Chine: les organes prélevés sur des donneurs presque tous inutilisés

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L'ex-vice-ministre de la Santé chinois Huang Jiefu et des collègues

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Agence France-Presse
PÉKIN

Près de la totalité des organes prélevés sur des donneurs en Chine sont finalement inutilisés, a annoncé un média d'Etat mardi, après des années de controverse sur le recours aux condamnés à mort exécutés.

Les autorités estiment à 2500 le nombre de donneurs d'organes cette année, selon le Quotidien de la jeunesse de Pékin, qui cite Huang Jiefu, chef du Comité chinois du don d'organe et ancien vice-ministre de la Santé.

Cela pourrait «techniquement» rendre possible 2500 transplantations cardiaques et 5000 greffes pulmonaires, a-t-il précisé au journal.

Cependant, une centaine de coeurs seulement ont été greffés depuis janvier, et un nombre similiaire de poumons.

A titre de comparaison, environ 5300 transplantations ont eu lieu en France en 2014.

«D'un côté, il y a une pénurie, de l'autre côté il y a un gaspillage», a souligné M. Huang.

Le quotidien accuse la lenteur du transport des organes et le manque de coordination.

La tradition chinoise veut qu'un mort soit enterré sans mutilation, dans l'espoir d'une réincarnation, et parmi les 1,37 milliard de Chinois, seul un faible nombre accepte le prélèvement d'organes lorsqu'un membre de leur famille décède.

La forte demande a favorisé les dons forcés et le commerce illégal, des organisations de défense des droits de l'Homme condamnant depuis longtemps le prélèvement d'organes sur des condamnés à mort ou des prisonniers après leur décès, souvent sans l'accord des familles.

Pékin dit avoir mis fin à cette pratique depuis le 1er janvier dernier, mais certaines organisations internationales craignent que des prisonniers ne soient requalifiés en donneurs volontaires pour contourner la restriction.

Huang Jiefu assure cependant que «pas un seul organe» utilisé dans le cadre légal du don en Chine n'a été prélevé sur un condamné à mort.

«Alors que le système juridique n'est pas parfaitement solide, ce serait une proposition erronée en soi que de demander à un condamné à mort s'il souhaite donner en tant que citoyen», a-t-il assuré au journal.

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