Émeutes de caste en Inde: 10 millions de personnes sans eau à New Delhi

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Des activistes de la caste des Jats manifestent dans le village de Sampla, dans l'État de Haryana, le 22 février.

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Sajjad Hussain WANI
Agence France-Presse
SONIPAT, Inde

Les représentants d'une caste qui manifeste depuis des jours dans le nord de l'Inde pour réclamer une amélioration de leurs conditions ont annoncé lundi avoir accepté une proposition du gouvernement local pour apaiser la situation après des émeutes qui ont fait 19 morts.

Parallèlement, l'armée indienne a repris le contrôle d'un canal desservant New Delhi en eau potable après ces affrontements survenus dans l'État de Haryana, voisin de la capitale. Plus de 10 millions d'habitants de la capitale indienne sont toujours privés d'eau potable malgré la reprise du canal par les militaires, ont annoncé les autorités indiennes, précisant qu'il faudrait entre «trois et quatre jours» pour que la situation revienne à la normale et que les zones affectées soient réapprovisionnées en eau.

Les autorités de Haryana s'attendaient à un retour au calme après être apparemment parvenues à un accord avec les dirigeants de la caste influente des Jats, qui ont fait savoir qu'ils discutaient d'un éventuel arrêt du mouvement.

Des milliers de soldats avaient été dépêchés samedi dans l'État de Haryana, avec ordre de tirer à vue, au lendemain d'impressionnantes émeutes au cours desquelles des maisons et des gares ont été incendiées, des autoroutes bloquées.

Les autorités indiennes avaient ordonné la fermeture des écoles lundi pour économiser l'eau après la fermeture par les émeutiers des vannes d'un canal apportant à New Delhi 60 % de son eau potable, selon les médias indiens.

Les protestataires manifestaient depuis une semaine afin d'exiger des quotas d'emplois dans la fonction publique et de places dans les universités pour leurs enfants.

Les manifestations ont dégénéré en violences vendredi. Dix-neuf personnes ont été tuées et 200 autres blessées, selon un nouveau bilan publié lundi par P. K. Das, haut responsable au ministère de l'Intérieur de l'État de Haryana.

L'Inde mène une politique de discrimination positive qui prévoit des quotas pour les «Dalits» (intouchables) et autres classes dites «arriérées» afin de contrebalancer les discriminations historiques dont elles souffrent.

Mais cette politique déplaît aux autres communautés qui s'estiment lésées. Les Jats, communauté traditionnellement rurale qui affirme avoir du mal à s'en sortir en dépit de la croissance économique forte que connaît le pays, demandaient à être considérés officiellement comme une «classe arriérée».



Des militaires indiens montent la garde au canal... (PHOTO TSERING TOPGYAL, AP) - image 3.0

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Des militaires indiens montent la garde au canal de Munak, près du village de Bindroli, dans l'État de Haryana, le 22 février. 

PHOTO TSERING TOPGYAL, AP

Routes débloquées

Le gouvernement de l'État de Haryana, où les 8 millions de Jats représentent 29 % de la population, a accepté dimanche de leur octroyer des quotas d'emplois publics extrêmement prisés et de places universitaires et la situation s'est calmée pendant la nuit.

«Il y a eu quelques affrontements dans certaines parties du district de Bhiwani durant la nuit et le couvre-feu y est toujours en place, mais le couvre-feu a été levé dans d'autres districts», a dit M. Das.

«La plupart des routes ont été débloquées et nous espérons contrôler la situation d'ici la fin de la journée», a-t-il ajouté.

Les protestataires qui occupaient depuis dimanche le canal alimentant la capitale indienne en eau ont été évacués et des ouvriers étaient en train de réparer les dégâts, a-t-il ajouté.

Des centaines de militaires et de paramilitaires étaient déployés autour du canal dans le district de Sonipat, a rapporté un journaliste de l'AFP.

New Delhi souffre d'une faible pluviométrie et a déjà du mal à assurer l'alimentation en eau de ses près de 17 millions d'habitants.

«Nous avons accepté la proposition du gouvernement» de Haryana «et nous sommes en train de consulter d'autres dirigeants Jats pour parvenir à un consensus sur un appel à arrêter l'agitation aujourd'hui», a déclaré Yashpal Malik, qui dirige un groupe d'organisations représentatives de cette caste.

«Nous exigeons que le gouvernement dédommage les familles des personnes qui ont perdu la vie dans les affrontements».

En raison des émeutes, des centaines de trains avaient été annulés ou déviés de leur route.

L'un des plus grands constructeurs automobiles de l'Inde, Maruti Susuki, avait suspendu ses opérations dans ses deux usines de Haryana.

-Avec bbc.com et lapresse.ca

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