Les Hongkongais manifestent pour la démocratie

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Chaque année le 1er juillet, jour anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997 par le Royaume-Uni, des milliers de Hongkongais descendent dans la rue pour manifester leur attachement aux valeurs démocratiques.

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Aaron TAM
Agence France-Presse
HONG KONG

Les Hongkongais sont descendus en masse dans la rue mardi pour clamer leur attachement à la démocratie, un défilé traditionnel en ce jour anniversaire du retour du territoire à la Chine, marqué cette année par une défiance croissante envers Pékin.

Le parc Victoria, départ de la marche, et les avenues attenantes étaient noires de monde. Les organisateurs tablent sur une participation record, proche du demi-million (pour une population de 7,2 millions).

«Nous voulons une véritable démocratie» proclamaient nombre de banderoles. Par une chaleur accablante et humide, plusieurs manifestants entonnaient la version cantonaise de «Do you hear the people sing?» (Entends-tu le peuple chanter?), une chanson tirée de la comédie musicale «Les Misérables» inspirée de l'oeuvre de Victor Hugo.

Le défilé intervient peu après la tenue d'un référendum officieux sur l'instauration du suffrage universel direct, auquel ont participé près de 800 000 votants, alors que les organisateurs du scrutin, là encore des militants prodémocratie, tablaient sur seulement 300 000 votants.

Pékin a qualifié ce référendum d'illégal, antipatriotique et motivé par la «paranoïa politique».

Chaque année le 1er juillet, jour anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997 par le Royaume-Uni, des milliers de Hongkongais descendent dans la rue pour manifester leur attachement aux valeurs démocratiques.

Paul Yip, statisticien à l'université de Hong Kong, dirige mardi une équipe de 15 personnes chargées de fournir une estimation «indépendante» de la participation, source de contestations entre la police et les organisateurs.

Le défilé de 2003 avait atteint les 500 000 participants, indignés par une proposition de loi sur la sécurité qui avait finalement été retirée par le gouvernement de Hong Kong.

Mardi matin, lors d'une cérémonie de commémoration, le chef de l'exécutif de Hong Kong, Leung Chun-ying, élu à son poste par une assemblée largement acquise à Pékin, a appelé au calme et à la stabilité.

«Nous devons éviter de faire quoi que ce soit qui mine la stabilité et la prospérité de Hong Kong», a-t-il déclaré.

Ça ressemble de plus en plus à la Chine

Les associations prodémocratie ont menacé d'organiser un sit-in géant dans le quartier des affaires d'ici la fin de l'année, si le gouvernement ne propose pas de réformes électorales donnant la possibilité aux citoyens de choisir leurs dirigeants.

L'ancienne colonie britannique possède le statut de région administrative spéciale (RAS) et bénéficie en principe d'une large autonomie en vertu du modèle «un pays, deux systèmes».

Ses habitants jouissent notamment d'une liberté de parole inconnue sur le continent, et d'un système judiciaire hérité du droit anglais.

Mais les Hongkongais perçoivent une érosion de ces droits et s'inquiètent de la mainmise de Pékin sur les affaires du territoire.

«Hong Kong devient un endroit avec de moins en moins de liberté», déclare à l'AFP Eric Wong, un photographe de 24 ans. «Ça se met à ressembler à la Chine continentale».

Le gouvernement de Hong Kong avait tenté en 2012 d'imposer des cours de patriotisme dans les écoles, avant de reculer devant l'ampleur des protestations.

Cette année, plusieurs journalistes ont été violemment agressés, dont l'ancien rédacteur en chef d'un journal libéral, blessé à coups de couteau.

Et début juin, Pékin a publié un Livre blanc sur Hong Kong, interprété comme une mise en garde aux habitants du territoire de ne pas franchir les limites de son autonomie.

Mardi matin, un petit groupe de protestataires a brûlé une copie de ce Livre blanc et une photo du chef du gouvernement, Leung Chun-ying, avant d'être arrêté par la police à proximité de la cérémonie du lever de drapeau.

La police intervient

La police de Hong Kong est intervenue mercredi au petit matin pour déloger des centaines de manifestants qui refusaient de quitter le quartier des affaires du territoire, après une manifestation pro-démocratie à laquelle ont participé des centaines de milliers d'habitants.

Les forces de l'ordre sont intervenues vers 3 h (20 h au Québec) à Central, quartier de l'île de Hong Kong où se trouvent de nombreuses banques et des centres commerciaux. Elles ont délogé des manifestants du défilé de la veille qui avaient décidé de rester sur place jusqu'au matin.

Plusieurs sont partis volontairement mais d'autres se sont allongés sur le sol et refusé de bouger, alors que la police se disait prête à faire usage de «la force nécessaire» s'ils n'embarquaient pas dans des bus amenés sur place. Elle les a ensuite déplacés en les portant.

Ceux qui ont refusé de quitter les lieux sont en état d'arrestation pour «obstruction et danger aux usagers de la route», a indiqué un responsable de la police.

Vers 6 h, seul un petit groupe de protestataires était encore sur place, entonnant des chants face à la police.

La police n'était pas encore en mesure de préciser le nombre de personnes arrêtées.

La veille au soir, des centaines de milliers de HongKongais ont défilé dans les rues du territoire pour réclamer la démocratie, 17 ans jour pour jour après la rétrocession du territoire à la Chine.

Chaque année, le 1er juillet est marqué par des défilés pro-démocratie mais cette fois, les organisateurs estiment que la participation a atteint plus d'un demi-million de personnes, un chiffre record.

Les estimations officielles évoquent, elles, une participation de 98 600 personnes.

Les manifestants réclament notamment le droit d'élire leur dirigeant, qui est pour le moment porté au pouvoir par une assemblée largement acquise à Pékin. La Chine est d'accord pour que les HongKongais votent librement, mais pour des candidats approuvés par ses soins.




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