Le film évènement sur Mahomet attire les Iraniens

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Le film Muhammad est présenté dans quelque 140 salles en Iran.

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Ali NOORANI
Agence France-Presse
Téhéran

«C'était très émouvant», a jugé un spectateur après la première projection de Muhammad, le film le plus cher de l'histoire du cinéma iranien consacré à l'enfance du prophète.

Le long métrage réalisé par Majid Majidi, l'un des plus grands cinéastes iraniens, est sorti jeudi dans quelque 140 salles obscures en Iran, avec un jour de retard en raison de problèmes de sonorisation.

À Téhéran, la salle du complexe cinématographique Koroush était pleine dans l'après-midi et, en raison de l'affluence, deux séances supplémentaires ont été programmées, a indiqué son directeur à l'AFP.

Tout concourt à priori au succès de Muhammad: les images, la musique, les décors, l'intensité des situations et bien sûr l'histoire elle-même, qui raconte la vie d'enfant du prophète de sa naissance à l'âge de 13 ans.

Long de près de trois heures, le film a bénéficié d'importants moyens: un budget d'environ 40 millions de dollars, en partie financé par l'État, qui a permis de reconstituer au sud de Téhéran la cité de La Mecque d'il y a 1400 ans.

«C'est un long film, et il peut d'abord paraître rébarbatif. Mais il est suffisamment attrayant pour séduire les spectateurs», estime Mehdi Azar, 25 ans, ayant assisté à la première projection au Koroush.

«C'était très émouvant pour nous et je pense que cela peut aussi toucher un spectateur non musulman», ajoute Mahsa Rasoulzadeh, 40 ans, venue en compagnie de sa fille adolescente et de sa mère.

Quelques heures après sa sortie en Iran, le film doit être projeté au Festival des films du monde de Montréal, où le réalisateur espère qu'il y suscitera l'intérêt de distributeurs étrangers.

«Unir»

L'ambition de Majid Majidi est de casser «l'image violente» de l'islam projetée à travers le monde par les groupes armés jihadistes.

Il espère aussi que son film puisse «unir» et non diviser les musulmans sunnites et chiites qui se déchirent pourtant dans plusieurs pays de la région, de l'Irak au Yémen en passant par la Syrie.

Au début de l'année, le grand imam de l'université Al-Azhar du Caire, Ahmed al-Tayeb, une des plus hautes autorités de l'islam sunnite, avait rappelé son opposition à toute représentation du prophète, affirmant que cela équivalait «à rabaisser son statut spirituel».

Mais dans le film de Majid Majidi, le visage de Mahomet enfant n'apparaît jamais, seulement sa silhouette et, par des effets spéciaux, sa vision du monde qui l'entoure.

Même cela pourrait déplaire dans certains pays musulmans comme l'Arabie saoudite, a reconnu le cinéaste dans un entretien accordé à l'AFP avant la sortie de son film. L'Arabie saoudite sunnite est la grande rivale de l'Iran chiite dans la région.

Un précédent film sur le prophète Mahomet, Le message, avait été réalisé en 1976 par le cinéaste américain d'origine syrienne Moustafa Akkad. Il comportait deux versions, anglaise et arabe, avec des acteurs différents, Anthony Quinn et Irène Papas étant les stars de celle en anglais.

À l'époque, Le message avait suscité la polémique et plusieurs salles où il était projeté avaient reçu des menaces de musulmans radicaux le jugeant blasphématoire.

Un étudiant en cinéma de 23 ans, Komeil Arjmandi, présent jeudi à la projection de Muhammad, estime que Le message était meilleur. «Pour être honnête, mes attentes étaient plus élevées», dit-il, déçu. «Je souhaitais que ce film soit meilleur que celui de M. Akkad»

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