FNC/Transatlantique: il était un très gros navire...

Transatlantique... (Photo: fournie par le FNC)

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Transatlantique

Photo: fournie par le FNC

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Le premier moteur du métier, c'est le désir, dit le cinéaste Félix Dufour-Laperrière. Et désir il a comblé en passant 30 jours à bord d'un cargo pour tourner Transatlantique, son premier long métrage documentaire.

Film d'ouverture de la section FNC Lab du Festival du nouveau cinéma, l'oeuvre se veut une ode onirique et contemplative dédiée aux travailleurs de la mer et au grand mystère qu'est l'océan.

«Faire ce film était un rêve de garçon, une aventure, reconnaît le cinéaste. Comme tous les petits garçons, j'étais fasciné par les bateaux. Dans ce film, j'ai voulu une réflexion sur l'immensité, sur le mystère du monde qui s'exprime à travers l'océan. Même si nous sommes sortis de la religion, vous remarquerez que mon film s'ouvre et se ferme sur une prière parce qu'il y a aussi quelque chose de mystique dans un tel geste.»

En août 2013, Félix Dufour-Laperrière et ses frères Nicolas (à la direction photo) et Gabriel (prise de son) embarquent à bord du navire Federal Rideau à Anvers, en Belgique. Leur voyage de 30 jours les mènera d'abord à Tallinn, en Estonie, pour un chargement, avant de traverser l'océan Atlantique. Direction: Montréal.

Durant le périple, ils filmeront, en noir et blanc, le quotidien des 21 membres d'équipage. On y voit les 21 marins indiens faire leur toilette, jouer, manger, prier, travailler dur, parler au téléphone, faire la cuisine. Certaines images, comme le travail à fond de cale, sont spectaculaires.

La captation sonore l'est tout autant. Ballotté par la mer, le Federal Rideau grogne, se lamente, renvoie l'écho de sa chair de tôle battue par les flots. Tout est dans le non-dit. Il n'y a aucune entrevue avec les membres d'équipage. Même leurs conversations ne sont pas accompagnées de sous-titres de façon à laisser le spectateur baigner dans une part de mystère.

«Mon approche était de faire une captation du réel, mais en la ritualisant, dit Félix Dufour-Laperrière. Je voulais la traiter dans une forme incantatoire. Lorsque nous étions dans la cale, je trouvais vertigineux de savoir que seulement trois quarts de pouce d'acier trempé nous séparaient de kilomètres de profondeur.»

Son film, lent, répétitif et tout en textures, nous renvoie au documentaire Leviathan de Lucien Castaing-Taylor et Véréna Paravel portant sur le quotidien de pêcheurs en haute mer. Ce film avait été projeté aux RIDM en 2013.

Lorsqu'on lui fait la comparaison, le cinéaste montréalais opine. «J'avais commencé à écrire mon film en 2009 et nous étions prêts à partir en tournage lorsque Leviathan est sorti. Cela m'a forcé à retravailler le scénario.»

Cela dit, Transatlantique s'inscrit dans la continuité de Parallèle Nord, plus récent court métrage de M. Dufour-Laperrière. Dans un cas comme dans l'autre, on remarque cette volonté de confondre les perceptions des spectateurs. Les sons et les images se fondent l'un dans l'autre, ce qui nous force à en faire une autre lecture.

Après 11 courts métrages, Transatlantique est le premier long du cinéaste. Celui-ci planche maintenant sur un projet d'animation intitulé Ville Neuve, histoire portant sur les retrouvailles d'un homme alcoolique et de son ex-femme durant le référendum de 1995.

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Aujourd'hui, à 20 h 30, au Cinéma du Parc.

Mardi 14 octobre, à 17 h, au Quartier latin.

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