L'ex-PM thaïlandaise Yingluck Shinawatra: «Je suis innocente»

L'ex-première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra offre un salut... (PHOTO PORNCHAI KITTIWONGSAKUL, AFP)

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L'ex-première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra offre un salut traditionnel aux membres des médias à son arrivée à la Cour suprême de Bangkok, à l'ouverture de son procès, le 19 mai.

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Thanaporn PROMYAMYAI
Agence France-Presse
BANGKOK

L'ex-première ministre thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, a clamé mardi son innocence à l'ouverture de son procès, son frère, bête noire de la junte militaire au pouvoir, appelant au «respect de la loi».

«Yingluck, bats-toi!», ont lancé plusieurs dizaines de manifestants venus lui apporter leur soutien devant la Cour suprême, à l'ouverture de son procès, ironiquement fixé presque un an jour pour jour après le renversement de son gouvernement par l'armée.

Cette manifestation populaire défiant la junte est rare dans un pays où les rassemblements politiques restent interdits et les élections sont repoussées sine die.

«Je suis innocente. Et j'espère que la cour me rendra justice», a déclaré l'ex-première ministre, plaidant non coupable de négligence dans un coûteux programme gouvernemental de subvention à la riziculture, émaillé de corruption, selon ses détracteurs.

L'ancienne première ministre encourt dix ans de prison.

Yingluck dit exclure de fuir le pays pour échapper à la justice comme l'a fait son frère Thaksin Shinawatra, également ancien premier ministre : il a en effet fait le choix de l'exil pour éviter de purger plusieurs années de prison pour corruption, après un coup d'État contre lui en 2006.

Au moment même où sa soeur clamait son innocence devant la justice, le milliardaire a fait, depuis Séoul, une sortie remarquée sur la nécessaire indépendance de la justice, en prenant garde de ne pas faire directement référence au sort de sa soeur.

«La clé de la bonne gouvernance et de la démocratie est de trouver un équilibre entre les branches du pouvoir judiciaire, législatif et exécutif», a déclaré Thaksin devant un forum d'investisseurs à Séoul, dans une rarissime prise de position publique.

«Respectez la loi»

«Il faut respecter la loi, c'est un atout très important pour la crédibilité de chaque pays», a insisté l'ancien policier qui a fait fortune dans les télécommunications.

«Dans chaque pays, il y a toujours deux sociétés : les riches et les pauvres, ceux qui ont des opportunités et ceux qui en ont moins», a-t-il ajouté, ressortant les arguments qui ont fait son succès électoral depuis le début des années 2000, notamment dans les campagnes pauvres du nord et du nord-est de la Thaïlande.

«Nous devons éradiquer la pauvreté, notamment dans les pays émergents, afin de laisser le peuple choisir de bons hommes politiques et conserver une bonne démocratie», a insisté Thaksin, bête noire des élites traditionnelles du Royaume de Thaïlande, voyant en lui une menace à l'hégémonie de la royauté.

Nombre d'analystes voient le procès ouvert contre Yingluck comme le dernier coup porté à la famille Shinawatra, qui domine la scène politique thaïlandaise depuis quinze ans, au grand dam des élites conservatrices ultra-monarchistes comme l'armée aujourd'hui au pouvoir.

Punie par les faucons

Pour Puangthong Pawakapan, spécialiste de politique à l'Université Chulalongkorn de Bangkok, «une faction de faucons de l'ancien régime (...) veut punir les Shinawatra au maximum».

«Mais la mettre en prison ne fera qu'augmenter la colère des "Chemises rouges"», puissant mouvement populaire pro-Shinawatra qui respecte depuis le coup d'État du 22 mai les consignes de ses dirigeants de ne pas sortir dans la rue et de garder un profil bas.

Après cette brève première audience lundi, la prochaine audience pour le procès de Yingluck a été fixée au 21 juillet. Dans l'intervalle, elle reste libre, après versement d'une caution de 30 millions de bahts (plus d'un million de dollars). Elle devra néanmoins toujours demander une autorisation de sortie de territoire pour tout voyage à l'étranger.

Les militaires ont justifié le coup d'État par la protection de la monarchie, alors que le roi de 87 ans est affaibli physiquement. Ils repoussent sine die toute élection, le temps de mettre en place les mécanismes empêchant le retour au pouvoir par les urnes des Shinawatra, dénoncent leurs détracteurs.

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