Chine: huit «terroristes» ouïghours condamnés à mort

L'attaque du 30 avril, devant la gare du... (PHOTO PETAR KUJUNDZIC, ARCHIVES REUTERS)

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L'attaque du 30 avril, devant la gare du sud d'Urumqi, avait eu lieu en même temps qu'une visite au Xinjiang du président chinois Xi Jinping, la première depuis son entrée en fonction.

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Sébastien BLANC
Agence France-Presse
PÉKIN

La Chine a condamné lundi à la peine capitale huit personnes pour deux «attaques terroristes» ayant fait une quarantaine de morts au Xinjiang, confirmant ainsi la politique ultra répressive qu'elle mène dans la région à majorité musulmane.

Cinq autres accusés ont été condamnés à la peine de mort assortie du sursis - une sentence d'habitude commuée en prison à vie -, et quatre à diverses peines de réclusion criminelle, ont précisé les médias d'État.

Les attaques se sont produites le 30 avril devant une gare et le 22 mai dans une rue commerçante de la ville d'Urumqi, la capitale du Xinjiang.

Cette immense région, proche de l'Asie centrale et aux confins occidentaux de la Chine, est régulièrement secouée par des troubles meurtriers en raison des fortes tensions entre Han (l'ethnie majoritaire chinoise) et Ouïghours (musulmans turcophones).

Ces derniers sont en partie hostiles à la tutelle de Pékin. Ils se disent victimes de discriminations et exclus des bénéfices du développement dans la région, où s'intensifie l'afflux de populations Han venues du reste du pays.

Les verdicts de la cour pénale intermédiaire d'Urumqi ont conclu un procès entouré d'aucune publicité, comme c'est souvent le cas dans le système judiciaire chinois, encore plus opaque quand il s'agit de terrorisme.

Ni le tribunal ni les proches des accusés n'étaient joignables par téléphone lundi et la presse officielle restait la seule source d'information disponible.

La télévision publique CCTV a diffusé des images des condamnés, revêtus d'un gilet de couleur vive et le crâne rasé, ainsi que comparaissent les criminels présumés en Chine.

Ils n'ont obtenu aucun moyen équitable de se défendre et Pékin refuse de traiter les problèmes du Xinjiang à la racine, a dénoncé dans un communiqué le Congrès mondial ouïghour, une organisation exilée de défense des Ouïghours.

L'attaque du 30 avril, devant la gare du sud d'Urumqi, avait eu lieu en même temps qu'une visite au Xinjiang du président chinois Xi Jinping, la première depuis son entrée en fonction.

Les assaillants, équipés d'armes blanches, avaient fait usage d'explosifs. Le bilan donné alors par les autorités faisait état d'un tué et de 79 blessés, deux assaillants ayant également trouvé la mort.

Le 22 mai, un autre «attentat terroriste», beaucoup plus meurtrier, avait visé une rue commerçante, où les assaillants avaient foncé dans la foule à bord de deux véhicules et en lançant des engins explosifs.

Au total, 39 personnes avaient été tuées, ainsi que quatre assaillants. Plus de 90 personnes avaient été blessées, selon le bilan officiel.



«Dizaines de peines de mort»

Sur les huit condamnés à mort, deux l'ont été pour l'attaque du 30 avril et six, pour celle du 22 mai. Ils ont été reconnus coupables d'avoir «dirigé ou intégré un groupe terroriste», d'avoir «fait détoner des explosifs» et «attenté à l'ordre public par des moyens dangereux».

L'identité de neuf des accusés a été révélée par le Quotidien du peuple, selon qui ils sont porteurs d'un nom à consonance ouïghoure.

Les verdicts annoncés lundi confirment le choix opéré par Pékin au Xinjiang, celui d'une répression implacable contre les militants ouïghours, invariablement qualifiés de «terroristes» ou de «séparatistes».

Cette campagne en cours s'est traduite depuis juin par près de 50 condamnations à mort ou exécutions annoncées officiellement, des centaines d'interpellations, des condamnations de masse suivant des procès expéditifs et des exhibitions publiques de «terroristes».

Le mois dernier, la justice chinoise a par ailleurs confirmé en appel la peine de réclusion à perpétuité infligée pour «séparatisme» à un intellectuel ouïghour, Ilham Tohti, un économiste respecté considéré comme une voix modérée.

L'Union européenne et les États-Unis, ainsi que diverses organisations de défense des droits de l'homme, ont demandé en vain la libération de l'universitaire.

Experts et groupes de défense des droits de l'homme estiment que la politique de Pékin à l'encontre de la culture et de la religion des Ouïghours alimente les tensions au Xinjiang.

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