Cauchemar dans les montagnes du Népal

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Sylvie Marois était guide pour Terra Ultima. Elle serait décédée dans l'avalanche qui a frappé le Népal.

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« Nous marchions un à un, pour plus de sécurité. D'un seul coup, une avalanche est arrivée depuis le sommet. Nous avons crié : "Avalanche ! Avalanche !" Tout le monde a couru. Malheureusement, trois personnes ont disparu. »

Joint tard hier soir au Népal, Kusang Sherpa a raconté à La Presse la tragédie qui a vraisemblablement coûté la vie à trois Québécoises, mardi, au Népal. Le guide accompagnait le groupe de six randonneurs, qui voyageait avec l'agence de tourisme montréalaise Terra Ultima.

Survenue vers midi, l'avalanche a emporté trois membres du groupe, ceux qui marchaient aux extrémités de la file indienne. Selon diverses sources, l'une des femmes disparues serait Sylvie Marois, 54 ans, randonneuse aguerrie et formatrice en tourisme d'aventure au cégep de Saint-Laurent. Les deux autres randonneuses qui manquent à l'appel seraient âgées dans la trentaine et dans la cinquantaine.

« On ne pense pas les retrouver en vie, se désole Kusang Sherpa, qui a préféré taire le nom des victimes. La météo a été froide. Nous n'avons pas pu aller les chercher, parce qu'il n'y avait pas de sécurité. » 

Les secours prévoient reprendre leurs recherches ce matin.

Le groupe de Québécois était à mi-chemin d'un voyage de trois semaines dans la région du Naar-Phu, un secteur vallonneux situé non loin des sommets du mont Annapurna, où une deuxième avalanche a frappé. Ils avaient quitté le Québec le 3 octobre.

Au total, de 17 à 20 personnes seraient mortes dans l'avalanche, alors qu'un violent blizzard frappait la région, mais le bilan pourrait augmenter, préviennent les autorités sur le terrain. Des touristes et des Népalais font partie des victimes.

Conditions météo anormales

La météo que la région a connue au cours des derniers jours « sort complètement des pronostics », a déclaré le directeur des opérations de Terra Ultima, François-Xavier Bleau. Comme lui, des habitués de la montagne ont rappelé que le passage du cyclone Hudhud le week-end dernier sur la côte a bouleversé les conditions climatiques, provoquant d'importantes chutes de neige sur une partie de la chaîne himalayenne.

« C'est un phénomène anormal », a confirmé l'alpiniste et conférencier Gabriel Filipi, qui cumule une vingtaine de visites dans la chaîne de l'Himalaya. « Pour le circuit d'Annapurna, les mois d'octobre et de novembre sont idéaux. C'est l'automne, le ciel est bleu et il y a habituellement peu de pluie. »

« Techniquement, c'est de la marche sur sentiers », a ajouté François-Xavier Bleau. 

« C'est une région relativement sèche, à la frontière du Tibet. Mais après le typhon, il y a eu des précipitations de neige inégalées. » 

Le groupe, déduit-il, a été pris dans une avalanche.

Renée Claude Bastien, qui mène habituellement la randonnée au Naar-Phu, formule la même hypothèse. Abasourdie, elle préfère évoquer des « disparus » plutôt que des morts.

Le ministère des Affaires étrangères du Canada n'a quant à lui donné aucun détail sur le nombre de Canadiens morts ou de personnes portées disparues.

Une journée difficile aujourd'hui

Les familles seront nombreuses à se ronger les sangs au cours des prochains jours : quelque 168 touristes se seraient inscrits pour faire de la randonnée dans le secteur du mont Annapurna.

Déjà, hier soir, des dizaines de personnes partageaient sur Facebook des informations sur leurs proches dans l'espoir de les retrouver. Les Canadiennes Virginia Schwartz et Jane Van Criekingen, originaires du secteur d'Ottawa, feraient partie des disparues.

« Je reste optimiste que le bilan n'est pas trop lourd », a lancé Gabriel Filipi. Il est le seul Québécois à avoir conquis l'Everest par ses deux versants, et il connaît bien les capacités des secours népalais. « Le Népal est habitué de travailler dans des régions éloignées : c'est la nature même du pays. »

Les secours, soutenus par des hélicoptères loués par des agences de trekking et un hélicoptère de l'armée népalaise, étaient déjà parvenus à récupérer 22 randonneurs, hier, quand le temps s'est dégagé. Ils tentaient aussi de renouer le contact avec plus d'une centaine de personnes dans des zones difficiles d'accès.

- Avec La Presse Canadienne et Reuters

Un autre groupe de Québécois dans la région

L'agence de voyages Karavaniers compte aussi un groupe de neuf randonneurs dans la région touchée par les chutes de neige. Tous sont sains et saufs et devraient être évacués vers 7 h 30 ce matin, heure du Québec. Le fondateur de Karavaniers, Richard Rémy, et la copropriétaire de l'entreprise Happy Yak, Christiane Chénard, font partie du groupe. « Ils sont encore dans la région du Mustang. Ils vont être rapatriés dans la ville de Jomson par hélicoptère dès que ce sera possible », a dit à La Presse le partenaire d'affaires et ami de Mme Chénard, Guy Dubuc.

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