«Ça ne sert à rien d'attendre le gouvernement», disent des Népalais qui s'activent

Des Népalais s'entraident au village de Sankhu, dans... (PHOTO MENAHEM KAHANA, AFP)

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Des Népalais s'entraident au village de Sankhu, dans la vallée de Katmandou, à la suite du séisme du 25 avril qui a fait plus de 7000 morts.

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Déçus de l'inaction de leur gouvernement et du temps que mettent les grandes ONG à répondre aux besoins des sinistrés dans les régions éloignées dévastées par le séisme de samedi dernier, des Népalais prennent les choses en main et se rendent eux-mêmes au secours des démunis.

Saroj Tualathal faisait la tournée des boutiques d'équipement de plein air du quartier des hôtels de Katmandou, hier, à la recherche de tentes pour les sinistrés des régions éloignées de la capitale.

« Avec mes amis, nous avons loué un camion et nous sommes allés aujourd'hui [hier] dans un village de la région de Sindhulpalchok distribuer du riz, de l'eau, des lentilles et des couvertures. Presque toutes les maisons ont été endommagées par le tremblement de terre, et nous étions les premiers à leur apporter de l'aide, raconte le restaurateur de 27 ans. Nous repartons demain dans la région de Nuwakot. »

En entendant dire que certains villages dévastés n'avaient toujours pas vu les secours, une semaine après le séisme du 25 avril, bien des Népalais ont eu la même idée que Saroj et ses amis : ils ont acheté ou recueilli de la nourriture et de l'équipement utile aux victimes et se sont organisés pour que ces biens parviennent à destination.

Quand on lui demande si ça ne devrait pas être le rôle du gouvernement d'organiser l'aide aux sinistrés, Saroj éclate de rire. « Ça ne sert à rien d'attendre le gouvernement, il ne fait pas ce genre de choses », laisse-t-il tomber.

Nura Basnet est du même avis. Plusieurs de ses amis ont organisé de telles collectes et distributions. « J'ai donné la moitié de mes vêtements et j'ai acheté 30 kilos de riz pour que mes amis puissent les donner sur place », dit la jeune femme, employée d'une ONG.

Le problème, reconnaît-elle, c'est que les organisateurs de telles actions spontanées ne connaissent pas toujours les besoins les plus criants des sinistrés, et n'aident pas nécessairement les personnes qui en ont le plus besoin. « Certains débarquent dans les villes les plus importantes et font la distribution un peu n'importe comment, alors que ce sont les villages plus isolés, inaccessibles par la route, qui en ont le plus besoin », dit-elle.

Mais les Népalais, secoués par les conséquences du tremblement de terre, veulent aider, même s'ils le font parfois maladroitement. Mieux vaut se tromper que rester à ne rien faire.

Lourde bureaucratie

D'ailleurs, les journaux locaux font état de laxisme de la part du gouvernement dans la distribution de l'aide d'urgence. On reproche aux autorités de ne pas avoir envoyé de secours dans les régions éloignées et de retarder la distribution du matériel offert par les autres pays et les ONG, à cause d'une bureaucratie trop lourde. Des employés des douanes auraient aussi imposé des frais d'entrée pour du matériel de secours, des allégations qui doivent faire l'objet d'une enquête du gouvernement.

Convaincus d'obtenir de meilleurs résultats par eux-mêmes, les gens se retroussent les manches.

Nischal Maharjan et ses amis, des étudiants, n'étaient sans doute pas les plus efficaces, mais ils étaient pleins de bonne volonté, en offrant leur aide dans les rues de Bhaktapur, une ville de la périphérie de Katmandou où de nombreuses maisons anciennes n'ont pas résisté aux secousses. Leurs vêtements et coiffures à la mode détonnaient dans la poussière des bâtiments en ruine.

Dans une ruelle où trois immeubles se sont effondrés, ils n'ont toutefois pas eu peur de se salir pour aider une famille à sortir des réserves de nourriture des décombres. « Il faut aider notre communauté, c'est notre peuple », explique Nischal, avant de repartir avec ses amis, en brandissant un drapeau du Népal.

D'autres ont offert leur aide pour préparer des repas aux sinistrés entassés dans les camps.

Ailleurs, des gens ont formé des chaînes humaines pour nettoyer les débris des temples effondrés et empiler les briques qui pourront être réutilisées pour la reconstruction.

« Nous sommes très fiers de nos temples, et le tourisme est la principale source de revenus pour Bhaktapur », souligne Shyam Sundor Matang, en regardant les ruines de plusieurs temples dont les sculptures anciennes étaient très admirées. « Jusqu'à ce qu'on puisse reconstruire, l'avenir est très incertain. »

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