Wukan, un bourg côtier de 13 000 habitants dans la province de Canton, a fait les grands titres de la presse internationale en décembre lorsque ses habitants se sont rebellés contre des saisies de terres à répétition. En dépit de la censure, ce soulèvement a été très suivi sur les sites de microblogs en Chine.
Les habitants ont chassé les cadres communistes accusés d'avoir saisi des terres pour les vendre à des promoteurs, avant que la répression ne se déchaîne. La bourgade a été soumise à un blocus et les leaders de la rébellion ont été arrêtés. L'un d'eux est mort en prison.
Mais le gouvernement de la province a finalement capitulé et fait quelques concessions aux habitants, notamment cette élection singulière dont une première étape s'est déroulée le 11 février.
Ce samedi-là, les habitants ont élu une centaine de représentants -dont la fille du meneur de la rébellion mort en prison- qui devaient présenter à leur tour des candidats pour l'élection, le samedi 3 mars, des sept membres du comité qui dirigera le village à l'avenir.
Tout le monde participe. Je veux voter pour quelqu'un d'honnête, je ne veux pas d'un autre responsable corrompu», a déclaré à la veille du scrutin Wu, une habitante qui tient une petite échoppe de restauration dans le bourg.
En attendant, un des leaders de la révolte, Lin Zuluan, a été nommé chef du parti communiste pour Wukan, remplaçant un homme d'affaires qui avait occupé ce poste pendant 42 ans et était accusé de voler la terre pour la vendre à des promoteurs.
La Chine -État doté d'un système de parti unique où les dirigeants ne sont pas élus par le peuple- permet aux villageois de voter au niveau local pour un comité censé les représenter. Mais avant la révolte, le comité était choisi par les dirigeants communistes, à huis clos.
Si les habitants ont droit cette fois-ci à un choix autre, les comités de village restent en dernière instance soumis aux ordres du parti communiste.