Philippines: les rebelles musulmans tuent plus de 40 policiers

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Quarante-trois policiers ont été tués, a dit le chef de la police nationale Leonardo Espina. Une porte-parole de la police régionale, Judith Ambong, a indiqué à l'AFP que les corps de 49 policiers avaient été récupérés.

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Agence France-Presse
MANILLE

Pus de 40 policiers philippins en opération pour capturer un artificier islamiste recherché par Washington ont été tués lors d'affrontements avec la rébellion musulmane dans le sud de l'archipel, ont annoncé lundi les autorités.

Les affrontements se sont produits à Mamasapano, une localité isolée de l'île de Mindanao contrôlée par les forces rebelles, en dépit de l'accord de paix signé en mars 2014 entre le gouvernement et les rebelles du Front moro islamique de libération (MILF).

Quarante-trois policiers ont été tués, a dit le chef de la police nationale Leonardo Espina.

Une porte-parole de la police régionale, Judith Ambong, a indiqué à l'AFP que les corps de 49 policiers avaient été récupérés.

Aucune précision n'était disponible sur d'éventuelles victimes rebelles.



Après des décennies de révolte armée qui a fait des dizaines de milliers de morts, le MILF et le gouvernement avaient conclu en mars 2014 un accord de paix prévoyant la création d'une région autonome dans le sud du pays, considéré par les cinq millions de musulmans philippins (sur une population de 100 millions) comme leur terre ancestrale. Un projet de loi sur le sujet est en cours de discussion au Parlement.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Roxas est revenu sur les circonstances des affrontements qui ont causé aux forces philippines leurs «pertes les plus importantes de mémoire récente».

Près de 400 policiers ont mené une descente dans une zone contrôlée par le BIFF (Bangsamoro Islamic Freedom Fighters), un groupe issu d'une scission du MILF et qui ne participe pas au processus de paix.

Les forces de sécurité étaient à la recherche d'un artificier malaisien membre du groupe Jemaah Islamiyah, maître d'oeuvre des attentats de Bali de 2002 et d'autres attaques meurtrières.

Zulkifli bin Hir, alias Marwan, dont la tête a été mise à prix par les États-Unis cinq millions de dollars, aurait été tué dans l'opération, a dit le ministre, ajoutant toutefois que son corps n'avait pas été retrouvé.

Le chef du BIFF, Basit Usman, auquel les autorités imputent la responsabilité d'attentats à la bombe, a réussi à s'échapper.

C'est en battant en retraite après l'opération que les policiers se sont heurtés aux forces du MILF, a expliqué M. Roxas.

Le président Benigno Aquino a ordonné l'ouverture d'une enquête sur cet incident, qui représente la première mise à l'épreuve majeure de l'accord de paix.

Le MILF, fort de 10 000 membres, a accusé la police de ne pas avoir coordonné son opération avec ses forces comme prévu par l'accord de 2014, mais a souhaité que cet incident, le second depuis la conclusion de la trêve, ne le remette pas en cause.

Le MILF comme les autorités ont déclaré que le cessez-le-feu tenait toujours malgré ces affrontements sanglants.

En avril, deux soldats et 18 rebelles avaient été tués sur l'île méridionale de Basilan et le gouvernement avait accusé le MILF de voler au secours des extrémistes musulmans.

Depuis mars 2014, les forces gouvernementales concentrent leurs opérations sur le BIFF, qui rassemble plusieurs centaines de combattants et qui a fait allégeance à l'État islamique en Irak et en Syrie.

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