Le caribou des bois plus menacé que jamais à Val-d'Or

Il reste un maximum de 15 caribous des bois... (Photo David Boily, Archives La Presse)

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Il reste un maximum de 15 caribous des bois dans la harde de Val-d'Or. Il en faut 50 pour assurer la survie d'une harde.

Photo David Boily, Archives La Presse

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À moins d'un miracle, il faudra dire adieu au caribou des bois à Val-d'Or. C'est ce qui ressort d'un document rendu public récemment par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) dans le cadre d'une évaluation pour l'ouverture et l'exploitation d'une mine d'or par la société Akasaba.

Le document en question est un avis faunique délivré par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. L'avis s'opposait au tracé d'une voie de contournement prévu par l'entreprise forestière EACOM en plein dans l'habitat du caribou à Val-d'Or, une population dont le taux de perturbation est déjà très élevé.

Le Ministère s'opposait à ce que le document soit rendu public dans le cadre des audiences du BAPE sur le projet de la société minière à Val-d'Or. Le BAPE a plutôt donné raison à Action Boréale Abitibi Témiscamingue, qui plaidait pour sa divulgation.

Selon l'avis faunique, signé par deux biologistes du secteur Faune, « ce tracé est contraire à toutes les recommandations émises tant par le gouvernement provincial que fédéral pour la protection du caribou forestier et, plus particulièrement, de la population isolée de Val-d'Or ». L'avis proposait aussi d'autres scénarios afin de diminuer les perturbations pour le caribou.

93,5%
Taux de perturbation estimé pour la population de caribous des bois de Val-d'Or
60%
Chances de survie d'une population de caribous avec un taux de perturbation de 35%

Or, selon Henri Jacob, président du groupe Action Boréale Abitibi Témiscamingue, le Ministère aurait néanmoins accepté le tracé proposé par EACOM et écarté les solutions proposées par ses propres experts.

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs n'a pas rappelé La Presse.

UN DIACHYLON SUR UNE HÉMORRAGIE

Selon Pier-Olivier Boudreault, chargé de projet en conservation à la Société pour la nature et les parcs (SNAP), le gouvernement doit reconnaître qu'il n'a pu sauver cette population, considérant qu'il reste un maximum de 15 individus, un nombre nettement en deçà des minimums requis (50 individus) pour assurer la survie d'une harde.

« Tout ce qu'on fait présentement, c'est mettre un diachylon sur une hémorragie », affirme M. Boudreault.

Selon M. Jacob, il faut arrêter de dépenser des milliers de dollars pour essayer de sauver les caribous de Val-d'Or. Il faut surtout éviter de répéter les mêmes erreurs avec d'autres hardes, ajoute-t-il. « Le caribou est une espèce très sensible au dérangement », précise Henri Jacob.

Une de ces hardes se trouve à La Sarre, au nord-ouest de Val-d'Or. « On a peut-être manqué le bateau pour Val-d'Or, il ne faut pas le manquer La Sarre, où se trouve une harde qui compte de 500 à 600 individus », signale Pier-Olivier Boudreault.

Selon la SNAP, le gouvernement du Québec aura des occasions de protéger le caribou au cours des prochains mois. « Québec a annoncé son plan d'action récemment, nous sommes donc dans une période où on laisse la chance au coureur. »

Le caribou des bois est une espèce en péril dont le sort pourrait se régler devant les tribunaux, puisque la SNAP juge que la ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenne, manque à ses obligations légales en vertu de la Loi sur les espèces en péril.




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