L'onde de choc du séisme au Népal ressentie jusqu'au Québec

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Muga Rajbhandari, président de l'Association des Népalais du Québec, a multiplié les appels auprès de la centaine de familles népalaises qui habitent la région de Montréal.

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Pendant de très longues heures samedi matin, Deepak Kumar Shrestha a tenté de joindre ses parents à Katmandou, la capitale népalaise. Le Montréalais voyait passer les heures à mesure que le nombre de victimes du tremblement de terre qui a secoué le Népal augmentait : 160, 300, 440, 600, des chiffres effarants qui lui faisaient craindre le pire.

M. Shrestha a finalement réussi à parler à ses parents, après quatre heures d'angoisse. « J'étais tellement inquiet, dit-il. Tout le monde était sain et sauf et la maison est toujours debout, même si les murs sont lézardés. »

Muga Rajbhandari, président de l'Association des Népalais du Québec, a multiplié les appels auprès de la centaine de familles népalaises qui habitent la région de Montréal. En milieu de journée, samedi, aucune famille ne déplorait de victimes.

Lorsque M. Rajbhandari a pu parler à ses frères et soeurs après 30 tentatives infructueuses, sa famille se préparait à passer la nuit à l'extérieur. 

« Tout le monde avait encore peur et personne ne voulait rentrer dans sa maison, car il y avait encore des secousses », dit Muga Rajbhandari, président de l'Association des Népalais du Québec.

Collectes de fonds

M. Rajbhandari s'inquiète aussi pour la reconstruction du pays. « Ce tremblement de terre fera mal à l'économie déjà fragile du Népal », croit-il.

L'Association des Népalais du Québec s'est réunie à 8 h samedi et a commencé à amasser des fonds pour envoyer aux victimes. « On a bon espoir de récolter environ 10 000 $ ce week-end », souligne son président. En soirée samedi, 4000 $ avaient déjà été amassés. D'autres collectes de fonds seront organisées dans les prochains jours.

L'OEuvre Léger reçoit aussi les dons des Canadiens. L'organisme enverra dès demain ou mardi des bénévoles et employés au Népal. Ils prodigueront les premiers soins et fourniront de l'eau potable.

Patrimoine détruit à jamais

Marie-Chantal Labelle, copropriétaire de l'agence de voyages Routes du Monde, se faisait aussi du mauvais sang pour ses nombreux amis népalais et son collègue, le guide de voyage Nicolas Veilleux, qui doit se trouver dans les sommets de l'Annapurna.

«Je n'ai aucune nouvelle. Impossible de joindre mes amis. J'ai envoyé plusieurs messages... on attend et on est inquiets.»

Marie-Chantal Labelle
agente de voyage

Mme Labelle pleure aussi la perte de joyaux du patrimoine mondial. Sur les réseaux sociaux, plusieurs photos montrent la tour Dharahara, monument historique construit au XIXe siècle, complètement effondrée. La tour avait été détruite lors du plus récent séisme d'importance, en 1934. La catastrophe d'hier est venue anéantir les efforts déployés pour la reconstruire.

D'autres photos ayant circulé portent à croire que des zones sont dévastées dans le quartier historique Durbar Square, à Katmandou, qui fait partie du patrimoine de l'humanité. « Ce sont des images absolument désolantes. Ça m'a brisé le coeur », dit Mme Labelle.

« Le quartier est très vulnérable. Les rues sont sinueuses, les bâtiments sont élevés et très près les uns des autres », a expliqué Sarah Blin, directrice de programme pour Handicap International au Népal. « C'est là que se trouve le plus gros hôpital de la ville, alors ça a été chaotique. Plusieurs blessés ont été traités à l'extérieur de la capitale. »

Des temples des villes historiques de Bhaktapur et de Patan semblent avoir été détruits.

Mme Labelle tentait de savoir si le temple Nyatapola de Bhaktapur, le plus haut du Népal, a été détruit. Selon certains Népalais contactés par La Presse et certaines informations sur les médias sociaux, il semble que le temple composé de cinq toits superposés tienne encore debout.

« Les temples de la vallée de Katmandou sont uniques au monde. Il n'y a rien qui leur soit comparable. Ils sont tous en hauteur, le bois est sculpté à la main. Chaque destruction de temple est d'une grande tristesse », explique la voyageuse qui souligne que la disparition de ces temples fragiliserait l'industrie du tourisme, primordiale dans l'économie du pays.

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