Personal Shopper ne fait pas l'unanimité

Le réalisateur du film Personal Shopper, Olivier Assayas, et... (Photo Loic Venance, AFP)

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Le réalisateur du film Personal Shopper, Olivier Assayas, et l'actrice Kristen Stewart.

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(Cannes) Personal Shopper, le nouveau drame psychologique surnaturel d'Olivier Assayas, n'a pas du tout fait l'unanimité au Festival de Cannes, mardi. En revanche, Aquarius, un film porté par la performance remarquable de Sonia Braga, résume éloquemment le Brésil d'aujourd'hui.

Personal Shopper: étrange histoire de fantôme...

Il est toujours extrêmement délicat d'aborder des thèmes surnaturels dans un drame «sérieux» au cinéma. Gus Van Sant l'a appris à la dure l'an dernier alors que The Sea of Trees fut violemment accueilli par les festivaliers. Au point où le film n'est toujours pas sorti aux États-Unis. Le nouveau film d'Olivier Assayas n'a pas eu à subir le même type de rejet, mais il est clair que Personal Shopper, un peu chahuté à la fin de la projection destinée à la presse, est désormais entaché par une rumeur défavorable découlant de son passage cannois.

Kristen Stewart, qui retrouve le réalisateur de Sils Maria, incarne cette fois une styliste chargée d'aller acheter des vêtements et des accessoires pour une star bien en vue. En crise existentielle, cette jeune Américaine installée en Europe est hantée par le souvenir d'un frère qui, de son vivant, pouvait communiquer avec les esprits. Malheureusement, le scénario ne tient pas la route. Les effets d'épouvante tombent à plat, et l'actrice ne semble pas du tout à son aise. Quand une bonne partie du récit d'un film consiste en un échange incessant des messages texte, on peut y voir, déjà, un grave problème de... communication!

Aquarius: maîtresse chez moi

Le public international a fait la connaissance de Sonia Braga il y a plus de 30 ans. L'actrice brésilienne était notamment du fameux Kiss of the Spider Woman, film qui valut un Oscar à William Hurt, et de Milagro, une réalisation de Robert Redford. Aujourd'hui, Sonia Braga est au centre d'Aquarius, un film, signé Kleber Mendonça Filho (Les bruits de Recife), qui fait d'elle l'une des candidates sérieuses au prix d'interprétation. Il est d'ailleurs assez remarquable de constater à quel point la compétition est marquée par de nombreux grands rôles féminins cette année. Personne ne s'en plaindra.

Aquarius est un drame familial et social qui résume assez bien les conflits auxquels font face les sociétés occidentales en général, et brésilienne en particulier. Le récit est construit autour de la résistance que mène une sexagénaire contre des promoteurs immobiliers qui ont racheté tous les appartements de l'immeuble qu'elle habite depuis des décennies. Ayant toujours refusé de vendre le sien, cette ancienne critique musicale, qui chérit sa collection de disques vinyles, vit désormais toute seule dans ce building et doit subir régulièrement les pressions, sinon le harcèlement, des promoteurs. À travers ce vibrant portrait, le cinéaste dénonce, sans trop marteler le message, les excès d'un système où le citoyen n'a plus véritablement de marge de manoeuvre. Pas étonnant que la crise politique qui sévit présentement au Brésil ait eu un écho lors de la montée des marches de l'équipe du film. Aquarius leur a donné un très beau prétexte pour attirer l'attention du monde entier.

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