Janis Joplin ou le blues éternel

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De façon très délicate, avec Little Girl Blue, le spectateur est entraîné dans l'état d'esprit d'une chanteuse qui, sous ses airs indestructibles de rockeuse, cachait une vraie fragilité.

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(Toronto) La documentariste Amy Berg tire un portrait intime et vibrant de Janis Joplin. Quarante-cinq ans après sa disparition, la voix unique de l'icône de la fin des années 60 résonne encore très fort.

À la sortie de l'excellent documentaire Janis - Little Girl Blue, une seule pensée nous traverse l'esprit. Puissent les planètes bien s'aligner maintenant afin de permettre à Jean-Marc Vallée de concrétiser bientôt son projet de film sur Janis Joplin. L'amour légendaire du cinéaste québécois pour la musique et la culture rock s'harmonisera sans doute à merveille avec le destin fulgurant de cette icône. D'autant que les deux oeuvres pourront sans doute bien se compléter. Il reste en effet ici un bel espace dans lequel peut s'insérer la vision d'un cinéaste.

On sait que le projet - dont la tête d'affiche est Amy Adams - est présentement coincé dans un imbroglio juridique. Jean-Marc Vallée, rencontré plus tôt cette semaine, affirmait toutefois avoir bon espoir de voir un règlement à brève échéance. Souhaitons-le.

En attendant, on pourra plonger dans l'histoire de cette chanteuse d'exception grâce à ce document produit par la chaîne publique PBS dans le cadre de la série American Masters.

On ne pourra d'ailleurs manquer d'établir un parallèle avec Amy, le film qu'Asif Kapadia a récemment consacré à Amy Winehouse. D'autant que les deux chanteuses sont mortes au même âge. La différence réside dans le fait que Janis a vécu à une époque où, contrairement à l'interprète de Back to Black, les artistes ne vivaient pas constamment devant une caméra.

Janis Joplin aurait 72 ans aujourd'hui. Son image éternellement jeune est encore si présente (comme celles de James Dean, Jim Morrison et autres Jimi Hendrix) qu'il faut presque s'ajuster en voyant en interview les témoins directs de son existence écorchée. Parce qu'ils ont vieilli, bien sûr.

Un parcours hors du commun

Les documents visuels étant plus rares, du moins sur le plan personnel, la réalisatrice Amy Berg utilise plutôt des films d'archives, des photos - certaines inédites - ainsi que des scènes captées en concert pour mieux raconter ensuite ce qui se passait dans les coulisses, en compagnie des intervenants de l'époque. Producteurs, collègues musiciens, amis et intimes racontent ainsi le parcours d'une jeune femme issue d'une bonne famille, dont la jeunesse fut toutefois assombrie par des épisodes d'intimidation.

De façon très délicate, Amy Berg entraîne le spectateur dans l'état d'esprit d'une chanteuse qui, sous ses airs indestructibles de rockeuse, cachait une vraie fragilité. Pour ce faire, elle utilise des lettres qu'a écrites Janis Joplin à sa famille et les fait lire par Chan Marshall. Ces lectures se révèlent très touchantes, parce qu'elles proviennent de l'artiste elle-même d'une part, mais aussi parce que celle qui fait carrière sous le nom de Cat Power utilise un ton senti, mais quand même détaché dans sa narration.

À voir et à entendre

Ne répondant pas aux canons esthétiques de la «belle fille» (ce qu'elle déplorait, du reste), Janis a vite épousé les valeurs progressistes venues avec les luttes sociales du temps. Ce combat pour l'égalité dans un Sud encore ségrégationniste en a notamment fait une cible au collège. De sorte qu'elle quitte un jour son Texas natal pour aller s'installer à San Francisco, juste au moment où la ville s'apprête à devenir le berceau de la contre-culture. Le film fait ainsi écho à cette époque pour le moins effervescente, au cours de laquelle la chanteuse est alors initiée aux drogues dures.

Mais au-delà du destin fulgurant d'une chanteuse d'exception, Janis - Little Girl Blue donne aussi beaucoup à voir et à entendre sur le plan musical.

Même si on a vu 500 000 fois l'inoubliable performance du festival Monterey Pop, où elle fut révélée sur-le-champ grâce à son interprétation de Ball and Chain, la séquence est toujours à couper le souffle. D'autant que le documentariste D.A. Pennebaker, qui a capté cette prestation sur film (avec la célèbre réaction de Cass Elliot - Mama Cass), est là pour témoigner du contexte.

Le film ne réinvente rien sur le plan formel, mais Amy Berg a quand même réussi à bien cerner le profil complexe de cette femme de rock et de blues, qui fut une inspiration pour tant d'autres chanteuses.

Penélope Cruz, excellente dans un mélo poussif

Le public réuni au vieux théâtre Elgin était ravi de voir arriver Penélope Cruz. L'actrice espagnole est au TIFF pour accompagner la présentation du nouveau film de Julio Medem, Ma ma.

Dans ce mélo assumé, pour lequel elle agit aussi à titre de productrice, Penélope Cruz se glisse dans la peau d'une jeune femme atteinte du cancer. Mais là n'est pas la seule épreuve que devront affronter les personnages d'un film qui ne ménage aucun effort pour tirer les larmes des spectateurs. Par moments, cela fonctionne. À d'autres, l'accumulation d'événements tristes et la façon appuyée qu'a Julio Medem (Sex and Lucía) de les mettre en scène frôlent le ridicule. Cela dit, on peut comprendre l'actrice d'avoir consacré deux ans de travail à ce film. Elle en est de loin le meilleur élément.

«Je suis tombée amoureuse de cette femme dès la lecture du scénario, a-t-elle déclaré. Je trouvais son combat très inspirant. Pour la volonté de son esprit, pour la volonté de son âme. Et parfois, cela crée un miracle. À mes yeux, ce personnage est l'un des plus beaux que j'aie jamais eu à jouer. J'ai aimé chaque seconde de mon travail avec Julio!»

Ma ma prendra l'affiche en Amérique du Nord au cours des prochains mois.

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