Athènes piétine l'ultimatum de la zone euro

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Le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

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Hélène COLLIOPOULOU
Agence France-Presse
Athènes

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a fait fi mardi de l'ultimatum fixé à vendredi par la zone euro pour demander une extension du programme d'aide de l'UE au pays, en annonçant pour le même jour le vote de lois sociales proscrites par ce programme.

Parallèlement, cependant, le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a déclaré mardi soir à la télévision allemande qu'Athènes allait demander une extension du financement européen «de quelques mois pour avoir assez de stabilité afin que nous puissions négocier un nouvel accord entre la Grèce et l'Europe».

Un peu plus tôt, une source gouvernementale grecque avait indiqué à Athènes que le gouvernement envisageait de demander l'extension du financement européen, qu'elle «distingue clairement du mémorandum».

Le mémorandum - le programme d'aide imposé à la Grèce depuis 2010 par la «troïka» de ses créanciers (UE, FMI, BCE) - prévoit 240 milliards d'euros de prêts, mais en échange de mesures économiques pesant très lourd sur la population.

Le nouveau gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras, arrivé au pouvoir fin janvier, rejette totalement désormais ces instructions venues de l'extérieur. Il demande quelques mois, et de l'argent en attendant, pour préparer son propre programme de réformes.

Or lundi soir, une réunion entre ministres des Finances de la zone euro, ou Eurogroupe, a tourné court à Bruxelles, les grands argentiers inscrivant l'expression «poursuite du programme actuel» dans leur projet de communiqué.

Les Grecs ont refusé sèchement. Sourd à ce refus, l'Eurogroupe a donné jusqu'à vendredi à Athènes pour reconsidérer sa position et demander quand même l'extension du programme au-delà du 28 février. Sinon, la Grèce peut se trouver sans financement.

«La Grèce n'accepte pas les conditions et les ultimatums», a lancé Alexis Tsipras mardi devant les parlementaires de son parti Syriza.

Pour enfoncer le clou, il a annoncé que de premières mesures sociales promises aux Grecs pendant la campagne - sur les saisies immobilières ou l'étalement sur 100 mois des remboursements de prêts pour les plus démunis - seraient votées dès vendredi, à l'encontre des préconisations du programme d'aide. M. Tsipras en a même rajouté, annonçant que suivraient des mesures portant cette fois sur le retour des conventions collectives dans les entreprises, actuellement suspendues par les memorandums.

Possibilité d'un «programme intermédiaire»

Selon M. Tsipras, l'échec de la réunion de lundi incombe principalement au chef de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, accusé d'avoir «remplacé par un nouveau texte» un autre, manifestement plus acceptable pour Athènes, qui «faisait allusion à l'extension de l'accord de financement et non à celle du mémorandum».

C'est en quelque sorte le retour sur la table de ce texte que souhaiterait désormais Athènes.

Selon la chaîne publique Nerit, la Grèce «va adresser mercredi une lettre à Jeroen Dijsselbloem, pour demander une extension de six mois de l'accord de financement qui pourra prendre la forme d'un programme intermédiaire». D'après Nerit, «les autorités grecques s'engageraient pendant cette période à oeuvrer avec leurs partenaires européens et internationaux» pour l'assainissement de l'économie.

«Avec l'Europe, nous voulons une solution, pas une rupture», a assuré M. Tsipras dans son discours. Il a déploré au passage que «le climat à l'Eurogroupe ne soit pas le même qu'au sommet européen», auquel il a participé la semaine dernière avec les autres chefs d'État et de gouvernement. Une enceinte plus «politique» et moins «technocratique», selon ses termes, où manifestement il s'est senti mieux entendu.

La riposte de la Grèce ravive le scénario d'un «Grexit», une sortie désordonnée de la zone euro. Sans soutien de ses créanciers, Athènes risque de se retrouver rapidement à court d'argent.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble n'a rien semblé céder mardi. Déclarant que «personne n'a très bien compris si la Grèce sait ce qu'elle veut», il a martelé qu'elle doit «s'engager de manière claire, solide et crédible à remplir le programme, si ce n'est pas à la fin février, à une date dont on puisse discuter».

Mercredi, le Parlement grec élira un nouveau président de la République. Malgré la présence d'un concurrent, le candidat du gouvernement Prokopis Pavlopoulos - un ancien ministre conservateur, à ce titre soutenu aussi par le principal parti d'opposition Nouvelle Démocratie - devrait obtenir les 180 voix sur 300 nécessaires à son élection au premier tour.

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