Le CO2 réchauffe notre planète, mais refroidit la haute atmosphère

À basse altitude, le dioxyde de carbone est... (Photo Reuters)

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À basse altitude, le dioxyde de carbone est tellement concentré qu'il renvoie vers la Terre les rayonnements du Soleil, produisant le fameux «effet de serre», mais au-delà de 90 km d'altitude, le CO2 est trop ténu pour retenir cette chaleur.

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Agence France-Presse
Paris

Si le CO2 réchauffe la surface de notre planète, il refroidit en revanche la haute atmosphère terrestre, avec une conséquence inattendue: les satellites qui s'y trouvent resteront plus longtemps en orbite, mais risquent de croiser davantage de débris spatiaux.

Dans une étude publiée dimanche par la revue britannique Nature Geoscience, des chercheurs ont étudié l'impact de l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère sur sa partie la plus élevée, surnommée «thermosphère» et qui débute à partir de 90 km d'altitude.

Comme c'est le cas pour les couches atmosphériques basses, le CO2 a augmenté régulièrement dans la thermosphère entre 2004 et 2012, selon les calculs effectués à partir d'observations satellitaires par l'équipe de John Emmert, du département des sciences spatiales du laboratoire de recherches de la marine américaine.

Cette tendance suit celle de l'émission du CO2 par les activités humaines, qui jouent un rôle important dans le réchauffement climatique, relèvent les chercheurs.

Mais alors qu'à basse altitude le dioxyde de carbone est tellement concentré qu'il renvoie vers la Terre les rayonnements du Soleil, produisant le fameux «effet de serre», au-delà de 90 km d'altitude, le CO2 est trop ténu pour retenir cette chaleur.

À l'inverse, il réagit avec des atomes d'oxygène, ce qui a pour effet d'envoyer ces rayonnements vers l'espace et de faire chuter la température.

Plus le CO2 augmente dans la thermosphère, plus il y fait froid, et cette couche de l'atmosphère devient moins dense.

Conséquence: les satellites qui évoluent en deçà de 1200 km d'altitude subissent moins la force de l'atmosphère, qui les attire vers la Terre, et seront donc moins souvent contraints de rehausser leur orbite, à l'instar de la Station spatiale internationale (ISS), explique à l'AFP Hugh Lewis, spécialiste du sujet à l'Université britannique de Southampton.

«C'est un point positif. Il y a cependant un revers à la médaille: la durée de vie des débris spatiaux sera prolongée de la même manière», souligne-t-il.

«Par conséquent, les débris spatiaux vont s'accumuler plus rapidement et nous assisterons à davantage de collisions», estime M. Lewis.

Pour nous autres Terriens en revanche, les risques d'une retombée des satellites, déjà très faibles, s'en trouveront encore réduits.

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