New York à l'heure des «cinémas boutiques»

Le Metrograph a vu le jour dans le... (Photo Joshua Bright, archives The New York Times)

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Le Metrograph a vu le jour dans le Lower East Side en mars dernier. Outre un bar, un élégant restaurant et un kiosque à friandises, ce cinéma de deux salles possède une petite librairie consacrée au septième art.

Photo Joshua Bright, archives The New York Times

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Yves Schaeffner

Collaboration spéciale

La Presse

(New York) Qui l'eût cru? Alors qu'on ne parle que de Netflix et de visionnement en rafale, plusieurs cinémas viennent d'ouvrir leurs portes à New York. Leurs particularités? Une déco glam, de délicieux cocktails et une ambiance cool pour redonner le goût des salles obscures à la génération Tinder.

«Honnêtement, je pense que s'il y a tant de cinémas qui ferment à l'heure actuelle, c'est parce qu'ils n'ont pas su s'adapter», soutient Tim Chung, le manager et copropriétaire de Syndicated, un élégant nouveau cinéma qui fait aussi office de bar et de restaurant à Brooklyn.

Tim Chung n'a pas 30 ans, mais il rêvait d'un autre type de cinéma, un cinéma qui évoque un peu l'âge d'or d'Hollywood.

Après bien des efforts, il a finalement vu son rêve se concrétiser il y a six mois. Il a ouvert Syndicated dans un ancien entrepôt de Bushwick (le Mile End de Brooklyn). 

Sous d'immenses plafonds, une grande salle aux accents néo-Art déco accueille un bar et un restaurant. Il y a d'élégantes banquettes grises sur un côté, tandis qu'un mur peut recevoir les images de projecteurs lors d'événement spéciaux (la soirée des Oscars, par exemple).

Au centre, un imposant îlot sert de bar. Ici, le Coca-Cola cède la place à des bières artisanales et à des cocktails étudiés. On pourrait se croire dans un énième resto-bar branché si un employé ne venait pas régulièrement annoncer le début d'une projection.

En effet, au fond d'un couloir, une autre pièce sert de salle de cinéma pouvant accueillir une bonne cinquantaine de personnes. Chaque rangée possède une série de tables où les spectateurs peuvent commander à boire et à manger tout en regardant un film.

«J'ai toujours voulu combiner l'expérience de sortie au resto et celle de sortie au cinéma. C'est une combinaison naturelle. Et on voulait faire en sorte que cela soit de nouveau excitant d'aller au cinéma», explique Tim Chung.

Inauguré en janvier, Syndicated n'est pas le seul cinéma dans son genre à New York. En fait, il emboîte le pas à Nitehawk, un cinéma un brin similaire qui a ouvert ses portes dès 2011 dans Williamsburg, à Brooklyn. Là aussi, le proprio, Matthew Viragh, a installé des tables dans ses salles et sert à boire et à manger aux cinéphiles.

Le proprio de Nitehawk s'était lui-même inspiré d'Alamo Drafthouse, chaîne de cinémas née à Austin, au Texas, et qui doit d'ailleurs ouvrir une antenne à Brooklyn cet été.

Actualiser le glamour

De l'autre côté du pont, dans le Lower East Side, Metrograph a quant à lui vu le jour en mars dernier. Outre un bar, un élégant restaurant et un kiosque à friandises, ce cinéma de deux salles possède une petite librairie consacrée au septième art.

Si on ne peut y manger dans les salles qui diffusent aussi bien le dernier Andrzej Zulawski que des films cultes, l'environnement est extrêmement soigné. Même la typo du programme et de l'affichage des titres de films a été créée spécifiquement pour le lieu.

En lançant Metrograph, Alexander Olch rêvait de recréer un peu l'ambiance des cinémas de son enfance, de retrouver le glamour des vieilles salles de cinéma new-yorkaises.

«Enfant, j'allais dans tous ces cinémas aujourd'hui fermés, des endroits comme le Beekman [le cinéma dans Annie Hall], le Plaza, où on avait le sentiment que quelque chose de spécial allait se passer dans la salle», poursuit Olch.

«Mon espoir avec Metrograph est de parvenir à recréer un peu cette magie.»

À mille lieues des néons verdâtres des mégaplexes, dotés d'élégants fauteuils en bois recyclé et en velours rouge, Metrograph n'est pas pour autant un hommage poussiéreux aux cinémas d'autrefois. Bien au contraire, les touches rétro se marient à l'architecture contemporaine du lieu et ne servent qu'à le rendre plus chaleureux, plus accueillant.

Des lieux de partage

En plus de projeter des films cultes et des nouveautés arty, Metrograph, comme tous ces nouveaux «cinémas boutiques», organise régulièrement des rencontres avec des cinéastes locaux et des projections de films indépendants.

L'idée? Créer une communauté, faire en sorte que ces cinémas ne soient pas juste des écrans, mais des espaces qui donnent envie de s'attarder, d'échanger, de partager. Bref, de faire en sorte que ces cinémas soient de vrais antidotes aux Netflix de ce monde...

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