Il y a 40 ans, Saigon tombait

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Sur cette photo datant du 30 avril 1975, un char d'assaut nord-vietnamien défonce la grille du palais présidentiel à Saigon, signant la chute du Vietnam du Sud.

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Et si le Viêtnam du Sud avait réussi à demeurer indépendant? La question fascine de plus en plus les politologues, 40 ans après la chute de Saigon et la victoire finale du Viêtnam du Nord, le 30 avril 1975.

Plusieurs conférences ont marqué l'anniversaire aux États-Unis. Le gouvernement vietnamien n'est pas en reste avec des célébrations. Lundi, à Washington, le prestigieux Conseil des relations étrangères (CFR) a réuni quatre experts sur la question.

Discutant des divisions douloureuses que la guerre du Viêtnam a engendrées dans la société américaine, les panélistes se sont concentrés sur deux questions. Si le Congrès américain n'avait pas suspendu les livraisons d'armes au Viêtnam Sud et empêché tout appui aérien aux forces sud-vietnamiennes, l'assaut nord-vietnamien en 1975 aurait-il pu être repoussé? Et quel a été le legs de l'implication américaine au Viêtnam?

Citant Lee Kuam Yew, fondateur de l'État moderne de Singapour, J. Stapleton Roy, des instituts Kissinger et Woodrow Wilson, a avancé que l' «Asie du Sud-Est n'était pas assez forte pour résister à l'expansion communiste dans les années 50 et 60». «Après 1975, l'Asie du Sud-Est était capable de se tenir debout», a expliqué M. Roy, qui a également cité le cas de l'Indonésie.

Les panélistes ont également souligné que, paradoxalement, le retrait américain et la défaite sud-vietnamienne ont aidé la posture stratégique des États-Unis au XXIe siècle. Le Viêtnam communiste, après l'unification de la Chine, est retourné à son antagonisme atavique envers l'empire du Milieu. Il a ainsi aidé les États-Unis à contrer les visées territoriales chinoises dans la mer de Chine du Sud, dont souffrent de proches alliés américains comme les Philippines.

Question controversée

La question de l'aide américaine au Viêtnam du Sud après les accords de paix de Paris en janvier 1973 et le retrait rapide des derniers soldats américains suscitent plus de controverse. La conférence du Conseil des relations étrangères incluait un proche de Henry Kissinger, Robert McFarlane. Ce militaire de carrière, qui a par la suite été conseiller à la sécurité nationale sous Reagan, défend corps et âme l'idée que le Viêtnam du Sud aurait survécu si le Congrès américain n'avait pas interrompu ses subventions militaires (700 millions US par année) et que les États-Unis avaient prolongé leur appui aérien. C'est cette aide qui avait permis de repousser les offensives nord-vietnamiennes en 1972.

«C'était une époque de grandes contradictions: une guerre que nous aurions pu avoir gagnée et que nous avons gagnée sur le champ de bataille a été perdue à cause du manque de crédibilité du gouvernement et de son incapacité à maintenir le soutien politique de la population américaine et du Congrès», a soutenu M. McFarlane. Il est généralement admis que le scandale du Watergate a rendu les démocrates allergiques aux plans de Nixon et de Kissinger de soutenir le Viêtnam du Sud.

John Prados, historien et auteur de multiples best-sellers politiques, s'est inscrit en faux pendant la conférence du CFR. «Avec l'embargo pétrolier arabe de 1973, l'aide militaire américaine au Viêtnam du Sud avait de moins en moins de valeur, a dit M. Prados. Pire, les pays de l'Organisation des pays producteurs de pétrole refusaient délibérément de vendre du pétrole au Viêtnam du Sud.»

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