi à l'AFP que «la sécheresse et la salinisation sont importantes» cette année, avec «le niveau des eaux du Mékong à son plus bas depuis 90 ans».

«Le delta du Mékong fait face actuellement à la pire sécheresse et intrusion d'eau de mer depuis 1926», confirme Le Anh Tuan, professeur de l'Université de Can Tho, dans le sud du Vietnam.

Hanoï met en avant l'influence du phénomène El Nino sur la sécheresse globale cette année en Asie du Sud-est, et les experts pointent du doigt le changement climatique comme une menace.

Mais la culture intensive du riz, dans ce pays qui est un des premiers producteurs mondiaux de riz, joue aussi un rôle important dans la dégradation du sol.

Dans la région du delta, grenier à riz du pays, près de la moitié des terres agricoles sont confrontées à la salinisation, explique le professeur Le Anh Tuan.

Tran Quang Hoai, du ministère de l'Agriculture, redoute que ce phénomène soit intense «jusqu'à fin juin» et l'arrivée espérée de pluies.

Le gouvernement a récemment décidé de débloquer une enveloppe de 3,8 millions d'euros pour les zones touchées, mais aucune mesure concrète n'a pour l'heure été annoncée pour lutter contre le phénomène sur le long terme.

Depuis les années 1970, les rendements de riz ont quasiment quadruplé au Vietnam, grâce à une variété à haut rendement et la construction d'un réseau de digues, néfaste à la fertilité du sol.

Mais les experts s'inquiètent, car cette culture intensive, en particulier le passage à trois cultures par an, qui fait des ravages, avec un usage intensif de pesticides et engrais.

La majeure partie du riz de l'État communiste est exportée à des prix très bas via des contrats de gouvernement à gouvernement gérés par de grandes entreprises d'État.

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