Comme Ai Weiwei, des milliers d'internautes s'arment... de leur jambe

L'artiste iconoclaste et pacifiste, bête noire des autorités... (PHOTO AI WEIWEI, INSTAGRAM)

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L'artiste iconoclaste et pacifiste, bête noire des autorités communistes, a publié un cliché où on le voit, coiffé d'un chapeau de paille, mettre en joue une cible imaginaire en tenant dans ses mains sa jambe.

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Agence France-Presse
PÉKIN

Des milliers d'internautes du monde entier se sont photographié ces derniers jours en train d'«épauler» une arme non létale - leur propre jambe -, imitant un geste de l'artiste chinois Ai Weiwei en référence à l'actuelle campagne antiterroriste en Chine.

L'artiste iconoclaste et pacifiste, bête noire des autorités communistes, a publié un cliché où on le voit, coiffé d'un chapeau de paille, mettre en joue une cible imaginaire en tenant dans ses mains sa jambe.

Ai Weiwei, très actif sur les réseaux sociaux, a créé un «mème», ainsi que l'on appelle ces phénomènes repris et déclinés en masse sur l'internet, avec le hashtag «gunleg».

Il a lui-même sélectionné et mis sur son compte Instagram une sélection de photos prises aux quatre coins de la planète et représentant des internautes dénonçant le recours aux armes à feu avec ce geste moqueur.

En Chine, où Instagram n'est pas censuré contrairement à Facebook ou Twitter, de nombreuses personnes ont aussi publié leur photo sur leur compte de microblogues ou l'ont envoyée grâce à WeChat, une application mobile de messagerie instantanée très populaire.

L'imagerie patriotique maoïste a même été détournée sur des affiches où les soldats de l'Armée populaire de libération brandissent leur jambe à la place de leur fusil.

Ai Weiwei a souvent par le passé critiqué l'omniprésence et l'omnipotence des forces de sécurité en Chine et ses oeuvres d'art véhiculent des messages libertaires qui hérissent le pouvoir.

Confrontée à des attaques perpétrées par des militants de la région musulmane du Xinjiang, la Chine a récemment lancé une campagne de répression musclée alliant vagues d'arrestations de suspects, procès sommaires, voire exhibitions publiques de condamnés.

Lundi, quelques heures après la condamnation à la peine capitale de trois «terroristes» du Xinjiang, les médias chinois ont annoncé l'exécution de 13 autres personnes de la région, également pour terrorisme.




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