Sur la route d'Énergie-Est: un sujet sensible

Élise Boutin-Michaud et Jean-Philippe Champagne sont les propriétaires de... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)

Agrandir

Élise Boutin-Michaud et Jean-Philippe Champagne sont les propriétaires de l'auberge et chocolaterie La Fée Gourmande.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

(Kamouraska) Élise Boutin-Michaud et Jean-Philippe Champagne sont propriétaires de l'auberge et chocolaterie La Fée Gourmande à Kamouraska, une entreprise fort connue dont la réputation dépasse largement les frontières de la région.

La femme d'affaires porte toutefois une autre casquette: elle est aussi depuis l'automne directrice principale, Communication d'entreprise, pour la firme de relations publiques Edelman, qui a réalisé plus tôt cette année un plan de communication sur le projet d'oléoduc Énergie Est, pour le compte de son client TransCanada.

Ex-client en fait, puisque la société pétrolière a largué la firme mercredi, une semaine après la fuite du plan stratégique d'Edelman. Le document, rendu public par Greenpeace, contenait des passages embarrassants, en recommandant notamment de «mettre de la pression» et de «distraire» les écologistes opposés au projet, en scrutant par exemple leurs antécédents judiciaires.

Cette fuite a suscité de nombreuses critiques, forçant TransCanada à mettre fin à son partenariat avec Edelman, dans l'espoir de recentrer le débat sur le projet et non sur son choix de firme de consultants.

«Manque de solidarité»

Dans la région, quelques voix déplorent le «manque de solidarité» de Mme Boutin-Michaud. «Cette femme vient s'installer ici entre autres pour profiter des beautés du coin. Le fait d'accepter de jouer un rôle dans un tel projet, c'est frustrant!», peste Roméo Bouchard, un militant environnemental qui habite la région depuis 40 ans. «On ne va pas faire de lynchage ou appeler au boycott, elle a pleinement le droit d'avoir un commerce ici, mais ce projet ne mérite pas qu'on lui sacrifie notre héritage le plus précieux. », tranche l'homme de 78 ans, qui admet que le sujet est devenu hautement émotif dans la région.

Nous avons rencontré Mme Boutin-Michaud à sa chocolaterie de Kamouraska, au lendemain du divorce commercial entre sa firme et TransCanada.

Elle a préféré ne pas commenter les récents événements. Jean-Philippe Champagne a néanmoins tenu à corriger de tir en s'adressant à ceux qui seraient tentés de voir des liens entre le travail de Mme Boutin-Michaud, le pipeline et la chocolaterie. «Il n'existe aucun lien entre le projet de pipeline et notre travail ici. On travaille d'arrache-pied, avec tout le monde, et nous avons une super bonne réputation. On a beau essayer de trouver des liens entre les deux emplois, ça n'a absolument rien à voir», martèle Jean-Philippe Champagne.

Il ajoute que TransCanada est un contrat comme un autre pour la firme Edelman et que Mme Boutin-Michaud n'a rien à voir avec la venue ou non d'un pipeline dans la région.

Est-il pour ou contre le projet? «Honnêtement, je n'ai encore aucune opinion là-dessus. C'est complexe et nous n'avons pas encore toutes les informations», croit M. Champagne.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer