Belles familles: le beau boulevard

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Les comédiens Marine Vacht et Mathieu Amalric dans Belles familles.

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(Toronto) Pendant que Stephen Frears offre un drame biographique sans surprise relatant le parcours du cycliste déchu Lance Armstrong, Jean-Paul Rappeneau célèbre les vertus de la comédie française à l'ancienne.

Quand le journaliste de La Presse s'est placé dans la file d'attente, son GPS indiquait déjà 400 mètres de distance de la porte d'entrée du Princess of Wales Theatre. Et plusieurs cinéphiles se sont ajoutés derrière. Cette énorme file, longue d'un demi-kilomètre, vient du coup pulvériser l'idée reçue selon laquelle le TIFF n'en a que pour le cinéma américain. Tout ce beau monde attendait en effet patiemment sous la pluie pour voir Belles familles (Families), une comédie française pur jus signée Jean-Paul Rappeneau.

Flanqué de Mathieu Amalric, Marine Vacth et Gilles Lellouche, le réalisateur octogénaire a déclaré être d'autant plus heureux de ce retour que le public torontois avait attribué le prix du film le plus populaire à Cyrano de Bergerac il y a 25 ans.

Douze ans après Bon voyage!, le vétéran propose Belles familles, une comédie «à l'ancienne» réunissant les plus belles qualités d'un genre aujourd'hui disparu. Car tout, ici, est dans la belle manière, dans l'élégance du verbe, dans l'efficacité sans faille d'une mécanique bien huilée, dans l'amour du travail bien fait. Un charme délicieusement suranné émane de cette comédie de boulevard habilement construite, complètement dénuée de cynisme et de vulgarité. Ça change.

La France ancienne

Mathieu Amalric incarne Jérôme Varenne, un professionnel vivant à Shanghai. Lors d'une visite-surprise chez sa famille à Paris, en route vers un rendez-vous important à Londres, il apprend que la maison familiale de province est au coeur d'un conflit juridique depuis la mort de son père. Aussi prendra-t-il les moyens pour en avoir le coeur net, non sans devoir bousculer d'abord les petits notables de l'endroit et leurs tractations de coulisses. On s'en doute bien, l'histoire officielle en cache une autre, plus intime. Et beaucoup plus riche.

«Il s'agit à la fois d'un film sur la France ancienne et sur celle d'aujourd'hui, complètement embarquée dans le train de la mondialisation, a expliqué le cinéaste au cours d'un échange avec le public après la projection. La vieille France est maintenant hyper connectée avec ses iPhone, ses iPad et tout ça. Et ses usines sont rachetées par des entreprises étrangères, comme l'a été celle qu'avait mon père!»

Le regard que pose le cinéaste sur la vie de province se révèle très savoureux à cet égard.

«Mes films sont très différents les uns des autres, mais je crois qu'ils sont tous liés par des souvenirs d'enfance, a-t-il ajouté. Je dirais que Belles familles l'est encore davantage que les autres. J'ai vécu 17 ans de ma vie dans une maison en province semblable à celle que l'on voit dans le film.»

Comptant quelques classiques du cinéma français à son actif (La vie de château, Le sauvage, Cyrano de Bergerac), Jean-Paul Rappeneau n'a pas tari d'éloges sur sa bande d'acteurs, dont plusieurs font leur entrée dans son univers. Outre les trois comédiens présents à Toronto, la distribution compte Nicole Garcia, Karin Viard, Guillaume de Tonquedec, André Dussollier et Gemma Chan.

«Honnêtement, j'ai été heureux avec mes acteurs tout le long du tournage, à chaque instant. Comme jamais sur aucun autre de mes films», a fait remarquer Jean-Paul Rappeneau.

De son côté, Mathieu Amalric a fait honneur à l'esprit français en évoquant sa vie sexuelle, tout en rendant hommage au cinéaste.

«J'ai vu Le sauvage à l'adolescence et ma vie sexuelle en fut transformée! a-t-il déclaré sur la scène du Princess of Wales Theatre. Je ne pensais jamais avoir l'occasion d'entrer dans l'univers de Jean-Paul un jour. C'est une vraie bénédiction.»

La sortie de Belles familles est prévue le mois prochain en France. Aux dernières nouvelles, il n'y avait pas encore d'entente de distribution pour le territoire québécois.

Rien de neuf sur Armstrong

Le plus grave défaut de The Program est d'arriver à peine deux ans après le documentaire d'Alex Gibney The Armstrong Lie. Le cinéaste britannique Stephen Frears (The Queen, Philomena) accouche d'un drame biographique classique, bien documenté, qui n'apprendra toutefois strictement rien de neuf sur la déchéance du champion cycliste dopé et déchu.

Ben Foster incarne l'athlète avec grande conviction, cela dit. Mais la réalisation somme toute conventionnelle ne fait que rester à la surface des événements. Dont nous connaissons déjà tous les détails. Peut-être aurait-il été plus intéressant de creuser davantage dans la psychologie d'un être qui pouvait séduire et intimider à la fois. Et dont la perspective de victoire servait de carburant ultime.

Pour écrire le scénario, John Hodge (Trainspotting) s'est principalement inspiré du livre qu'a publié le journaliste David Walsh, Seven Deadly Sins: My Pursuit of Lance Armstrong. C'est donc à la lumière des faits révélés dans ce bouquin, écrit par l'un des premiers journalistes à enquêter sur les soupçons de dopage, que le récit a été élaboré. Mais il est clair que Frears n'a pas souhaité creuser cette histoire plus loin.

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