Les scientifiques au chevet du climat

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Les scientifiques rappellent que pour rester sous 2 °C, le monde devra réduire de 40 à 70 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050 et arriver à la «neutralité carbone» à la fin du siècle.

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Catherine HOURS
Agence France-Presse
PARIS

Après avoir accumulé les preuves du rôle de l'homme dans le réchauffement de la planète, les scientifiques, réunis à l'UNESCO à Paris, à cinq mois de la COP21, veulent mettre l'accent sur les pistes pour agir.

Alors que la communauté internationale se retrouvera en décembre sous l'égide de l'ONU pour tenter de trouver un accord contre le dérèglement climatique, 2000 experts du monde entier et de toutes disciplines sont rassemblés jusqu'à vendredi pour partager leurs travaux, et rappeler aux gouvernements que l'heure des choix est venue.

«Le monde est à un carrefour critique», a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans un message lu en son absence. «Et cette conférence ne pouvait pas mieux tomber».

Le GIEC, le groupe des experts climat de référence, qui a publié en 2014 la dernière synthèse de la recherche mondiale, a montré que «la température des surfaces terrestre et océanique a crû globalement de près de 1 °C (depuis le début du 20e siècle), et que dans certaines parties d'Afrique, d'Asie, d'Amérique du Nord et du Sud, la hausse va jusqu'à 2,5 °C», a rappelé M. Ban. «Et le GIEC nous dit que nous allons vers un réchauffement de 5-6°C si rien n'est fait».

«Il est clair» que les engagements de réduction des gaz à effet de serre publiés depuis mars par les États dans le cadre des négociations «ne suffiront pas à nous permettre de garder l'objectif de +2 °C». «Il est essentiel d'avancer sur les financements, la confiance, les connaissances, les technologies...», a-t-il énuméré.

Pour le secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale, Michel Jarraud, «il est encore possible de changer le cours des choses et atténuer le changement climatique (...), mais le temps presse».

«Les décideurs peuvent compter sur des informations scientifiques pour (nous) acheminer vers des solutions plus rationnelles», a-t-il relevé, qu'il s'agisse d'urbanisme, santé, agriculture, gestion de l'eau...

De l'alerte aux solutions

Les scientifiques rappellent que pour rester sous 2 °C, le monde devra réduire de 40 à 70 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050 et arriver à la «neutralité carbone» à la fin du siècle.

«Seul un accord ambitieux sur la réduction des émissions mettra le monde sur la voie d'un développement durable», a rappelé Flavia Schlegel, directrice générale adjointe de l'UNESCO, pour qui «notre avenir repose sur les liens entre l'information scientifique et les politiques».

«Ce n'est pas aux scientifiques de dire aux gouvernements ce qu'ils doivent faire en décembre, mais ils ont un rôle important à jouer pour éclairer leurs choix», explique Chris Field, directeur du département d'Écologie globale de l'Institut Carnegie (É.-U.). «Il existe une large gamme de solutions basées sur des résultats scientifiques et qui sont économiquement soutenables».

Les experts venus à Paris représentent un large panel de disciplines: physique, géographie, technologie, mais aussi économie, sciences politiques...

Car les sciences du climat évoluent, alors que le réchauffement s'accélère, explique à l'AFP le climatologue Hervé Le Treut, président du comité d'organisation de la conférence.

«Nos sciences sont passées de sciences de l'alerte, un domaine "simple" où la question était unique - est-ce dangereux d'émettre des gaz à effet de serre? - à des sciences confrontées à des questions multiples: que peut-on faire dans tous les domaines?»

Plus de 160 ateliers sont prévus cette semaine, sectoriels (océans, Arctique, forêt...) ou non, consacrés à la lutte contre le réchauffement comme aux politiques d'adaptation.

L'occasion de faire le point de l'état de la recherche, mais aussi des progrès espérés, notamment dans la prédictibilité des événements climatiques extrêmes et la circulation atmosphérique.

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