Macbeth: une fin dans la fureur et le sang

Marion Cotillard et Michael Fassbender sont les têtes... (PHOTO BENOIT TESSIER, REUTERS)

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Marion Cotillard et Michael Fassbender sont les têtes d'affiche de Macbeth, un film de Justin Kurzel.

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(CANNES) Un véritable souffle cinématographique traverse cette adaptation - parfois étonnamment sage - de la célèbre pièce de Shakespeare.

Le 19e - et dernier - film présenté en compétition officielle était pour le moins attendu. Macbeth est en effet le deuxième long métrage de Justin Kurzel. En 2011, le cinéaste australien s'était fait avantageusement remarquer à la Semaine de la critique grâce à Snowtown. De plus, cette nouvelle adaptation rugueuse de la pièce de Shakespeare met en vedette deux des acteurs les plus estimés du moment: Michael Fassbender et Marion Cotillard. Le trio remettra d'ailleurs le couvert bientôt pour un projet de nature très différente: l'adaptation pour le cinéma du populaire jeu vidéo Assassin's Creed...

«J'ai été terrifié à l'idée de reprendre ce rôle. Mais le meilleur remède pour contrer le stress reste encore le travail. Une fois que je m'y suis mis, j'ai cessé d'être intimidé.»

Michael Fassbender

L'entrée en matière est saisissante, tant sur le plan visuel que sur le plan sonore. Macbeth (Fassbender), un valeureux soldat très estimé, est à la tête d'une armée dont l'allégeance est acquise au roi Duncan (David Thewlis). Les combats sont féroces, sanglants, filmés au ralenti parfois, et soutenus par un environnement sonore impressionnant, auquel s'ajoute la trame musicale dramatique de Jed Kurzel.

C'est à la fois très dur et lyrique. Pour un peu, on se plaît à penser que le regretté Patrice Chéreau (La reine Margot) n'aurait pas du tout renié cette approche. Cela dit, Justin Kurzel délaisse le spectacle à grand déploiement pour mieux se concentrer ensuite sur la nature intime de cette histoire, campée dans une Écosse médiévale déchirée par la guerre civile.

UNE APPROCHE CLASSIQUE

Influencé par son épouse (Marion Cotillard), une femme désespérément malheureuse qui renie ses qualités humaines pour mieux alimenter sa soif de pouvoir, Macbeth cède progressivement à ses plus sombres instincts. Kurzel filme cette descente aux enfers de façon plutôt classique. Voilà qui, dans les circonstances, étonne.

Si on attendait un peu plus de folie à cet égard, force est de reconnaître la qualité générale de l'ensemble sous tous ses aspects (les images sont d'une âpre beauté), et, surtout, les performances remarquables des deux acteurs principaux, principalement Michael Fassbender, incandescent dans le rôle-titre.

On ne sait si la présentation de Macbeth samedi a changé la donne auprès des membres du jury, mais on ne sera guère surpris si le film de Justin Kurzel, qui sortira chez nous à la fin de l'année, se faufile parmi les lauréats ce soir. Dans quelles catégories? Difficile à dire. Mais Michael Fassbender fera assurément partie de ceux dont le jury discutera pour le prix d'interprétation masculine, même si plusieurs autres candidats peuvent prétendre au même laurier.

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