La famille du mollah Omar refuse de faire allégeance au nouveau chef des talibans

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L'annonce de la mort du mollah Omar et les dissensions sur sa succession ont forcé le report sine die de pourparlers de paix entamés au Pakistan, pays qui a longtemps soutenu les talibans.

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Agence France-Presse
Kaboul

La famille du mollah Omar refuse de faire allégeance à son successeur et appelle des chefs religieux à arbitrer les différends croissants sur la transition du pouvoir au sein des talibans, a affirmé dans un enregistrement audio le frère du défunt chef de la rébellion islamiste afghane.

Les insurgés avaient annoncé vendredi la nomination à la tête de leur mouvement du mollah Akhtar Mansour, ex-bras droit du mollah Omar qui avait porté les talibans au pouvoir à Kaboul en 1996 avant de se replier au Pakistan voisin après l'invasion occidentale de 2001.

Mais de nombreuses voix au sein même de la rébellion ont immédiatement dénoncé cette nomination, jugée expéditive et non consensuelle, et remis en cause la légitimité de celui qui a été couronné nouveau «commandeur des croyants».

Dans un message audio dont l'authenticité a été confirmée lundi par des sources talibanes, le mollah Abdul Manan, frère du mollah Omar, a ainsi déclaré que la famille de ce dernier n'avait toujours pas fait allégeance au nouveau chef taliban.

«Dans la tourmente, notre famille... n'a fait allégeance à personne», a déclaré le mollah Abdul Manan, dont le neveu et fils du mollah Omar, Yacoub, 26 ans, était d'ailleurs l'un des candidats pressentis pour prendre la tête des rebelles.

«Nous souhaitons que les oulémas (religieux, NDLR) résolvent ces différends plutôt que de plaider allégeance à un clan», poursuit le message.

«Une partie de l'insurrection est troublée et attend des réponses de Mansour et ses alliés: pourquoi ont-ils caché la mort du mollah Omar pendant ces années? En publiant de faux communiqués en son nom, ont-ils cherché à nous tromper pour servir leurs seuls intérêts», a déclaré une source talibane qui a requis l'anonymat.

Selon les services de renseignement afghans, le mollah Omar s'est éteint en avril 2013 dans un hôpital de Karachi, la métropole pakistanaise, ce qui signifierait que tous les communiqués attribués par la suite au chef historique des talibans étaient des «faux» forgés par des membres du conseil central des talibans.

Dans son tout premier message audio diffusé ce weekend, leur nouveau chef, le mollah Akhtar Mansour, a quant à lui appelé à «l'unité» des rebelles, conviés à poursuivre des pourparlers de paix avec le gouvernement de Kaboul amorcés début juillet au Pakistan voisin.

La direction des talibans a en outre nommé deux lieutenants au mollah Mansour: le mollah Haibatullah Akhundzada, ancien chef des tribunaux des talibans, et Sirajuddin Haqqani, chef du réseau Haqqani, puissante branche des talibans figurant sur la liste noire américaine des entités terroristes.

Un commandant du réseau Haqqani, fidèle au mollah Mansour, a déclaré à l'AFP que ceux qui s'opposaient au nouveau chef étaient «des membres de la choura de Quetta (conseil central des talibans, NDLR). Ils ne devraient pas faire ça, car cela mine l'unité du mouvement», a-t-il ajouté.

Contacté par l'AFP, un commandant dissident favorable au fils du mollah Omar a appelé quant à lui à une nouvelle rencontre, de l'ensemble des membres du conseil central des talibans et non de seulement «quatre ou cinq sur 20», pour choisir un chef de la rébellion.

L'annonce de la mort du mollah Omar et les dissensions sur sa succession ont forcé le report sine die de pourparlers de paix entamés au Pakistan, pays qui a longtemps soutenu les talibans, mais tente aujourd'hui de les convaincre à s'engager dans un dialogue avec Kaboul afin de stabiliser la région.

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