La Corée du Nord mise en garde contre un tir de missile

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En décembre 2012, la Corée du Nord était parvenue à placer un satellite sur orbite au moyen d'une fusée Unha-3, une opération assimilée par Washington à un tir de missile balistique.

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Giles HEWITT
Agence France-Presse
Séoul

Séoul et Tokyo ont à l'instar de Washington mis en garde mercredi la Corée du Nord contre les conséquences d'un éventuel tir de missile balistique, quelques semaines après son quatrième essai nucléaire.

Le régime nord-coréen a averti trois agences de l'ONU de son intention de lancer entre les 8 et 25 février une fusée transportant un satellite.

Rappelant que tout lancement utilisant la technologie balistique constituait «une violation des résolutions de l'ONU», le gouvernement sud-coréen a exhorté mercredi Pyongyang à renoncer à son projet.

«Si le Nord (le) poursuivait (...), il en paierait le prix fort», a-t-il prévenu dans un texte lu par un haut responsable sud-coréen de la sécurité nationale, Cho Tae-Yong.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a de son côté qualifié ce projet de «sérieuse provocation» et convoqué un Conseil de sécurité nationale, l'instance réduite aux principaux ministres, pour évaluer la situation.

L'annonce nord-coréenne fait suite à des rumeurs ces derniers jours sur la préparation par Pyongyang d'un test de missile balistique, qui serait un nouveau pas vers son objectif de se doter de missiles nucléaires.

Elle constitue une surenchère de Pyongyang face à la communauté internationale qui tente de durcir les sanctions contre le régime le plus isolé au monde, après son annonce le 6 janvier d'un quatrième test de bombe nucléaire.

«L'habitude des coups doubles»

«C'est un comportement classique», estime John Delury, professeur associé à l'Université Yonsei de Séoul. «En attendant une riposte complète à l'essai nucléaire, vous placez également un tir de missile. Le Nord a l'habitude de ces coups doubles.»

À la pointe des efforts diplomatiques pour alourdir les sanctions du Conseil de sécurité, les États-Unis n'ont pas tardé non plus à réagir mardi soir.

Ce serait «un argument encore plus fort en faveur d'une action du Conseil de sécurité des Nations unies (...) pour imposer de réelles conséquences (...) et de dures sanctions supplémentaires», a déclaré dans un entretien aux trois agences de presse mondiales AP, Reuters et l'AFP le secrétaire d'État adjoint pour l'Asie, Daniel Russel.

Il a dénoncé l'agissement «déstabilisateur» de Pyongyang et sa «violation flagrante» du droit international: «La Corée du Nord défie le Conseil de sécurité de l'ONU, défie son voisin chinois, défie la communauté internationale, au détriment de la paix et de la sécurité régionales.»

L'Organisation maritime internationale (OMI) avait indiqué plus tôt avoir été avertie par le régime communiste de son intention de lancer un satellite entre les 8 et 25 février, entre 07h00 et 12h00 locales. 

Ces dates laissent penser que la Corée du Nord souhaiterait le faire à l'occasion de l'anniversaire le 16 février du dirigeant défunt Kim Jong-Il, père de Kim Jong-Un.

«Pas sûr que la Chine bouge»

En décembre 2012, la Corée du Nord était parvenue à placer un satellite sur orbite au moyen d'une fusée Unha-3, une opération assimilée par Washington à un tir de missile balistique. Elle affirme que ses missiles sont capables d'atteindre les États-Unis.

Un nouveau lancement pourrait accroître la pression sur Pékin, principal allié de Pyongyang, qui semble résister aux demandes américaines d'un alourdissement de ces sanctions.

«Pas sûr cependant que la Chine bouge», a estimé M. Delury. «Un essai nucléaire est une bien plus grosse affaire qu'un tir de missile, donc je ne pense pas que cela modifie les choses du point de vue chinois, quoi qu'en disent les États-Unis.»

L'entêtement de la Corée du Nord dans son programme nucléaire contrarie vraisemblablement la Chine. Mais l'idée que le renversement de Kim Jong-Un permette l'avènement, à leur frontière, d'une Corée réunifiée alignée sur les États-Unis est plus intolérable encore pour les dirigeants chinois.

Le secrétaire d'État John Kerry était à Pékin la semaine dernière pour faire pression sur le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.

Mais M. Kerry n'est parvenu qu'à s'entendre a minima avec les autorités chinoises pour «accélérer l'effort» dans la quête d'une nouvelle résolution.

Les experts s'attendaient à une reprise des lancements de fusées par la Corée du Nord, après l'achèvement d'un programme de modernisation du site de Dongchan-ri, également connu sous le nom de Sohae.

La transformation du site, qui a commencé début 2013, vise à créer des infrastructures permettant le lancement de fusées plus grandes, ayant une plus longue portée et une charge utile plus importante.

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