L'avion d'AirAsia disparu est probablement «au fond de la mer»

L'avion d'AirAsia a disparu après que les pilotes... (Photo Antara Foto/Wahyu Putro/Reuters)

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L'avion d'AirAsia a disparu après que les pilotes ont demandé la permission au contrôle aérien de dévier du plan de vol en raison de mauvaises conditions météorologiques.

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Arlina ARSHAD
Agence France-Presse
Jakarta

Des dizaines de bateaux et d'avions poursuivent les recherches, tandis que l'anxiété monte parmi les proches des 162 passagers et membres de l'équipage de l'avion d'AirAsia disparu en Indonésie, où les autorités ont admis qu'il était probablement «au fond de la mer».

L'Australie, Singapour et la Malaisie ont dépêché des avions et des navires pour participer aux opérations de recherche de l'Airbus A320-200 parti dimanche de Surabaya, dans l'est de l'île indonésienne de Java, pour rejoindre Singapour. «Nous avons reçu aujourd'hui une demande d'assistance pour localiser l'avion et nous l'examinons pour savoir comment y répondre au mieux», a de son côté annoncé un porte-parole de la diplomatie américaine.

Dans un appel chargé d'émotions qui s'est propagé sur les réseaux sociaux, la fille du pilote indonésien Irianto a écrit : «Papa, rentre à la maison, j'ai toujours besoin de papa», cependant que la mère du copilote français Rémi Emmanuel Plésel racontait lundi à l'AFP que «depuis son enfance» son fils «voulait être pilote d'avion».

«Pilote depuis trois ans en Indonésie, il nous appelait chaque fois qu'il devait effectuer un vol. Samedi encore, avant de partir, nous l'avons vu grâce à l'Ipad, il voulait voir tout ce que nous avions fait comme décorations pour Noël», a encore dit Rolande Plésel.

L'avion d'AirAsia, une compagnie low cost malaisienne, a disparu dimanche après que les pilotes ont demandé la permission au contrôle aérien de dévier du plan de vol en prenant de l'altitude en raison de mauvaises conditions météorologiques.

«Compte tenu des informations en notre possession et de l'évaluation selon laquelle le lieu supposé du crash est dans la mer, l'hypothèse est que l'avion est au fond de la mer», a déclaré le chef de l'Agence nationale de recherches et de secours, Bambang Soelistyo, au cours d'une conférence de presse.

Un porte-parole de l'armée indonésienne a dit à l'AFP que les recherches se concentraient désormais sur une traînée de carburant près de l'île de Belitung, dans la zone de recherche de l'Airbus, en mer de Java.

«Nous vérifions si c'est du carburant provenant de l'avion d'AirAsia ou d'un bateau, car cet endroit est un couloir maritime», a précisé le porte-parole, Hadi Tjahjanto.

Une annonce à ce sujet est attendue mardi, a ajouté M. Soelistyo.

Pas de limite de temps

Le vice-président indonésien, Jusuf Kalla, a déclaré que des objets détectés en mer ne provenaient pas de l'avion d'AirAsia, à la suite d'informations selon lesquelles un avion de surveillance australien avait repéré quelque chose.

«Cette opération en mer n'est pas facile, en particulier par mauvais temps», a-t-il observé, ajoutant que 15 bateaux et 30 avions participaient aux recherches.

«Le gouvernement ne va pas abandonner et ne fixe pas de limite de temps pour les recherches. Ce qui est important, c'est de retrouver les victimes et l'avion», a souligné M. Kalla.

A bord de l'appareil se trouvaient 155 Indonésiens, trois Sud-Coréens, le copilote français, un Britannique, un Malaisien et un Singapourien.

Mon frère était était un «excellent» professionnel, a affirmé lundi en France la soeur du copilote, Renée.

Des proches de disparus ont passé la nuit à Surabaya dans l'espoir d'obtenir des nouvelles.

«J'espère vraiment, vraiment qu'il y aura des nouvelles sur les personnes à bord. Quelles qu'elles soient, ce qui est important c'est que nous sachions où elles sont», a déclaré à l'AFP Intan, une femme de 28 ans, dont le frère, sa famille et des amis étaient à bord.

«Météo exécrable»

Alors que des rapprochements ont été effectués avec l'avion de Malaysia Airlines (vol MH370) disparu en mars peu après son décollage de Kuala Lumpur sans laisser de traces, le Premier ministre australien a estimé que ces deux incidents n'avaient rien à voir.

«Je pense que ce serait une grosse erreur d'assimiler ce qui arrive en ce moment au cas du MH370», a déclaré Tony Abbott à la radio 2GB de Sydney.

«C'est un avion qui volait dans un couloir habituel à un horaire régulier, il semble qu'il ait été confronté à une météo exécrable et ait perdu de l'altitude», a estimé le chef du gouvernement australien.

