La Corée du Nord revendique le tir d'un missile balistique sous-marin

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L'annonce de ce tir de missile, sur lequel aucun détail n'a été communiqué et qui n'a pas été confirmé de source indépendante, intervient après que Pyongyang a rejeté des critiques des États-Unis.

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Agence France-Presse
SÉOUL

La Corée du Nord a affirmé samedi avoir procédé avec succès au lancement d'un missile balistique sous-marin, décrit comme une «arme stratégique de niveau mondial», alors que la tension reste forte avec Séoul.

«Un tir d'essai d'un puissant missile stratégique sous-marin a eu lieu», a annoncé l'agence de presse officielle KCNA, affirmant que «le missile balistique a été conçu à l'initiative personnelle du Commandant suprême de l'Armée du Peuple coréen Kim Jong-Un».

Le leader nord-coréen, qui a supervisé en personne l'opération de lancement, s'est félicité de ce «succès révélateur», le mettant sur un pied d'égalité avec le lancement en 2012 d'un satellite par le pays, selon KCNA.

L'armée nord-coréenne possède désormais «une arme stratégique de niveau mondial capable de frapper et d'annihiler dans toutes les eaux les forces hostiles empiétant sur la souveraineté et la dignité (de la Corée du Nord) ainsi que de mener des opérations sous-marines», a affirmé Kim Jong-Un, cité par l'agence.

L'annonce de ce tir de missile, sur lequel aucun détail n'a été communiqué et qui n'a pas été confirmé de source indépendante, intervient après que Pyongyang a rejeté des critiques des États-Unis, qui l'accusaient de développer un programme de missile balistique sous couvert de recherche spatiale, en violation des sanctions des Nations unies.

S'il y a peu de doutes quant à l'existence d'un programme actif de développement de missile balistique en Corée du Nord, les experts sont divisés quant à son avancement réel.

Des analystes américains de l'Institut américano-coréen de l'Université Johns Hopkins de Baltimore estimaient récemment que le développement de missiles balistiques sous-marins serait extrêmement coûteux pour Pyongyang et prendrait vraisemblablement «des années».

«Si ce que dit la Corée du Nord est vrai, alors c'est arrivé bien plus tôt qu'on ne l'attendait», a réagi Dan Pinkston, spécialiste de la Corée à l'International Crisis Group de Séoul.

«Une capacité de missile balistique sous-marin renforcerait certainement la crédibilité des menaces de représailles du Nord, mais j'aimerais bien voir ce que disent les services de renseignement étrangers de ce test», a ajouté M. Pinkston

Menaces contre des navires sud-coréens 

L'annonce du tir d'essai d'un nouveau missile balistique sous-marin intervient au lendemain de menaces de Pyongyang, avertissant que son armée était prête à ouvrir le feu à vue et sans avertissement sur des navires militaires sud-coréens qui violent, selon elle, la frontière maritime entre les deux pays.

Samedi, la Corée du Nord a d'ailleurs procédé à trois tirs de missiles mer-mer de courte portée d'un navire qui se trouvait au large du port de Wonsan, dans le nord-est du pays, a rapporté le ministère sud-coréen de la Défense.

Le premier de ces missiles HN-01 d'une portée d'une centaine de km a été tiré à 16h25, selon la défense sud-coréenne, et le dernier une heure plus tard.

«Notre armée surveille étroitement la situation et nous maintenons un haut niveau de préparation face à l'éventualité d'une provocation», a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense.

L'Armée populaire coréenne (KPA), nom officiel des forces de Pyongyang, a affirmé que 17 patrouilleurs rapides sud-coréens avaient pénétré dans les eaux territoriales nord-coréennes pendant la première semaine de mai «sous le prétexte» d'intercepter des bateaux de pêche chinois.

En cas de réponse armée sud-coréenne, la KPA répliquera par d'autres «frappes de représailles» contre ces navires, selon le communiqué diffusé vendredi par KCNA.

Les deux Corées se disputent leur frontière maritime en mer Jaune. Depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), marquée par un simple cessez-le-feu, Pyongyang et Séoul sont toujours techniquement en état de guerre.

En réponse au communiqué de la KPA, le ministère sud-coréen de la Défense a démenti catégoriquement toute incursion de navires sud-coréens et a accusé Pyongyang d'attiser les tensions. Le ministère a ajouté qu'il répondrait «vigoureusement» à toute agression.

La frontière maritime intercoréenne a été le théâtre d'affrontements armés brefs, mais violents en 1999, 2002 et 2009. En octobre 2014, des patrouilleurs des deux pays ont échangé des tirs de semonce.

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