Nouvel An tragique à Shanghai: 36 morts

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Les grands rassemblements en Chine font généralement l'objet d'une étroite surveillance des autorités, mais le pays a déjà connu des incidents au cours desquels la foule a été prise de panique et qui ont causé des morts.

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Bill SAVADOVE
Agence France-Presse
SHANGHAI

Une bousculade pendant le réveillon du Nouvel An à Shanghai a fait au moins 36 morts et des dizaines de blessés sur la célèbre promenade du Bund, où s'était massée une foule bien trop nombreuse selon les témoins.

La tragédie s'est produite peu avant minuit le 31 décembre dans ce lieu historique, où la tradition veut que l'on se rassemble pour fêter l'arrivée de la nouvelle année, a annoncé jeudi matin le gouvernement de la métropole.

Sur les 36 morts, 25 sont des femmes, qui constituent aussi la majorité des blessés, selon l'agence Chine nouvelle. Les dix premières victimes identifiées sont âgées de 16 à 36 ans; parmi elles figure un ressortissant de Taïwan, selon l'agence officielle.

Une enquête a été ouverte pour élucider les causes de l'accident, a indiqué la mairie, qui a demandé que «tous les efforts possibles» soient faits pour sauver les 47 blessés, dont 13 grièvement, laissant entendre que le bilan de 36 morts n'était peut-être pas définitif.

Quarante personnes restaient hospitalisées jeudi après-midi.

Des témoins ont assuré que la foule s'était ruée pour attraper de faux dollars lancés depuis une fenêtre, mais d'autres ont écarté cette version en soulignant que l'origine du drame tenait principalement à l'énormité de la foule sur les lieux.

«Signal d'alarme»

Dans un rare commentaire critique, l'agence Chine nouvelle a estimé que le drame était «un signal d'alarme rappelant à la deuxième économie mondiale qu'elle était toujours un pays en développement, avec une gestion fragile des affaires sociales».

«Les gens hurlaient, les femmes hurlaient et les gens ont commencé à sauter par-dessus les marches (de la promenade, ndlr) pour se sauver», a déclaré à l'AFP Sarah, une ressortissante de Singapour vivant à Shanghai, témoin direct du drame depuis le toit d'une terrasse donnant sur le Bund.

«Et puis les gens ont commencé à tomber sur les marches et se sont fait écraser», a-t-elle ajouté.

Une ouverture dans la foule a permis aux sauveteurs improvisés d'extraire les victimes vers des ambulances noyées dans la foule, selon des vidéos prises sur portables visionnées par l'AFP.

«J'ai vu des corps sans vie être extraits l'un après l'autre de la foule et déposés dans la rue», a relaté Andrew Shainker, un professeur d'anglais qui a lui aussi assisté au drame depuis la terrasse d'un restaurant sur le Bund.

«On pouvait entendre les cris de panique», a-t-il décrit. «J'étais venu là pour disposer de la plus belle vue sur le Bund. En fait de quoi, je me suis retrouvé au premier rang d'une tragédie internationale».

Le Bund, célèbre pour son architecture coloniale prérévolutionnaire, est situé dans l'ancien quartier financier et commercial de Shanghai. Cette promenade le long du fleuve Huangpu est aujourd'hui un lieu très touristique, avec restaurants et boutiques de luxe.

Une photo sur le site web du Quotidien de Shanghai montrait ce qui semblait être des morts et des blessés couchés sur le sol avec une foule en arrière-plan.

«J'ai senti que je suffoquais, je n'en pouvais plus et si j'ai réussi à rebrousser chemin, c'est uniquement par chance. Mais d'autres autour de nous ne reviendront jamais», a raconté un autre témoin sur Sina Weibo, l'équivalent chinois de Twitter.

«Il y avait des gens qui voulaient voir, qui bousculaient même quand la foule était écrasée (...) Pour la première fois, j'ai senti la mort tout près», a raconté un autre.

Le président chinois Xi Jinping a demandé une enquête immédiate sur les causes de la tragédie, selon Chine nouvelle.

À l'entrée de la salle d'urgence de l'Hôpital Numéro Un de Shanghai, une vingtaine de véhicules de police étaient stationnés et les fonctionnaires en empêchaient l'accès.

La mère d'un garçon de 12 ans blessé pleurait assise sur une chaise, entourée de proches.

«On ne sait pas ce qui se passe, mais ils ne nous laissent pas rentrer pour le voir», a déclaré son frère, qui a demandé l'anonymat.

Crainte d'incidents

La télévision chinoise a fait de son une le discours de Nouvel An du président, repassé à plusieurs reprises, tout en accordant une brève couverture à la tragédie.

«On a vu des gens lançant des billets depuis Bund 18», un complexe commercial, a assuré sur Sina Weibo un anonyme.

Des photos sur le réseau social montraient des feuilles imprimées de la taille et de la couleur de dollars, mais marquées du logo M18, une boîte de nuit du bâtiment, avec l'inscription «Nouvel An 2015».

Les festivités du Nouvel An de Shanghai ont lieu traditionnellement sur le Bund. Cette année, toutefois, elles avaient lieu sur une partie du Bund différente des années précédentes, les autorités craignant des incidents en raison d'un afflux trop important de personnes, selon la presse locale.

Un haut responsable de la police de Shanghai, Cai Lixin, cité sur un site officiel a reconnu jeudi que les forces de l'ordre étaient en nombre inférieur à l'an dernier pour le Nouvel An.

Les grands rassemblements en Chine sont généralement étroitement encadrés par la police. Le pays a toutefois déjà connu des incidents meurtriers après des mouvements de panique dans des foules.

Les festivités prévues cette fin d'année incluaient un «compte à rebours», un spectacle de son et lumière et un feu d'artifice.

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