Singapour rend un dernier hommage à son fondateur Lee Kuan Yew

Le cercueil recouvert du drapeau national, entreposé dans... (PHOTO MOHD FYROL, AGENCE FRANCE PRESSE)

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Le cercueil recouvert du drapeau national, entreposé dans un caisson de verre et posé sur un affût, a parcouru une quinzaine de kilomètres tiré par une Land Rover.

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Roberto Coloma
Agence France-Presse
Singapour

Des dizaines de milliers de personnes ont bravé la pluie battante dimanche pour rendre un dernier hommage à Lee Kuan Yew, père fondateur du Singapour moderne et principal artisan de la métamorphose de la cité État en l'une des économies les plus florissantes d'Asie.

«La lumière qui nous a guidés pendant tant d'années s'est éteinte», a dit son fils, le premier ministre Lee Hsien Loong, lors des funérailles publiques organisées à l'Université nationale de Singapour, auxquelles ont assisté de nombreux chefs d'État de la région Asie-Pacifique.

Auparavant, des familles entières s'étaient massées le long du parcours emprunté par le cortège funèbre en provenance du Parlement, où plus de 450.000 personnes s'étaient recueillies devant le cercueil de l'ancien Premier ministre. Certains étaient en pleurs, d'autres scandaient son nom, d'autres encore lançaient des fleurs au passage du convoi.

Le cercueil recouvert du drapeau national, entreposé dans un caisson de verre et posé sur un affût, a parcouru une quinzaine de kilomètres tiré par une Land Rover. Le cortège est passé devant les lieux emblématiques de la carrière politique de l'ancien dirigeant tandis que 21 coups de canon ont été tirés, un honneur normalement réservé aux chefs d'État en exercice.

L'homme, qui a régné d'une main de fer sur Singapour pendant 31 ans, est décédé lundi à  91 ans après des semaines d'hospitalisation pour une pneumonie aiguë.

Premier chef du gouvernement de Singapour en 1959, année où la cité État s'est affranchie de la tutelle britannique, Lee Kuan Yew a connu une longévité exceptionnelle avant de céder la place en 1990 à son bras droit, Goh Chok Tong. Celui-ci a à son tour transmis le pouvoir au fils de Lee Kuan Yew, en 2004.

«Nous sommes là en famille pour assister à un moment historique», a expliqué Joel Lim, un enseignant de 35 ans. «Les habitants de Singapour ne sont pas toujours d'accord sur tout. Mais dans les moments critiques, nous ne faisons plus qu'un. C'est cela Singapour et c'est cela l'héritage de M. Lee».

Essor économique et main de fer

Parmi les personnalités présentes figuraient l'ancien président américain Bill Clinton ainsi que l'ancien secrétaire d'Etat Henry Kissinger, un ami proche de l'ex-premier ministre qualifié par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon de «figure légendaire en Asie».

Étaient également présents le premier ministre japonais Shinzo Abe, la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, le premier ministre australien Tony Abbott, le chef du gouvernement indien Narendra Modi, le président indonésien Joko Widodo et le premier ministre cambodgien Hun Sen.

L'ancienne puissance coloniale était représentée par le chef de la chambre basse du Parlement britannique, William Hague, ancien ministre des Affaires étrangères.

Les sirènes de la défense civile ont retenti à travers l'archipel en prélude à une minute de silence à la mémoire de Lee Kuan Yew, avant que ne retentisse l'hymne national. Devait suivre une crémation privée.

Né le 16 septembre 1923 dans une famille d'origine chinoise, Lee est resté jusqu'à la fin de sa vie une personnalité politique très influente à Singapour et en Asie.

Au cours de son règne, Singapour a bénéficié d'un spectaculaire essor économique et s'est mué en «tigre asiatique». L'archipel d'un peu plus de cinq millions d'habitants (dont près de 40% d'étrangers) est devenu un centre régional, financier et touristique, connu pour ses technologies de pointe, en particulier dans le domaine de la santé.

Le Produit intérieur brut par habitant est, à 56.284 dollars, l'un des plus élevés du monde. À Singapour, 90% des habitants sont propriétaires de leur logement tandis que les fonctionnaires grassement payés sont classés dans le peloton de tête des employés les plus honnêtes du monde.

Mais les détracteurs de Lee Kuan Yew, un avocat formé en Grande-Bretagne, lui reprochent d'avoir géré le pays d'une main de fer, emprisonnant ou muselant ses opposants.

Singapour doit à présent «tourner la page sur les politiques du passé», a commenté Phil Robertson, directeur adjoint pour l'Asie de Human Rights Watch. «Le gouvernement doit commencer en se réconciliant avec les nombreux exilés qui ont été persécutés et chassés de chez eux pendant bien trop longtemps», a-t-il dit.

La liberté d'expression et de rassemblement est toujours étroitement contrôlée dans l'archipel. Le Parti d'action populaire (PAP), cofondé par Lee Kuan Yew, a remporté chaque élection depuis 1959, et détient actuellement 80 des 87 sièges au Parlement.

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