Pakistan: un important chef terroriste tué par la police

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Arrêté plusieurs fois depuis la fin des années 1990, Malik Ishaq avait à chaque fois été libéré, preuve selon les observateurs de l'impunité dont ont longtemps joui les groupes armés islamistes auprès des autorités civiles et militaires du pays.

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Waqar HUSSAIN
Agence France-Presse
LAHORE, Pakistan

Le chef du plus violent groupe armé antichiites du Pakistan et 13 de ses proches ont été tués mercredi lors d'une opération policière, signe de la volonté grandissante d'Islamabad de neutraliser les groupes rebelles violents sur son sol.

Malik Ishaq, environ 55 ans, était l'influent leader du Lashkar-e-Jhangvi (LeJ), faction sunnite extrémiste proche d'Al-Qaïda et accusée d'innombrables attaques, en partie revendiquées, contre la minorité chiite (20 % de la population).

Le chef du LeJ, qui a également selon des témoignages concordants fourni des dizaines de combattants au groupe armé État islamique (EI) en Irak et Syrie, faisait partie de la liste des personnalités considérées comme terroristes par le gouvernement américain.

Selon les autorités, il a été tué avec 13 autres cadres du LeJ, dont deux de ses fils et son adjoint Ghulam Rasool Shah, lors d'une fusillade avec la police dans les faubourgs de Muzaffargarh, dans la province du Pendjab (est), berceau du LeJ.

Le chef du LeJ et ses deux fils avaient été arrêtés par la police samedi dernier, accusés «de diriger un important gang de tueurs à gages» ayant assassiné «des dizaines de personnes dans la province». «Ce gang était également lié à Al-Qaïda et au Mouvement des talibans du Pakistan (TTP)», le principal groupe rebelle islamiste du pays, a expliqué un responsable policier.

Selon la version officielle, Ishaq, ses fils et les autres cadres du LeJ ont trouvé la mort mercredi vers 3 h du matin (18 h mardi à Montréal) après que des membres du LeJ ont tenté de les libérer en attaquant le convoi policier qui les transportaient.

«Les assaillants ont ouvert le feu, et la police a répliqué. Malik Ishaq, ses deux fils et onze autres de ses partisans ont été tués, et six policiers blessés», a expliqué à l'AFP un responsable de la police impliqué dans l'opération.

Les autorités pakistanaises annoncent régulièrement avoir tué des rebelles, criminels ou autres dans des fusillades provoquées par ces derniers. Mais des défenseurs des droits de l'homme locaux les accusent de souvent mettre en scène de tels affrontements pour dissimuler des exécutions extra judiciaires.

Pour de nombreux observateurs, c'est sans doute le scénario qui a précipité la mort de Malik Ishaq et ses proches.

«Impact énorme»

«Il n'y a eu aucune attaque contre la police» la nuit dernière, a déclaré mercredi à l'AFP un cadre du LeJ sous couvert d'anonymat. «C'est un mensonge flagrant. Ceux qui ont été tués avaient déjà été arrêtés par la police», a-t-il ajouté en dénonçant des assassinats «organisés et approuvés par l'appareil militaire».

Arrêté plusieurs fois depuis la fin des années 1990, Malik Ishaq avait à chaque fois été libéré, preuve selon les observateurs de l'impunité dont ont longtemps joui les groupes armés islamistes auprès des autorités civiles et militaires du pays.

Ces groupes armés, dont le LeJ, ont été créés à partir du vivier de combattants entraînés dans les années 1980 dans la région par le Pakistan, l'Arabie Saoudite et les Etats-Unis pour contrecarrer l'occupation soviétique de l'Afghanistan.

Les quelques séjours en prison de Malik Ishaq et l'étroite surveillance dont il faisait l'objet par les autorités ne l'ont pas empêché de rester actif et influent. Après sa dernière remise en liberté, en 2011, les attentats et assassinats ciblés antichiites avait redoublé d'intensité.

Le LeJ a revendiqué plusieurs des attentats les plus sanglants de l'histoire récente du Pakistan, dont deux fatals à près de 200 chiites à Quetta (sud-ouest) début 2013.

Le vent a toutefois tourné cette année, après que le Pakistan eut décrété vouloir en finir définitivement avec tous les groupes islamistes violents sur son sol, après le massacre de plus de 130 écoliers par un commando rebelle taliban en décembre à Peshawar (nord-ouest).

La mort de Malik Ishaq, longtemps considéré comme trop influent pour être vraiment inquiété, semble confirmer ce virage.

«Cet évènement va avoir un impact énorme. Avec la mort de Malik Ishaq et Ghulam Rasul, le LeJ est presque mort dans le Pendjab. Il y a eu un tournant clair après l'attaque de Peshawar. L'État s'est engagé contre le terrorisme, et il passe maintenant à l'action contre ces groupes», note Amir Rana, un analyste pakistanais spécialiste des questions de sécurité.

«Les autorités ont tenté de convaincre Malik Ishaq et ses alliés de mettre fin au terrorisme antichiite, mais ils n'y ont pas fait attention. Et elles soupçonnaient également Ishaq d'être passé du côté des forces clairement antigouvernementales», a expliqué à l'AFP un cadre des forces de sécurité sous couvert d'anonymat.

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