L'industrie du cuir de chien dénoncée

Un jeune Chinois circule à vélo sur le... (Photo William Hong, Reuters)

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Un jeune Chinois circule à vélo sur le cuir de chiens viverrins, qui ressemblent à des ratons laveurs, mais qui font partie de la famille des canidés. «En Chine, il n'y a aucune sanction prévue pour tout ce qui est maltraitance animale», déplore l'organisation de protection des animaux PETA.

Photo William Hong, Reuters

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Les images sont insoutenables. Des chiens, petits comme grands, frisés ou pas, noirs ou blonds, sont frappés violemment avec un bâton et ensuite égorgés pour les vider de leur sang. Puis, on leur retire la peau. Bienvenue dans l'industrie chinoise du cuir de chien, dénoncée par l'organisation de protection des animaux PETA.

Cette «enquête inédite» a été réalisée par la section asiatique de l'organisation, qui a «réussi à s'introduire dans ces manufactures et à en rapporter des images», affirme Isabelle Goetz, porte-parole de PETA France (People for the Ethical Treatment of Animals), qui n'en dit pas plus sur les procédés employés «pour la sécurité des enquêteurs».

Les images que montre la vidéo rendue publique la semaine dernière ont été filmées en novembre. En plus des scènes brutales qu'on y voit, PETA rapporte avoir vu des chiens être «balancés dans l'eau bouillante» afin de «détacher la peau du corps» alors qu'ils étaient encore conscients.

L'organisation dénonce vivement le sort réservé à ces chiens, dont la peau servirait à fabriquer toutes sortes d'articles en cuir, comme des gants, des ceintures ou des sacoches. Le même traitement est aussi infligé à des chats, des lapins, des porcs et des agneaux, selon PETA.

«En Chine, il n'y a aucune sanction prévue pour tout ce qui est maltraitance animale», déplore Isabelle Goetz, qui estime qu'il est difficile d'évaluer l'ampleur du phénomène et à quel point cette industrie est structurée.

«Il est fort possible qu'il y ait des élevages clandestins», souligne-t-elle.

Dans la manufacture infiltrée par PETA, «un employé a dit à l'enquêteur qu'il y avait entre 100 et 200 chiens par jour qui subissaient ce qui se passe dans la vidéo [...], mais ce jour-là, il y en avait environ 300», rapporte Mme Goetz.

Ce qui est certain, pour PETA, c'est qu'il s'agit d'une «industrie florissante, qui prend de l'ampleur en Chine», particulièrement dans la province de Jiangtsu, au nord de Shanghai. Le cuir de chien serait aussi prisé par les manufactures de la Thaïlande, du Cambodge et du Viêtnam.

Sur les marchés occidentaux

La Chine étant «l'un des pays qui exportent le plus de cuir au monde», le cuir de chien se retrouve lui aussi sur les marchés occidentaux, avance PETA sur la base de tests d'ADN. «Beaucoup d'enseignes, d'entreprises, [y] achètent du cuir à bas prix», dit Mme Goetz, qui dénonce l'absence de contrôle sur l'étiquetage.

«On ne peut pas savoir de quelle espèce il s'agit quand on achète du cuir. N'importe où dans le monde», dit-elle.

Le problème est le même que dans l'industrie de la fourrure, dit Isabelle Goetz. «Les capuches qu'on retrouve, en tout cas en France et sur les marchés européens et américains, souvent, ça peut être du chien en fait. Même si l'étiquette dit l'inverse.»

Selon PETA, dont la devise est que «les animaux ne sont pas faits pour être portés, ni mangés», les consommateurs du monde entier devraient tout simplement arrêter d'acheter du cuir, car même si une marque pouvait vraiment certifier la nature de son produit, Isabelle Goetz estime que «la souffrance reste la même».

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