Les contrôleurs aériens ont perdu le contact avec l'Airbus du vol QZ8501 environ une heure après son décollage de l'aéroport international de Juanda à Surabaya, à 05h35 heure locale. Il devait atterrir à Singapour à 08h30 (00h30 GMT).

L'avion était exploité par AirAsia Indonesia, une succursale d'AirAsia, compagnie dont le siège est à Kuala Lumpur, en Malaisie, et qui domine le marché du transport aérien low cost en Asie du Sud-Est.

L'appareil avait fait l'objet d'une révision le 16 novembre, a indiqué AirAsia, qui n'a jamais connu d'accidents fatals jusqu'ici.

L'action d'AirAsia à chuté de 12% à l'ouverture de la Bourse de Kuala Lumpur, avant de se reprendre et de terminer en baisse de 8,5%.

2014 est d'ores et déjà une année noire pour l'aviation civile malaisienne, avec la perte de deux avions de la compagnie nationale Malaysia Airlines.

Le 8 mars, le Boeing du vol MH370 disparaissait peu après son décollage de Kuala Lumpur à destination de Pékin, avec 239 personnes à son bord. Sa disparition reste inexpliquée à ce jour. Il se serait abîmé dans le sud de l'océan Indien, à court de carburant.

Le 17 juillet, un autre Boeing de Malaysia Airlines, celui du vol MH17, assurant la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur, explosait en vol, vraisemblablement abattu par un missile, pendant son survol de l'est de l'Ukraine. Il transportait 298 personnes, dont 193 ressortissants néerlandais.

Aucun Canadien à bord du vol

Le ministère canadien des Affaires étrangères affirme que rien ne lui laisse croire que des Canadiens pourraient se trouver à bord de l'avion d'Air Asia disparu depuis samedi soir en Asie du Sud-Est.

Un porte-parole a toutefois indiqué que le gouvernement cherchait encore à confirmer cette information auprès des autorités locales.

Le transporteur aérien a indiqué que la majorité des passagers étaient de nationalité indonésienne. On dénombrait aussi trois Sud-Coréens, un Malaisien et un natif du Royaume-Uni accompagné de sa fille singapourienne âgée de deux ans, en plus du copilote, de nationalité française.

Le ministre des Affaires étrangères John Baird et sa collègue, la ministre d'État aux Affaires consulaires Lynne Yelich, se sont dits attristés par la nouvelle.

Ils encouragent les Canadiens à communiquer avec le Centre de surveillance et d'intervention d'urgence d'Ottawa s'ils croient que l'un des leurs pourrait se trouver à bord de l'avion.

«Les pensées et les prières de notre pays tout entier accompagnent les familles et les amis des disparus durant ce moment éprouvant», ont-ils écrit dans un communiqué.

- La Presse Canadienne

Une famille échappe par miracle au vol fatal

Une famille indonésienne de dix personnes a échappé par miracle au vol malheureux d'AirAsia, n'étant pas arrivée à temps à l'aéroport pour prendre l'avion qui a disparu dimanche peu après son décollage, a indiqué lundi l'un de ses membres.

Christianawati, 36 ans, a raconté que dix membres de sa famille, parmi lesquels sa mère et son frère cadet, s'étaient rendus à l'aéroport de Surabaya, dans l'est de l'île de Java, en Indonésie, pour prendre l'avion de 5 h 30 et aller fêter Nouvel An à Singapour.

Les six adultes avaient initialement réservé le vol de 7 h 30, mais AirAsia les avait transférés sur celui de 5 h 30: «ils nous ont envoyé un courrier et appelé les 15 et 16 décembre pour nous informer que l'horaire de notre vol avait changé, mais nous avons raté ces appels», a ajouté Christianawati.

«Nous sommes donc arrivés à l'aéroport pour prendre le vol de 7 h 30, mais on nous a dit que l'horaire de notre vol avait été avancé à 5 h 30 et que nous étions en retard. Nous étions bien sûr en colère», a-t-elle dit.

«Au moment où les nouveaux billets étaient en train d'être émis, nous avons appris que l'avion qui partait plus tôt s'était écrasé, alors nous avons immédiatement annulé notre vol», a-t-elle ajouté.

«J'étais choquée par la nouvelle et j'ai pleuré. Peut-être que cela venait de Dieu qui a voulu que ma famille et moi ne soyons pas dans l'avion. C'était une bénédiction déguisée», a-t-elle dit.

Désormais, Christianawati et sa famille songent à changer de compagnie aérienne pour les prochains voyages dans la ville État: «Nous allons à Singapour deux fois par an et toujours avec AirAsia. Mais maintenant notre confiance dans AirAsia est ébranlée, et nous devrions simplement prendre Garuda Indonesia».

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