Génocide: l'idéologue des Khmers rouges dénonce un «conte de fées»

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«Vous avez présenté une histoire qui est simplement, finalement, juste un conte de fées pour enfants», a déclaré l'idéologue du régime, Nuon Chea, 88 ans, à son procès à Phnom Penh devant un tribunal parrainé par l'ONU.

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Agence France-Presse
PHNOM PENH

Un des plus hauts dirigeants khmers rouges encore vivants a dénoncé vendredi un «conte de fées» à son procès pour génocide au Cambodge.

«Vous avez présenté une histoire qui est simplement, finalement, juste un conte de fées pour enfants», a déclaré l'idéologue du régime, Nuon Chea, 88 ans, à son procès à Phnom Penh devant un tribunal parrainé par l'ONU.

Il a qualifié de «parodie de justice décevante» sa condamnation à vie en août pour crimes contre l'humanité dans un premier procès organisé par le même tribunal.

Il ne s'était pas exprimé depuis ce verdict, dont il a fait appel. Tout en admettant une «responsabilité morale», Nuon Chea reste sur sa ligne de défense selon laquelle il ne savait rien d'un plan de génocide.

Ce deuxième procès en cours depuis juillet est entré vendredi dans le vif des accusations de «génocide» commis entre 1975 et 1979.

«Les accusés vont maintenant affronter la justice pour les crimes les plus graves qui leur sont reprochés», a lancé vendredi le procureur Chea Leang aux deux accusés, Nuon Chea et le chef de l'État du «Kampuchéa démocratique» Khieu Samphan, 83 ans.

Quelque 300 survivants du régime ont manifesté devant le tribunal vendredi, demandant des compensations financières aux souffrances endurées.

«Nous sommes les parties civiles. Nous avons besoin de compensations individuelles», pouvait-on lire sur les feuilles de papier tenues par les manifestants.

Le témoignage d'un premier témoin est attendu pour le 27 octobre.

Les deux octogénaires, poursuivis pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, comparaissent depuis 2011 pour leur responsabilité dans la mort de deux millions de personnes, soit un quart de la population du Cambodge, d'épuisement, de maladie, sous la torture ou au gré des exécutions.

Le premier procès s'était concentré sur l'évacuation forcée des villes en application d'une utopie marxiste délirante visant à créer une société agraire, sans monnaie ni citadins.

Le deuxième procès est consacré au génocide des Vietnamiens et de la minorité musulmane des Chams. Entre 100 000 et 500 000 musulmans Chams auraient été tués, et 20 000 Vietnamiens.

Ce deuxième procès doit aussi aborder les mariages forcés et les viols commis dans ce cadre, ainsi que les crimes commis dans plusieurs camps de travail et prisons, dont S-21.

Crimes «odieux»

«La façon dont les Khmers rouges nous ont maltraités est trop odieuse pour être décrite avec des mots. Leur but était d'exterminer notre race», a déclaré à l'AFP Seth Maly, survivante cham de 64 ans, qui a perdu alors ses deux filles et ses parents.

Avant le découpage de la procédure, quatre anciens responsables étaient dans le box des accusés.

Mais la ministre des Affaires sociales du régime Ieng Thirith, considérée inapte à être jugée pour cause de démence, a été libérée en 2012. Son mari Ieng Sary, ancien ministre des Affaires étrangères, est décédé l'an dernier à 87 ans.

Le tribunal, critiqué pour ses lenteurs, avait avant eux condamné à la perpétuité Douch, de son vrai nom Kaing Guek Eav, chef de la prison de Phnom Penh S-21, où 15 000 personnes ont été torturées avant d'être exécutées près de la ville.

Un porte-parole de la cour a estimé que ce deuxième procès devrait se poursuivre jusqu'en 2016.

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