L'Australie accusée d'avoir payé des passeurs pour refouler des réfugiés

Tony Abbott, premier ministre australien de l'époque, avait... (PHOTO ROB GRIFFITH, ARCHIVES AP)

Agrandir

Tony Abbott, premier ministre australien de l'époque, avait refusé de démentir ces allégations.

PHOTO ROB GRIFFITH, ARCHIVES AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
LONDRES

Amnistie internationale accuse dans un rapport publié mercredi l'Australie d'avoir payé des passeurs pour refouler des demandeurs d'asile vers l'Indonésie et de mettre ainsi leurs vies en danger.

L'organisation évoque deux incidents précis, survenus en mai et en juillet, le premier ayant été largement relayé par les médias, en s'appuyant sur les témoignages des passeurs, des demandeurs d'asile et de la police indonésienne.

Celle-ci avait ouvert une enquête en juin à la suite des déclarations du capitaine et des membres d'équipage d'un bateau transportant 65 demandeurs d'asile qui voulaient rejoindre l'Australie le mois précédent.

Ils avaient affirmé que les autorités australiennes, après avoir intercepté leur bateau, leur avaient versé 30 000 $ australien (environ 27 000 $) pour faire demi-tour. Les migrants du Bangladesh, de Birmanie et du Sri Lanka étaient finalement arrivés fin mai sur les rives de l'île Rote, dans l'est de l'Indonésie.

Un migrant à bord du bateau, le Bangladais Nazmul Hasan, a confirmé à l'AFP que l'équipage avait reçu de l'argent.

L'enquête d'Amnistie conforte ces allégations, que Tony Abbott, le premier ministre australien de l'époque, avait refusé de démentir. L'organisation publie aussi une vidéo dans laquelle elle accuse les autorités australiennes de mettre en danger la vie des migrants en les transférant dans des bateaux «manquant de carburant».

«Tout indique que les autorités australiennes ont commis un crime transnational en dirigeant de facto une opération de trafic humain, en payant l'équipage du bateau et en lui indiquant explicitement que faire et où se rendre en Indonésie», a dénoncé Anna Shea, responsables des questions de réfugiés à Amnistie internationale.

«La police des frontières et la marine ont également mis en danger les vies de dizaines de personnes en les obligeant à embarquer sur des bateaux mal équipés. En matière de politique envers les demandeurs d'asile, l'Australie devient un État de non-droit», a-t-elle insisté.

Le pays-continent mène une politique d'immigration extrêmement restrictive depuis que le gouvernement a lancé en 2013 l'opération «Frontières souveraines» pour décourager les réfugiés d'arriver par la mer en Australie.

La marine intercepte les bateaux transportant des migrants et les renvoie vers leur point de transit, souvent l'Indonésie. Les migrants qui parviennent à gagner les rives de l'Australie sont, eux, placés dans des camps de rétention sur l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, ou sur l'île de Nauru, dans l'océan Pacifique.

Canberra affirme que cette politique de fermeté permet de sauver des vies.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer