Les Japonais manifestent contre la politique de défense d'Abe

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Malgré la chaleur étouffante, quelque 15 000 personnes, selon les organisateurs, ont participé à ce rassemblement de délégations régionales et syndicales ainsi que d'associations diverses, de militants de partis d'opposition et de particuliers.

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Agence France-Presse
TOKYO

Des milliers de manifestants ont protesté mardi soir à Tokyo contre la nouvelle politique de défense du premier ministre Shinzo Abe qui veut élargir les prérogatives des forces armées japonaises, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Malgré la chaleur étouffante, quelque 15 000 personnes, selon les organisateurs, ont participé à ce rassemblement de délégations régionales et syndicales ainsi que d'associations diverses, de militants de partis d'opposition et de particuliers.

Brandissant des banderoles où l'on pouvait lire «suppression des lois de guerre», «non à la guerre» et des photos du premier ministre affublé d'une moustache façon Hitler, les manifestants se sont regroupés dans le parc Hibiya au centre de la capitale, à proximité des bâtiments gouvernementaux.

«Je viens à chaque fois à titre individuel et les rassemblements contre ces lois ont pris une ampleur telle que les médias comme le gouvernement ne peuvent plus les ignorer», a déclaré à l'AFP Yasumisu Shima, un sexagénaire plein d'entrain.

«Nous nous battrons jusqu'au bout. Il faut que le mouvement grossisse encore, que nous soyons un mur sur le chemin de M. Abe», criait un porte-parole au micro, tandis qu'un cortège partait vers le Parlement.

Cette énième manifestation se tenait alors que les textes sont arrivés en session plénière au Sénat lundi après avoir été approuvés par les députés.

Les opposants les ont baptisés «propositions de loi de guerre».

La réinterprétation de la constitution qu'entérineraient les textes en discussion rendrait possible l'envoi à l'extérieur des Forces d'autodéfense nippones - le nom officiel de l'armée - pour venir en aide à un allié, en premier lieu les États-Unis.

Pour le moment, l'armée ne peut agir que dans le cas d'une offensive externe sur le territoire japonais.

Cette extension des prérogatives des soldats japonais, via le principe dit de «défense collective», fait craindre aux Japonais de voir leur pays pris au piège dans un conflit lointain au côté des Américains.

Toutefois, en dépit d'une majorité de citoyens contre ces textes (selon les différents sondages) et des nombreuses voix opposées à une relecture de la loi fondamentale pacifiste, Shinzo Abe et son parti, qui domine à la Diète, ont fait prolonger de 95 jours la session parlementaire.

«Les lois doivent passer dès que possible afin d'être en mesure de répondre à une quelconque nécessité», a déclaré M. Abe mardi au Sénat.

Cette volonté de faire adopter rapidement les textes est mal perçue : selon une enquête du quotidien Nikkei, 81 % des sondés considèrent que le gouvernement n'a pas assez expliqué les tenants et aboutissants de cette politique.

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