Pékin veut interdire les «architectures grotesques»

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Le nouveau siège de la télévision d'État (CCTV) à Pékin, conçu par l'architecte néerlandais Rem Koolhaas, a provoqué un torrent de sarcasmes - sa forme lui valant le surnom populaire de «Grand Pantalon».

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Agence France-Presse
PÉKIN

Le président chinois Xi Jinping a appelé à stopper l'essor des «architectures bizarres et grotesques», dans un pays où prolifèrent les curiosités urbaines, ont rapporté jeudi des médias d'État, alimentant un vif débat sur l'internet.

À côté des bâtiments du XXe siècle aux formes austères et quasi-soviétiques, les métropoles chinoises ont vu se multiplier ces deux dernières décennies les innovations architecturales, accompagnant l'explosion du secteur immobilier et la poussée de l'urbanisation.

Des conditions idéales pour attirer des architectes du monde entier, dont de grands noms comme Zaha Hadid - mais aussi nombre de jeunes inconnus, saisissant en Chine des occasions qu'ils n'auraient pas eues dans leur pays d'origine à ce stade de leur carrière.

Mais au fil des ans, certains bâtiments et tours à l'aspect particulièrement déconcertant - souvent des projets coûteux commandés par des organismes d'État ou avec leur appui - ont suscité de vives controverses, alimentant des critiques acerbes sur l'usage à mauvais escient de fonds publics.

Le nouveau siège de la télévision d'État (CCTV) à Pékin, conçu par l'architecte néerlandais Rem Koolhaas, a provoqué un torrent de sarcasmes - sa forme lui valant le surnom populaire de «Grand Pantalon».

Une paire d'arches sur des ponts traversant les fleuves Yangtsé et Jialing dans la métropole de Chongqing (sud-ouest) évoque immanquablement des organes génitaux féminins - ce que relèvent d'abondants commentaires sur le web.

Mais Xi Jinping, à la tête du pouvoir depuis près de deux ans, veut en finir avec ces «incongruités»: s'exprimant mercredi devant une délégation d'artistes, il a décrété que la Chine devait dire «stop aux architectures bizarres et grotesques», selon le Quotidien du Peuple, organe du Parti communiste.

À vrai dire, le siège même de ce quotidien - une tour pékinoise étrangement chapeautée, dont la silhouette est unanimement qualifiée de «phallique» - a été tellement moqué et raillé de façon grivoise sur les réseaux sociaux, que les censeurs y ont banni un temps toute discussion sur le sujet.

Si beaucoup d'internautes saluaient jeudi les injonctions du président Xi, d'autres se montraient plus modérés.

«Mon sentiment, c'est que ce "non aux architectures bizarres" vise davantage les promoteurs que les architectes. Les propriétaires de tours sans égards (pour le paysage urbain) doivent être mis hors d'état de nuire», lançait un usager de Weibo, le «Twitter chinois».

Un autre répliquait, dans un microblogue: «On nous parle «grotesque», mais ces projets ont été librement conçus et choisis par les architectes et les promoteurs. Veut-on imposer le même sens de l'esthétique à des millions de personnes?».

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